EN FAMILLE

SERMON pour le 2ème Dimanche après Pâques

En la fête de St Philippe et St Jacques

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Très Révérend Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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COLLECTE des SSt Philippe et Jacques : « Ô Dieu tout-puissant, en la vraie connaissance de qui consiste la vie éternelle ; accorde-nous la grâce de connaître parfaitement ton Fils Jésus-Christ comme le chemin, la vérité et la vie ; afin que, en suivant les traces des bienheureux Apôtres Saint Philippe et Saint Jacques, nous marchions constamment dans le chemin qui mène à la vie éternelle, par ce même Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen. ».

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COLLECTE du deuxième dimanche après Pâques : « Dieu tout-puissant, qui nous as donné ton fils unique afin qu’il nous fût à la fois un sacrifice pour le péché, et le modèle d’une sainte vie ; accorde-nous la grâce de recevoir toujours, avec la plus vive reconnaissance, cet inestimable bienfait qu’il nous a accordé, et de nous appliquer chaque jour à suivre les traces bénies de sa vie très sainte ; par ce même Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen. ».

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Le thème de ces deux collectes est le même !

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Dans l’Évangile d’aujourd’hui, pris dans l’Évangile de St Jean au chapitre 14.1-4, Thomas pose la question dont la réponse biblique est reprise dans la collecte de la fête : « Thomas lui dit : Seigneur ! Nous ne savons point où tu vas, comment donc pouvons-nous en savoir le chemin ? ». Les disciples, alors qu’ils vivaient avec le Seigneur depuis trois ans, ne savaient toujours pas Qui Il était. Ils savaient qu’Il était le Fils de Dieu, mais ils en ignoraient les conséquences pour ce monde matériel dans lequel ils étaient englués. Pourquoi devait-Il mourir d’une mort ignominieuse sur la croix ? Comment pourraient-Ils Le suivre ensuite, voyant qu’Il ne serait plus avec eux, personnellement et physiquement présent ?

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Bien sûr, il n’était pas possible de comprendre complètement Sa réponse avant qu’Il n’ait versé jusqu’à la dernière goutte de Son précieux sang au Golgotha. Et même alors, Sa puissance de résurrection pour sortir de Lui-même de la tombe était une chose inconnue jusqu’au matin du premier jour de la semaine suivant Sa mort et Son ensevelissement. Quelle était donc la voie à suivre, objet de la demande de Thomas ? La réponse est donnée par notre Seigneur dans l’Écriture, et elle est reprise dans la Collecte d’aujourd’hui : « Ô Dieu tout-puissant, en la vraie connaissance de qui consiste la vie éternelle ; accorde-nous la grâce de connaître parfaitement ton Fils Jésus-Christ comme le chemin, la vérité et la vie ».

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Comment pouvons-nous connaître vraiment Jésus ? Les démons eux-mêmes croient et tremblent… « Tu crois qu'il n'y a qu'un Dieu ; tu fais bien ; les Démons le croient aussi, et ils [en] tremblent » (Jacques 2.19). Oui, les démons de Satan croient en Dieu et ils tremblent, mais cette croyance ne modifie en rien leur nature démoniaque. Ils sont damnés depuis le moment où ils ont été jetés bas sur terre avec leur maître, le grand dragon roux d’Apocalypse 12.3 : « … et voici un grand dragon roux ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes ». Une sérieuse connaissance du Seigneur nous entraîne toujours à L’aimer et à Le suivre dans Sa voie. Il est le Chemin, et Le connaître dans une relation de cœur à cœur aboutit à des œuvres de justice, contrairement à celles des démons qui croient sans connaître ; et malheureusement, une part de Chrétiens confessants sont dans le même cas. Même les œuvres que nous considérons comme justes ne sont que des sales oripeaux, sans la foi : « Mais, ô homme vain ! Veux-tu savoir que la foi qui est sans les œuvres est morte ? » (Jacques 2.20).

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Comment suivre notre Seigneur crucifié ? En étant sincères dans notre profession de foi chrétienne, en suivant le Seigneur, pas seulement sur les routes poussiéreuses de nos déserts, mais jusqu’au tombeau de notre MOI et à la résurrection qui suit, car Il est le chemin ! Les moutons sont des animaux grégaires : Ils se rassemblent tout comme l’Église doit le faire, mais ils le font derrière l’Évêque et Capitaine de leur âme : Jésus-Christ. Il est le Bon Berger qui connaît le Chemin. Nous n’avons nul besoin de nous demander où mène ce chemin, pas plus que les moutons ne posent de question à leur berger sur la direction ou la destination où il les mène. Nous Le suivons simplement dans toutes Ses Voies et nous laissons le monde à sa damnation.

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Cette Collecte fut ajoutée dans le Livre de la Prière commune par l’Archevêque Cranmer, sauf la dernière ligne qui fut ajoutée plus tard par l’évêque de Durham John Cosin : « … (que) nous marchions constamment dans le chemin qui mène à la vie éternelle, par ce même Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur ». ‘Constamment’ est un mot fort. Sommes-nous constants dans notre marche avec le Bon Berger, ou est-ce que nous nous laissons distraire par l’herbe verte des chemins de traverse ?

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Les Collectes sont un précieux trésor de l’Église d’Angleterre, parce qu’elles ont été établies à une époque de violence religieuse. Elles confirment les vérités de la Bible pour attirer notre attention sur les textes bibliques du jour et sur le sermon à écouter. Une telle cohérence est souvent absente des cultes, et il en résulte une perte de la révérence et de la dignité requises lorsqu’on communique avec le Seigneur notre Dieu.

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ÉVANGILE : « Que votre cœur ne soit point alarmé ; vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a plusieurs demeures dans la Maison de mon Père ; s'il était autrement, je vous l'eusse dit : Je vais vous préparer le lieu. Et quand je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé le lieu, je retournerai, et je vous prendrai avec moi ; afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Et vous savez où je vais, et vous en savez le chemin. Thomas lui dit : Seigneur ! Nous ne savons point où tu vas, comment donc pouvons-nous en savoir le chemin ? Jésus lui dit : Je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père ; [mais] dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. Philippe lui dit : Seigneur ! Montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui répondit : Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m'as point connu ? Philippe, celui qui m'a vu, a vu mon Père ; et comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis en [mon] Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais le Père qui demeure en moi, est celui qui fait les œuvres. Croyez-moi que je [suis] en [mon] Père, et que le Père est en moi, sinon, croyez-moi à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité je vous dis, celui qui croit en moi, fera les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes que celles-ci, parce que je m'en vais à mon Père. Et quoi que vous demandiez en mon Nom, je le ferai ; afin que le Père soit glorifié par le Fils. Si vous demandez en mon Nom quelque chose, je la ferai. » (Jean 14.1-14).

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Où demeurez-vous ? Rappelez-vous ce vieil adage : « Votre foyer est là où est votre cœur ». J’ai entendu dire depuis mes jeunes années, et cela s’est trouvé renforcé de façon évidente si nous prenons en compte que notre plus grand trésor est d’être chez soi, avec ceux que nous aimons et nos précieux souvenirs. « Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne consument rien, et où les larrons ne percent ni ne dérobent. Car où est votre trésor, là sera aussi votre cœur » (Matthieu 6.20-21). N’oublions pas que nous sommes des pèlerins sur cette terre, soupirant après une cité meilleure, et cette cité est la Nouvelle Jérusalem.

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Il est impossible de croire en un Dieu invisible, mais Christ est l’image et l’expression du Père. Notre Seigneur est représenté par les bons Samaritains que nous croisons sur les routes de la vie : Dans le sourire d’un enfant et dans le ronronnement d’un chaton. Sa Création elle-même est un témoignage de Sa miséricorde et de Sa grâce pour nous.

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Le croyant sérieux n’a pas à avoir peur de se retrouver à la rue, lorsque notre planète sera consumée par une chaleur de fournaise. Le Seigneur a promis de nous fournir une demeure. Le mot grec pour demeure ne correspond pas à un palais avec escalier à double révolution en spirale et de hautes tours : il signifie un lieu ou une chambre agréable. Telle sera la demeure de toute la famille de Dieu. Il est allé nous préparer une place, au moment même où je vous parle.

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Ayant vécu en Corée, au Japon et au Moyen-Orient de nombreuses années durant, je suis bien au fait des coutumes familiales de ces pays. Tout comme au temps du ministère terrestre de notre Seigneur Jésus-Christ, les familles tendent à vivre dans des demeures partagées par des familles élargies comprenant les enfants, la belle-famille, les parents et les grands-parents. Cette pratique était incluse dans les coutumes matrimoniales d’Israël avant et pendant l’époque de Christ. Habituellement, le père recherche une future épouse pour son fils par l’entremise d’une marieuse. Une fois la jeune fille convenable trouvée et choisie comme candidate, une rencontre est fixée chez la fille en question. Un verre de vin est disposé sur la table, entre les représentants des deux familles et les jeunes futurs mariés.

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Après de longues discussions, si le garçon approuve les fiançailles (un engagement alors plus fort et plus contraignant que de nos jours), il boit un peu de vin. Si la jeune ville est d’accord, elle boit dans le même verre, et les fiançailles sont scellées. Cela ressemble beaucoup à nos fiançailles avec Christ « Il est vrai que vous boirez ma coupe, et que vous serez baptisés du baptême dont je serai baptisé » (Matthieu 20.23). Nous buvons en effet à la même coupe que notre Seigneur, symbolisé dans notre office de Communion. Notre engagement est alors scellé par notre baptême.

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Après cette rencontre de fiançailles, le garçon s’en va avec son père pour préparer une habitation pour sa future dans les appartements familiaux, tout comme notre Seigneur est parti nous préparer une place au ciel. Ceci n’est qu’un aspect de cette coutume de mariage, mais je veux que vous vous notiez le fort symbolisme qui est présent dans toute l’Écriture. Christ nous prépare une place dans les appartements du Père, pour nous et pour tous ceux qui connaissent et aiment le Fils. Nous formons tous une seule famille et nous aurons nos quartiers dans la même propriété, avec le Père et le Fils.

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Ce texte, et les chapitres qui lui sont voisins, sont assombris par l’ombre projetée par la croix. Bien que notre Seigneur ait parlé en détail de Son sacrifice à venir, les disciples n’en pouvaient pas saisir le sens. Aujourd’hui de même, de nombreux Chrétiens semblent incapables de comprendre le grand sacrifice de notre Seigneur, à notre intention. Ce sacrifice est pris à la légère par certains, au détriment de leur âme. Une croix d’or scintillant au cou n’est pas une preuve de vraie foi. Le porteur peut bien être un Chrétien très engagé, mais la croix peut aussi bien être l’ornement d’un vantard. La croix sur laquelle notre Seigneur a versé Son sang n’était pas une croix d’or poli et brillant, mais une horrible et cruelle croix de bois brut.

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Avez-vous réfléchi à la miséricorde et à la grâce reçues de la part du Père et du Fils, qui opéraient tous deux notre rédemption ? Vous devez savoir que ce n’étaient pas seulement les chefs Juifs et les cohortes romaines qui ont crucifié Christ : C’était nous tous, toute l’humanité dont les péchés méritent précisément la sorte de mort que notre Seigneur a subie à notre place, Lui qui était innocent et juste.

Cette Voie n’était pas très claire pour les disciples, avant la résurrection de Christ, mais au matin de la première Pâque, leurs esprits ont été illuminés par une clarté resplendissante. Il était véritablement la Voie, la Vérité et la Vie. Le Vie qu’Il offre est la seule qui soit éternelle.

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Imaginez les hordes de pécheurs sceptiques de l’ancien monde qui se sont précipitées au lieu où se trouvait l’Arche de Noé, au moment où les fontaines des profondeurs furent ouvertes et que les eaux du ciel se sont déversées en torrents… Dieu avait refermé la porte de l’Arche – ce n’état pas Noé – sur tous ceux qu’Il avait invité à y entrer.

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La Voie est claire, aujourd’hui, et l’Arche de Jésus-Christ nous attend. Resterez-vous en dehors en vous moquant de ceux qui y entrent ? Bientôt, au son de la dernière trompette, Dieu fera tomber le rideau sur la fin du temps. Où serez-vous à ce moment-là : Dans l’Arche ou en dehors ?

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« La nation méchante et adultère recherche un miracle ; mais il ne lui sera point donné d'[autre] miracle que celui de Jonas le Prophète » (Matthieu 16.4).

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À mon avis, il faut arrêter de rechercher des signes miraculeux et regarder à Christ pour Le suivre dans Sa Voie.