Les invités à la noce

20° Dimanche après la Trinité

Traduction d'une méditation biblique de Jerry L. Ogles, Docteur en Théologie et évêque métropolite de l'Anglican Orthodox Church.


LA COLLECTE : Ô Dieu, tout-puissant et très miséricordieux, nous te supplions de nous garder, dans ta grande bonté, de tout ce qui pourrait nous nuire, afin qu'étant bien disposés, et de corps et d'esprit, nous puissions accomplir avec joie ce que tu commandes; par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

C’est certain, Dieu est plein de bonté car Il est tout en tout, et il n’y a en Lui ni imperfection ni impureté. C’est pourquoi sa bonté est surabondante. Tout don bon et parfait vient de Dieu (Jacques 1/17) ; Jacques ne dit pas « quelques » ni « la plupart », mais TOUT don. Ces dons comprennent la vie, la joie, l’amour, les amis, la famille, l’Église et la santé. Tout ce qui est bon vient de Dieu ! Le serviteur de Dieu est à la fois prêt et joyeux de s’approcher de Lui pour Le servir. Ce service, commandé par Christ, sera certainement accompli par Ses élus s’ils sont prêts à y procéder dans la joie et non dans la crainte.

L’ÉPÎTRE : Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages; rachetez le temps, car les jours sont mauvais. C'est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas de vin: c'est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l'Esprit; entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur; rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. Gloire à toi, Seigneur ! (Ephésiens 5/15-21).

Dans cette Épître, on nous conseille de marcher avec attention, et pas dans un abandon insouciant. Nous avons entendu dire que « Dieu prend soin des fous ». Ceci est sans doute vrai de toute façon, mais pas de ceux qui méprisent délibérément Sa Parole. Plutôt que de marcher sans but, nous devons nous concentrer sur Sa Sainte Volonté, et ne pas gaspiller un seul moment sans enseigner ni exhorter aussi bien les croyants que les non-croyants à marcher dans la voie de Dieu. Les passions mondaines qui détournent notre esprit de l’appel de la tombe par Christ doivent être abandonnées en faveur des choses durables et éternelles. Si nous sommes guidés par le Saint Esprit de Dieu, ces choses que nous aimerons, le monde les détestera sûrement. Le monde croira que nous sommes enivrés par un Esprit (pas par des esprits) qu’il ne connaît pas, et dont il se soucie encore moins. Si nous gardons au cœur une hymne ou un cantique, quelle joie notre âme ne ressentira-t-elle pas tout au long de la journée ! Dans mes moments d’abattement, je me suis souvent mis à chanter, presque sans y penser, quelque bon vieux cantique de l’Église, et ma peine s’est changée en joie. Dieu aime ceux qui Lui sont reconnaissants. Quand nous apportons des cadeaux à des gens qui les rejettent ou ne sont pas reconnaissants, je crois que nous renonçons à leur en offrir. Dieu nous bénira de plus en plus si notre cœur Lui est reconnaissant. Nous n’apprécions pas seulement la faveur de Dieu pour nous, mais aussi pour ceux qu’Il aime et Lui appartiennent.

LE SAINT ÉVANGILE : Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces; mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voici, j'ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Mais, sans s'inquiéter de l'invitation, ils s'en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son commerce; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes; mais les conviés n'en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n'avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus ! (Matthieu 22/1-14).

Dans la Collecte, l’Épitre et l’Évangile, nous trouvons un appel clair à la confiance dans les bénédictions surabondantes que Dieu nous octroie abondamment pour notre corps et notre âme. Sans elles, nous sommes nus et nous avons faim. Dieu n’a pas créé le chef-d’œuvre de Sa Création – l’humanité – dans le but de lui faire mener une vie de pénurie spirituelle ou physique, mais pour qu’elle reçoive autant de bénédictions que possible, venant de son inépuisable stock de bénédictions. À certains, Il ne donne pas seulement des bénédictions spirituelles, mais également de grandes bénédictions matérielles, selon la capacité de chacun d’en user pour Sa gloire et non pour soi-même.

Jésus a souvent parlé en paraboles de façon à ce que ceux qui sont humbles de cœur et ouverts les comprennent ; et ceux dont le cœur est arrogant, fier et endurci ne les comprennent pas. Nous ne comprenons pas plus de vérités que nous ne pouvons en digérer. Il allait à l’encontre des intérêts mondains des dirigeants des Juifs de les comprendre, et, donc, ils se sont aveuglés eux-mêmes devant ces profondes vérités. Leur arrogance reste un mystère. Cela interpelle qu’on puisse aussi prétentieusement deviner un mystère secret. Nous hérissons notre jardin de plantes théologiques, de l’arbre de Calvin, de celui d’Arminius, ou d’un autre, et nous refusons d’écouter ceux qui ont une interprétation différente de l’Écriture. Nous n’acceptons que les parties de l’Écriture qui arrosent notre arbre préféré. Mais Christ, dans Ses paraboles, révèle le mystère aux fidèles dont le cœur est ouvert, et il épaissit le mystère pour ceux qui assènent fièrement LEUR opinion, au détriment de la foi.

Le texte d’aujourd’hui parle d’un grand homme qui préparait un grand mariage pour Son fils. Il avait engagé de grandes dépenses et passé beaucoup de temps en préparatifs, s’assurant que le moindre détail serait parfait. Jésus ouvre donc la parabole avec l’histoire d’une réception de mariage. Le mariage est si important pour Christ qu’il a réalisé Son premier miracle lors d’une noce, à Cana en Galilée.

Depuis sa première institution divine au jardin d’Eden, le mariage est sacré et saint pour Dieu – et il doit l’être aussi pour nous. C’est le modèle terrestre du Royaume de Dieu et de la grande noce entre Christ et Son Épouse, l’Église.

Voyons d’abord la nature de son invitation : Elle est adressée à tous, au près comme au loin. Elle est rejetée pas les indifférents et les sans-cœur. Ce rejet provoque la juste COLÈRE de DIEU ! Chacun de nous vit dans Sa faveur ou sous Sa grande colère. Nous sommes sous la colère de Dieu ou avec son amour, que nous le voulions ou non. Nous ne pouvons pas fuir Sa présence. Nous ne pouvons pas échapper à Son Esprit. Si nous L’aimons, nous sommes élevés au Ciel ; Dieu y est, avec tout son amour. Si nous sommes méchants, cruels et malfaisants, nous sommes abaissés en enfer et Dieu y est aussi, en colère. Avec les propres, Il sera propre ; avec les durs il sera dur. Il ne dépend que de nous de vivre sous la colère de Dieu ou avec Son amour.

Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Ce roi est certainement Dieu le Père. Dois-je vous dire qui représente le fils ? Nul autre que Jésus-Christ, le Fils unique engendré de Dieu.

Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces; mais ils ne voulurent pas venir. Les grands prophètes étaient ces serviteurs qui appelaient ceux qui étaient conviés, mais Israël n’a pas voulu les écouter et ils ne sont pas venus. Ils ont même lapidé nombre de ces prophètes messagers, et ils en ont même sciés en deux.

Il envoya encore d'autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voici, j'ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Le Grand Roi ne laisse rien au hasard. Il prépare TOUT ce qui est nécessaire à notre confort, à notre nourriture et à notre joie. Le sacrifice a déjà été fait pour nous ; tout ce que nous avons à faire est de venir. Il veut nous honorer en nous permettant d’honorer Son Fils bien-aimé.

Mais, sans s'inquiéter de l'invitation, ils s'en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son commerce ; Nous voyons ici l’envahissante préoccupation du monde, et même de l’Église, pour nos propres affaires : l’argent, le commerce, etc. Le service de Dieu semble peu de chose, en regard. Nous ne sommes pas meilleurs aujourd’hui, hélas. Nous faisons notre devoir en participant au culte du dimanche, nous retournons à nos mangeoires et à notre boue, et nos vivons comme si Dieu ne nous regardait pas.

... Et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Rappelez-vous comment ils ont traité Samuel, Moïse, Jérémie et tous les prophètes. Même Abel fut tué par son frère parce qu’il vivait et enseignait la droiture. Les Apôtre, dont la plupart subirent une mort violente, n’étaient pas moins avilis par des gens sans honneur.

Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. Si vous avez vécu dans l’illusion que Dieu vous montrera toujours de la miséricorde et de la gentillesse, vous êtes dans l’erreur. Christ Lui-même reviendra reprendre les Siens, et les autres seront menacés de l’épée et jetés en enfer sans pitié ! Ils auront fixé leur propre sort en ayant négligé les choses de Dieu. Si vous n’avez pas aimé Dieu dans cette vie, vous ne l’aimerez pas plus dans celle d’après. Les infidèles (les non-croyants) seront rassemblés par les Saints Anges et jetés au feu.

Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes; mais les conviés n'en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. La plus grande part d’Israël se fient à leur pédigrée en tant que fils d’Abraham ; cependant, ils n’appartenaient pas pleinement à l’Église vétéro-testamentaire d’Abraham qui attendait la venue de Christ. Ceux-ci étant rejetés, Dieu se tourne vers tous ceux qui veulent venir. Tous ceux qui aiment Christ sont adoptés dans cette grande Église et sont de fait : Israël. Personne n’y vient sans avoir été invité !

Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. C’est comme le grand filet rempli d’âmes mentionné en Matthieu 13/47-48. Il ramène toutes sortes de poissons, des bons comme des mauvais, et les pêcheurs (les anges) se sont assis et les ont triés. Les champs de blé et d’ivraie croissent ensemble et figurent la même vérité.

Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n'avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Désirons-nous être proprement attifés à Sa grande et singulière noce ? Alors, nous devons passer la robe blanche de la droiture que Christ nous offre pour couvrir nos haillons et nos taches. Le fils prodigue a reçu cette robe de son père à son retour, après avoir nourri les cochons dans un pays lointain. Voyez aussi Esaïe 4/1 : Ce jour-là, sept femmes s’empareront d’un seul homme en disant « Nous mangerons notre propre pain et nous mettrons nos propres habits, mais fais-nous seulement porter ton nom ! Enlève notre déshonneur ! ». Il s’agit des sept Églises, je le crois humblement, qui veulent être chrétiennes mais seulement de nom. Elles mangeront leur propre pain et pas le Pain du Ciel qu’Il offre, et elles porteront leurs sales haillons de péché au lieu de Sa robe de justice. Car elles désirent seulement la dignité d’être appelées de Son nom.

Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus ! Ami, il est fort possible que tu aies été appelé et invité, mais que tu n’aies jamais accepté l’invitation. Un cadeau peut t’avoir été offert, mais ce n’est pas vraiment un cadeau, tant que tu ne l’as pas accepté. As-tu accepté, d’un cœur sérieux et grave, la Rédemption obtenue par le sang de Christ ? Fais-tu partie de ce PETIT troupeau de ceux qui sont appelés et choisis ; ou as-tu laissé et oublié l’invitation parmi tous les papiers mondains qui encombrent ton bureau ?