La lèpre et le péché.

SERMON pour le 14ème dimanche après la Trinité

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry Levon OGLES,

Docteur en Théologie et Évêque Métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Et il arriva qu'en allant à Jérusalem, il passait par le milieu de la Samarie, et de la Galilée. Et comme il entrait dans une bourgade, dix hommes lépreux le rencontrèrent, et ils s'arrêtèrent de loin ; et élevant leur voix, ils lui dirent : Jésus, Maître, aie pitié de nous. Et quand il les eut vus, il leur dit : Allez, montrez-vous aux Sacrificateurs. Et il arriva qu'en s'en allant ils furent rendus nets. Et l'un d'eux voyant qu'il était guéri, s'en retourna, glorifiant Dieu à haute voix ; et il se jeta en terre sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Or c'était un Samaritain. Alors Jésus prenant la parole, dit : Les dix n'ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf où sont-ils ? Il n'y a eu que cet étranger qui soit retourné pour rendre gloire à Dieu. Alors il lui dit : Lève-toi ; va-t'en, ta foi t'a sauvé. » (Luc 17.11-19).

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LA GRATITUDE :

Le début désinvolte (pour nous) de ce texte de l’Évangile – « Et il arriva... » – n’est pas du tout décontracté. En fait, rien dans les Écritures n’est fortuit. Tout a été déterminé depuis des siècles à 'se réaliser' car c’était un événement dans le ministère préétabli de notre Seigneur. Jésus fait le dernier voyage à Jérusalem de sa mission terrestre pour souffrir et mourir pour la rémission de nos péchés. Son voyage passe par la région païenne de Samarie ainsi que le secteur juif de Galilée. Cela devrait nous réconforter en comprenant que Son ministère s’adressait à tous les croyants, et ne se limitait pas seulement à une certaine race de personnes.

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Notre texte d’aujourd’hui concerne une fois de plus la guérison de lépreux. La lèpre peut être comparée au péché en plusieurs points de détail : 1) Le péché est insidieux dans son attaque. Il n’est généralement pas évident à quel moment un enfant innocent arrive à l’âge de raison et devient un pécheur pur et simple – mais le péché grandira au point qu’il est évident pour tous que l’ancien enfant pèche volontairement. Il en va de même pour la lèpre. Personne ne remarque l’assaut précoce de la lèpre – pas même la victime. Mais avec le temps, des taches et des imperfections apparaissent qui deviennent plus invasives et graves jusqu’à ce que les appendices du corps commencent à pourrir et à se détériorer. 2) La lèpre, comme le péché, a une odeur de plus en plus nauséabonde, avec son progrès. Au début, on pourrait être en mesure de couvrir l’odeur avec des onguents et des parfums, mais même ceux-ci ne peuvent pas tuer l’odeur de plus en plus désagréable que la maladie produit. 3) La lèpre, comme le péché, nous sépare de nos proches. Un lépreux est condamné à vivre séparé de tous les autres, de la société, et à crier « Impur ! » à tous ceux qui pourraient s’approcher de lui. Le péché nous sépare de Dieu. 4) La lèpre est débilitante – le péché aussi. Beaucoup de rêves et d’aspirations du lépreux sont empêchés par la maladie. Il en va de même pour la dépravation croissante du péché. 5) La lèpre tue finalement sa victime – de même que le péché entraîne la mort spirituelle de sa victime. Ce ne sont là que quelques-uns des parallèles qui peuvent être établis entre la lèpre et le péché.

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Jésus est le Grand Médecin – non seulement pour la guérison du corps, mais aussi de l’âme. En regardant ce texte aujourd’hui, considérons l’état de nos propres cœurs par rapport à ceux des lépreux décrits.

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Jésus s’approche d’un village à un moment donné de son voyage. Il est accueilli par dix lépreux à l’extérieur du village – les lépreux n’étaient pas autorisés à se mêler aux villageois. Ils ne pouvaient pas s’approcher de Jésus, mais restaient loin. Les pécheurs, eux aussi, ne peuvent pas s’approcher du Christ tant qu’ils ne le font pas avec un cœur pénitent. Les pécheurs sont séparés de Dieu par leur péché.

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Ils croyaient que Jésus pouvait les aider, même s’ils ne pouvaient pas comprendre pleinement Sa manière de guérir. Ils croyaient assez fort pour qu’à l’unisson, ils élèvent la voix et crient : « Maître, aie pitié de nous. » Il n’est pas nécessaire de mendier des détails de miséricorde. La miséricorde du Christ suffira toujours pour notre guérison.

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La prière attirera toujours l’attention du Seigneur. Jésus n’avait pas encore vu les hommes jusqu’à ce qu’ils invoquent son nom. « Et quand il les eut vus, il leur dit : Allez, montrez-vous aux Sacrificateurs ». Un autre point illustré ici est le fait que la distance n’est pas un obstacle à la guérison en ce qui concerne le Seigneur.

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Pourquoi se montrer aux prêtres ? Ce n’était pas pour compléter une guérison, car ils étaient guéris au fur et à mesure qu’ils s’en allaient – c’était pour leur permettre d’entrer à nouveau dans la société. Lorsque nous venons à Christ, nous sommes admis dans la société des autres croyants – nous sommes considérés comme justes bien que notre justice soit cette justice IMPUTÉE de Christ et non la nôtre.

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« Et il arriva qu'en s'en allant ils furent rendus nets. ». Cela DOIT sûrement se produire si Jésus en émet le décret ! Lorsque nous venons à Christ, croyant par la foi, notre foi doit aboutir à agir en fonction de cette foi. L’obéissance au Christ exige notre réponse immédiate. Immédiatement, les lépreux sont partis voir les prêtres. Lorsque nous nous sommes repentis de nos péchés et que nous avons cru, nous devons marcher dans une nouvelle direction, différente, et avec un but différent de nos promenades précédentes.


« Et l'un d'eux voyant qu'il était guéri, s'en retourna, glorifiant Dieu à haute voix. ». L’octroi de grandes attentes exige une grande réponse. L’un des dix, réalisant que sa lèpre avait disparu, ne pouvait plus continuer sans glorifier le Grand Bienfaiteur qui l’avait guéri. Il n’avait pas honte d’élever la voix et de glorifier Dieu haut et fort. En fait, je ne crois pas qu’il puisse résister à cet appel. Dans quelle mesure restons-nous silencieux après que Jésus nous a guéris de nos grands péchés ? Ne devrions-nous pas témoigner de notre guérison en révélant aux autres lépreux ce Grand Médecin qui nous a guéris ?

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Il est sous-entendu que neuf étaient Juifs, et il est clairement indiqué que celui-ci était un Samaritain. Il ne pouvait résister au pouvoir de la gratitude qui le poussait à tomber aux pieds de Jésus à de Le remercier pour une si grande faveur. « … et il se jeta en terre sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Or c'était un Samaritain. » On s’attendait à tout le moins à ce qu’il s’approche du Christ – c’était un Samaritain ! Mais il était maintenant purifié et, comme nous devons le faire aussi, il s’est approché du Christ après sa guérison. Après notre pardon des péchés, nous aussi, nous devons nous rapprocher du Christ par la foi, et rester toujours près de Lui.

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Dans nos péchés, nous sommes tous étrangers à Dieu, mais une fois que nous sommes purifiés, nous nous réjouissons d’être en Sa compagnie. « Alors Jésus prenant la parole, dit : Les dix n'ont-ils pas été rendus nets ? Et les neuf où sont-ils ? Il n'y a eu que cet étranger qui soit retourné pour rendre gloire à Dieu. » Aujourd’hui, à l’église, il y en a peut-être un sur dix qui est miséricordieux et aime assez le Christ pour s’agenouiller (dans son cœur) à Ses pieds pour ses nombreuses miséricordes envers lui. Où sont les neuf autres ? Ils ne sont plus en communion avec Christ. Ils ont disparu !

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Seul cet étranger – ce Samaritain – a été complètement guéri. Les neuf autres ont eu leur lèpre guérie, en effet ; mais ils s’éloignaient à nouveau et furent séparés du plus important personnage avec lequel ils auraient pu s’associer. Beaucoup font des professions de foi publiques et font la même chose. « Alors il lui dit : Lève-toi ; va-t'en, ta foi t'a sauvé ». La foi (et la gratitude) du Samaritain l’avaient rendu net dans toute la mesure du possible. Non seulement sa lèpre avait été guérie, mais, plus important encore : son âme !

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Toutes les personnes présentes au culte aujourd’hui ont l’occasion d’exprimer leur pleine foi et leur gratitude envers Christ – par leur témoignage public, par leur vie changée et par leur service envers Lui. L’avez-vous fait ?