Une prière efficace

SERMON pour le 21ème Dimanche après la Trinité

Traduction d'une méditation biblique originale de Jerry L. Ogles, Docteur en Théologie et évêque métropolite de l'Anglican Orthodox Church.

La Collecte : « Miséricordieux Seigneur, nous te supplions d’accorder à ton peuple fidèle le pardon et la paix, afin qu’étant purifié de tous ses péchés, il te serve avec tranquillité d’esprit ; par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen »

Comme cette prière de Collecte fondée sur la Bible le révèle, le pardon et la paix ne peuvent venir qu’à ceux qui sont fidèles au Seigneur. Il nous faut savoir et croire que le sang de Christ suffit à couvrir nos péchés, et qu’Il est désireux et prêt à nous accorder son pardon, selon notre foi. C’est par ce moyen de la foi et du pardon que notre esprit peut trouver le calme et se reposer sur Lui pendant toutes les tempêtes de notre vie.

L’ÉPÎTRE : « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; prenez aussi le casque du salut, mettez l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile, pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assurance comme je dois en parler » (Éphésiens 6/10-20).

Si nous devions chanceler et nous retirer dans nos tanières dans le désert, nous n’aurions pas besoin d’armure. Un non-belligérant n’a pas besoin d’armure. Mais nous sommes des soldats de la croix, engagés dans un combat à mort avec l’ennemi de l’âme humaine – le diable et ses légions. Notre bataille doit être plus offensive que défensive, car nous avons l’avantage du terrain plus élevé, en recevant chaque ressource du Ciel. Notre armure doit donc nous protéger, mais aussi infliger des coups dévastateurs à l’ennemi, sur le champ de bataille. Le diable a tenté de dévoyer et de corrompre la Création de notre Seigneur. Mais la victoire décisive a déjà été remportée par le Capitaine de nos âmes, au Calvaire. Nous devons maintenant occuper le terrain, éliminer ses poches de résistance et faire taire ses armes. La vérité est notre force et notre soutien. Nos cœurs sont à couvert grâce à la justice imputée de Celui qui nous a envoyés à Son armée. L’Évangile de paix, qui a été instillé dans notre cœur au moyen de l’étude et de la préparation, est la liberté de mouvement dont nous jouissons pour manœuvrer sur le terrain. Notre principale protection contre les coups de l’ennemi est notre foi. Le casque de notre salut est notre force pour apprendre et croire. Notre épée de l’Esprit est la Parole de Dieu, une épée à deux tranchants pour condamner aussi bien que pour convaincre de péché. La prière est notre réseau de communication, par le moyen duquel nous supplions constamment, pour l’armée entière et les uns pour les autres. Cette Épître, et la Collecte, sont unies comme les doigts de la main sont collés au gant de la foi, car elle nous assure de la victoire !

LE SAINT ÉVANGILE : « Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade. Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. L’officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure. Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit. Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. Jésus fit encore ce second miracle lorsqu’il fut venu de Judée en Galilée » (Jean 4/46-54).

Un passage intéressant se trouve en Jean 2/23-25 : « Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme ».

Sur quelle fondation mystérieuse la foi est elle fondée ? Est-ce sur de grands signes et des actes merveilleux, ou à un niveau plus personnel ? Nous voyons souvent des magiciens opérer des faits étonnants mais trompeurs, et nous sommes incapables de découvrir les trucages avec lesquels ils réalisent leurs illusions. Mais est-ce que nous y croyons sincèrement de toute notre âme ? Jamais de la vie ! Il doit y avoir quelque chose d’autre en quoi nous pourrions avoir vraiment confiance.

Examinons ce récit de l’Évangile : C’est le début du ministère de Christ. Il nous est dit dans le dernier verset de notre texte que c’était le second miracle que Jésus réalisait. Il est retourné à sa région de Cana et spécialement à Capernaüm où il avait pris la parole dans la synagogue et avait failli être lapidé.

« Selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire: Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie » (Luc 4/16-21).

Un officier habitant à proximité avait entendu une rumeur faisant état de Ses Paroles et de Ses actions. Son fils était mourant. Il n’y avait pas d’espoir de guérison sauf si, par chance, ce grand homme Jésus de Galilée intervenait. Alors il est allé à Lui. « Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade. Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir ».

Quelle fut la réponse de Jésus, et à qui était-elle destinée ? Pas à l’officier parce que sa croyance et sa foi étaient confirmées par sa requête à Christ. S’il avait douté que Christ puisse guérir son fils, il ne l’aurait pas laissé mourir seul pour venir demander à Jésus de le guérir. « Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point ».

Cet officier n’avait vu aucun signe merveilleux, et cependant, il croyait. Sa connaissance de Christ était maigre, mais sa foi dans le peu qu’il en savait était énorme ! L’officier ne se formalisa pas du refus apparent de Christ ; il CONNAISSAIT Christ, et il SAVAIT que Christ guérirait son fils – il a donc simplement persisté dans sa prière à Christ. De plus, il savait que la distance n’était pas un obstacle.

« L’officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure ». Une fois que vous connaissez Christ, vous avez le courage de demander même ce qui est le plus vexant pour vous. L’officier était motivé par l’amour. Le résultat que Jésus avait déclenché fut accompli grâce au témoignage persévérant de l’officier. Il n’acceptait pas un ‘non’ comme réponse, car il connaissait Christ et il savait que ce n’était pas la volonté de Christ que son petit enfant meure... Il avait donc le courage d’insister en vue d’obtenir la réponse qu’il souhaitait. Ceci s’appelle la prière effective, et beaucoup d’entre nous ne l’ont pas.

Quand nous avons prié droitement une prière juste, et que nous avons touché le vrai Seigneur, nous devons croire que ce qu’Il nous a dit dans Sa parole arrivera certainement : Voyez comment l’officier a réagi : « Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla ».

Qu’est-il arrivé ensuite ? Tout ce qu’il avait cru par la foi s’était réalisé : « Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit. Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison ».

Christ valide toujours de Son Sceau les réponses à nos prières, que ce soit un oui ou un non. Et nous lisons pour terminer que c’était le second miracle que Jésus avait opéré. Le premier miracle fut de transformer l’eau en vin à la noce de Cana, en Galilée. « Jésus fit encore ce second miracle lorsqu’il fut venu de Judée en Galilée ».

Vous pourriez dire : « Ah oui, mais l’officier devait avoir été au mariage et il a dû voir ce miracle, c’est pour cela qu’il croyait ». Vraiment ? Il y a un gouffre qui sépare le fait de changer l’eau en vin et celui de guérir un enfant sur le point de mourir. Il y avait quelque chose de plus, et c’était le fait que l’officier voyait dans la personne de Christ une vérité qui échappe à de nombreux observateurs... Il était le Fils de Dieu qui était capable de faire tout ce qu’Il voulait.

Quand nous élevons nos prières à Dieu, est-ce que nous prions sérieusement pour une cause juste, comme cet officier ? Est-ce que nous prions pour le bien des autres, comme cet officier, en le faisant passer avant nos propres intérêts ? Est-ce que nous prions en connaissant la Personne à laquelle nos prières sont dirigées, comme le faisait cet officier ? Est-ce que nous prions, comme cet officier, en sachant que c’est déjà la volonté du Père d’accéder à notre demande parce que nous avons appris dans Sa Parole quelle était Sa volonté pour nous ? Est-ce que nous laissons nos prières à la porte du Ciel et retournons à nos occupations quotidiennes, comme cet officier, sachant que la réponse, oui, ou non, sera la réponse juste ? Est-ce que nous exposons notre cas, comme cet officier, et que nous attendons la réponse ? Est-ce que nous cessons enfin d’importuner Dieu sans y croire et avons-nous confiance dans la réponse en repartant ? Si nous faisons cela, il y aura une réponse à notre prière et cette réponse sera toujours la bonne réponse.