Christ est l'image du Père

SERMON pour le 2ème Dimanche de l’AVENT

Traduction d'une méditation biblique originale éditée par le Très Révérend Jerry L. Ogles,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l'Anglican Orthodox Church.

ÉVANGILE : « Je ne puis rien faire de moi-même, je juge selon que j’entends et mon jugement est juste, car je ne cherche point ma volonté, mais je cherche la volonté du Père qui m’a envoyé. Si je rends témoignage à moi-même, mon témoignage n’est pas digne de foi. Il y en a un autre qui me rend témoignage et je sais que le témoignage qu’il me rend est digne de foi. Vous avez envoyé vers Jean et il a rendu témoignage de la vérité. Pour moi, je ne cherche point le témoignage des hommes, mais je dis ces choses afin que vous soyez sauvés. Jean était une chandelle allumée et luisante et vous avez voulu pour un peu de temps vous réjouir à sa lumière. Mais moi j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean, car les œuvres que mon Père m’a donné le pouvoir d’accomplir, ces œuvres-là que je fais rendent ce témoignage de moi que mon Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé a lui-même rendu témoignage de moi : Vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face, Et sa parole ne demeure pas en vous puisque vous ne croyez point à celui qu’il a envoyé. Sondez les écritures car c’est par elles que vous croyez avoir la vie éternelle et ce sont elles qui rendent témoignage de moi, Mais vous ne voulez point venir à moi pour avoir la vie. » (Jean 5/30-40).

COLLECTE : « Seigneur, béni à jamais, qui as fait composer toutes les Saintes Écritures pour notre instruction ; fais-nous la grâce de les écouter, des les lire, de les sonder, de les apprendre et de les assimiler de telle sorte que, par la patience et la consolation que ta sainte Parole nous donne, nous embrassions et tenions toujours ferme la douce espérance de la vie éternelle, que tu nous as accordée en notre Sauveur Jésus-Christ. Amen. »

COLLECTE du 1er DIMANCHE de L’AVENT : « Dieu tout-puissant, fais-nous la grâce que, rejetant les œuvres de ténèbres, nous nous revêtions de l’armure de lumière, durant cette vie mortelle, dans laquelle ton Fils Jésus-Christ est venu nous visiter en grande humilité ; afin qu’au dernier jour, quand il reviendra, dans sa majesté glorieuse, pour juger les vivants et les morts, nous ressuscitions à la vie immortelle, par celui qui vit et règne avec toi et avec le Saint-Esprit, maintenant et à jamais. Amen. ».

Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient toujours agréables à tes yeux, ô Seigneur, ma force et mon Rédempteur. Amen.

Le texte de l’Évangile de ce jour nous enseigne plus d’une seule vérité.

D’abord, nous apprenons que le seul jugement juste est celui qui est conforme à la volonté de Dieu. Et comment savons-nous Sa volonté ? En lisant la Parole de Dieu et en en faisant la mesure de toutes choses à nos propres yeux. Christ Lui-même est cette Parole incarnée (Jean 1). Il est le niveau et le fil à plomb parmi nous car c’était Christ qui est venu et a demeuré parmi nous en subissant toutes nos tentations, et cependant il est resté pur et sans péché. Si nous jugeons droitement, notre jugement est fondé sur la Parole de Dieu, et il procède de l’amour. « Je ne puis rien faire de moi-même, je juge selon que j’entends et mon jugement est juste, car je ne cherche point ma volonté, mais je cherche la volonté du Père qui m’a envoyé ».

La divine Trinité, qui comprend Trois personnes en UN, n’a pas plusieurs natures qui pourraient opérer indépendamment l’une des autres. De par leur nature même, ces Trois Personnes ont une seule pensée et une seule volonté. Chaque pensée de Dieu est partagée et soutenue par les Trois Personnes. Christ n’est pas venu établir sa propre Église, en dehors du Père, mais Il est venu par la volonté du Père et pour exécuter toutes les volontés du Père. Christ était au commencement avec le Père – Il était la Parole, et Il était Dieu (Jean 1/1).

Ensuite, nous apprenons que Christ ne témoigne pas isolément de Lui-même. En fait, ce serait impossible car il ne peut y avoir de séparation entre le témoignage du Père, du Fils, ou du Saint-Esprit. Il serait également impossible à chacun d’avoir une volonté qui contredise en quoi que ce soit celle des Trois. Comment Dieu en Trois personnes peut-Il être UN seul Dieu ? C’est possible uniquement parce que la Trinité est une union d’une seule volonté. Si nous sommes en Christ, nous aussi nous sommes UN avec le Père et avec le Saint-Esprit. La seule façon dont nous pouvons être une nation unie avec Dieu, est que notre volonté nationale soit soumise à la parfaite volonté de Dieu. Alors, quel que soit notre nombre, nous pouvons être aussi UN, avec Dieu. Mais est-ce encore vrai aujourd’hui ? Je ne le pense pas. La décadence morale et la dépravation spirituelle de notre pays n’émane pas de l’influence d’un ennemi étranger, mais des cœurs du peuple, et finalement du laxisme des Églises à entretenir l’amour de Dieu et de Sa Sainte Parole. « Si je rends témoignage à moi-même, mon témoignage n’est pas digne de foi. ». Notre pays ne partage aucunement UNE volonté. Notre union est imparfaite. Notre population est composée des quelques-uns qui aiment avec ferveur le Seigneur et font tout leur possible pour Lui obéir. Un groupe plus important est constitué de Chrétiens de nom dont les vêtements sont tissés de fils mêlés tirés de la loi et de la grâce. La grâce ne peut coexister avec la malédiction de la loi. D’autres rejettent carrément Dieu et tentent d’ôter toute trace de Sa présence et de supprimer toute mention le concernant, aussi bien pour eux que pour nous.

Nul citoyen isolé, agissant en son propre nom, ne peut représenter toute l’autorité du gouvernement de la nation. Nous ne pouvons pas nous suffire d’une armée composée d’un seul homme. C’est la volonté collective du peuple qui reflète les limites légitimes et le but communs qui font de nous une Union de citoyens, de régions, de départements, fédérés finalement par un gouvernement national unique. Mais les gouvernements ne pourront jamais refléter pleinement l’Unité de Dieu car Sa nature Triune est parfaite et liée sans couture par la volonté et le but. Les gouvernements humains peuvent imiter, mais ne peuvent jamais réaliser parfaitement une telle union. Même en tant qu’individus, notre union à Christ, au Père et au Saint-Esprit n’est pas parfaite, en matière d’œuvres et d’accomplissement de la loi, mais elle est rendue possible spirituellement par cette caractéristique de l’amour de Dieu appelée la grâce imméritée.

Le témoignage de Christ ne vient pas de Lui seul, car tout ce que le Fils dit ou fait équivaut à la même action ou à la même Parole du Père et du Saint-Esprit. Christ ne s’exprime jamais indépendamment du Père, et Il ne le pourrait pas. « Il y en a un autre qui me rend témoignage et je sais que le témoignage qu’il me rend est digne de foi ». La Parole de Dieu est immuable et n’a pas besoin de soutien. Elle est unique, mais tout ce qui vit en témoigne : chaque rose, chaque feuille verte, le cœur de chaque créature, et le miracle de la naissance d’un enfant. Si vous doutez que les miracles continuent de nos jours, regardez dans les yeux d’un petit enfant dont l’esprit lui a été si récemment imparti par Dieu, pendant qu’il était encore dans le sein maternel ! Les marées reçoivent leurs limites, et les saisons sont toujours soumises à Sa volonté. Comment pouvez-vous douter ?

Nous n’avons pas besoin de ministres ni de pasteurs qui en savent plus que la Parole de Dieu. Dieu n’a pas besoin qu’on lui enseigne. Si un prêtre, un évêque, a reçu une responsabilité dans le Royaume des Cieux, il doit s’en acquitter sous l’autorité du grand Évêque de nos âmes, le Seigneur Jésus-Christ, faute de quoi son autorité est nulle. « Vous avez envoyé vers Jean et il a rendu témoignage de la vérité. ». Jean savait très bien que seule la vérité avait de l’autorité, et pas l’imagination ni les stratagèmes d’un homme, quel qu’il soit ! Quand nous écoutons un exposé biblique, délivré avec sérieux et avec foi, nous reconnaissons sa puissante autorité. D’où vient cette autorité ? De la Parole de Dieu ; elle vient de Dieu et non pas du prédicateur.

Il est vrai que Jean se posait des questions, dans ses moments de doute, au sujet de Christ ; mais Christ ne s’est jamais posé de questions sur Jean. Christ étant le maître de toute vérité, Il n’avait pas besoin du témoignage d’un homme pour confirmer Ses dires. Le soleil n’a pas besoin d’une lumière qui lui serait inférieure pour attester de sa propre énergie. Comme Confucius l’a dit, « Dieu existe-t-Il ? Allume-t-on une chandelle pour éclairer le soleil ? » Le soleil est-il aveuglé par sa propre lumière ? J’en doute ! Christ a-t-Il besoin du témoignage d’un homme pour attester de Sa divine volonté de son but céleste ? « Pour moi, je ne cherche point le témoignage des hommes, mais je dis ces choses afin que vous soyez sauvés ». Nous pouvons vivre dans des ténèbres si oppressantes que nous nous ayons besoin qu’un homme vienne nous y apporter la précieuse Parole de Dieu, mais cet homme n’est qu’un messager. Le message est de Dieu. Christ en est le maître. Quel privilège s’Il nous permet d’être Son messager !

« Jean était une chandelle allumée et luisante et vous avez voulu pour un peu de temps vous réjouir à sa lumière ». La lumière que Jean émettait n’était pas vraiment la sienne, mais celle de Christ. Jean était un miroir qui ne faisait que refléter la Lumière ; il n’en était pas la source. La lune est un réflecteur de la grande lumière du soleil, et non sa source. Vous et moi, également, nous pouvons être ces lumières secondaires dont parle un vieux cantique. Car Dieu Lui-même est le grand phare dont les rayons balaient l’océan à la recherche des âmes perdues. Les hommes se débattent au milieu des éléments avec les voiles, avec du sel dans les yeux, et s’écrient : « Regardez ! Un phare ! ». Et ils suivent cette lumière qui projette une espérance depuis la sécurité du port jusqu’à leur navire en perdition. Ils se dirigent à cette lumière, car c’est leur seule espérance. Il leur faut encore naviguer jusqu’au port parmi les rochers et les écueils. Mais Dieu a fourni des fanaux (Son peuple) afin de guider le navire jusqu’au port et de l’amarrer à ce grand phare qui les a sauvés. Avez-vous été dernièrement un reflet de la lumière de Christ ? Si oui, cette lumière n’est pas de vous, mais le reflet de la Lumière du Monde. Comme la lune pendant une éclipse, si le monde vient se placer entre vous et cette grande Lumière, votre lumière sera ténébreuse.

Nous connaissons Dieu parce que nous avons vu Christ ! Tout ce que Christ a fait reflétait Sa parfaite unité et ressemblance avec le Père. Et tout ce que nous faisons en tant que Chrétiens même imparfaits, reflète la volonté de notre Père du ciel. « Mais moi j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean, car les œuvres que mon Père m’a donné le pouvoir d’accomplir, ces œuvres-là que je fais rendent ce témoignage de moi que mon Père m’a envoyé. ». Le Père témoigne de Son fils, et le Fils témoigne du Père. Le travail d’un Chrétien en ramenant les morts à la vie et en guérissant toutes sortes de maladies est un témoignage de la nature unique de Dieu. Dieu est vie ! « Et le Père qui m’a envoyé a lui-même rendu témoignage de moi : Vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face ». Christ vivait de toute éternité passée auprès du Père, voyait Sa face chaque jour, dans le Paradis. Il a entendu chaque Parole que le Père a prononcée, et Il Lui est semblable en tout point, tout comme un enfant ressemble à ses parents, or Christ est la parfaite image de Son Père. « Et sa parole ne demeure pas en vous puisque vous ne croyez point à celui qu’il a envoyé ». Christ tance les faux enseignants et ministres des Juifs. Ils connaissent la Loi de Moïse, mais la Parole de Dieu ne vit pas en eux, et ils sont incapables de sauver les âmes, car ils rejettent Christ.

«Sondez les écritures car c’est par elles que vous croyez avoir la vie éternelle et ce sont elles qui rendent témoignage de moi ». Ces paroles semblent être adressées aux Pharisiens qui croyaient à la résurrection, mais pas à Celui par qui la résurrection fut rendue possible. Ils avaient une grande connaissance des Écritures, mais leur cœur était vide. Ils s’appliquaient à assassiner Celui par qui la résurrection pouvait venir leur rendre l’espérance. Christ, étant la Parole incarnée, est la plénitude du Conseil de Dieu. Comment les hommes peuvent-ils tolérer des versions apostates de la Bible qui jettent le doute sur la divinité de Christ et omettent des passages entiers de l’Écriture ? S’ils aiment Christ, comment peuvent-ils permettre, et même participer, à la défiguration de Sa Sainteté, sans aucun complexe de culpabilité, et en toute impunité ?

« Mais vous ne voulez point venir à moi pour avoir la vie ». Il est remarquable que Christ connaissait déjà le cœur de ces brigands. Dans Son omniscience et Sa prescience, Il savait qu’ils ne viendraient pas à Lui, ni maintenant, ni jamais. À Golgotha, Il avait en face de Lui leurs faces féroces, Il entendait leurs insultes et voyait leur trahison contre Dieu Tout-Puissant, et Il savait que rien ne pourrait les émouvoir et les faire changer d’avis. Les soi-disant ministres des Juifs étaient des réprouvés, plus que le peuple qu’ils trompaient résolument. Ne laissez personne vous prêcher sa propre opinion ou imagination, mais l’unique vérité de l’Écriture seule !