26-De la Résurrection du Christ

II-14. De la Résurrection du Christ

Sermon pour le jour de Pâques.

{58} S'il y eut jamais un moment où la grandeur et l'excellence d'un sujet spirituel ou temporel a éveillé votre ouïe pour écouter attentivement [un sermon], vous qui êtes de bons Chrétiens et bien-aimés de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, je ne doute pas de vous voir, en ce temps [liturgique], écouter très attentivement le sujet dont je dois vous entretenir aujourd'hui. Car je suis venu vous déclarer le plus grand et le plus réconfortant des articles de notre religion chrétienne: la résurrection de notre Seigneur Jésus.

Le thème de cet article est si important et si élevé que [Dieu] a pensé digne de maintenir notre Sauveur sur terre pendant 40 jours après qu'Il est ressuscité des morts à la vie, établissant et confirmant cela dans le cœur de Ses disciples. Ainsi Luc atteste clairement dans le 1er chapitre des Actes des Apôtres qu'Il conversait continuellement avec Ses disciples, durant 40 jours, dans l'intention de les instruire et de les enseigner en personne ; maintenant qu'Il était glorifié, ils allaient enseigner à d'autres la vérité complète et la sagesse absolument parfaite de cet article [de foi] très chrétien, qui est le fondement et la base de toute notre religion, avant qu'Il ne monte au ciel vers Son Père, pour y recevoir en grand triomphe la gloire de Sa victoire et de Sa conquête.

Assurément, cet article est si hautement réconfortant pour nos consciences qu'il est même le cadenas et la clé de toute notre religion chrétienne et de notre foi. « S'il n'était pas vrai », dit le saint Apôtre Paul, « que Christ soit ressuscité, alors notre prédication serait vaine, la foi que vous avez reçue serait nulle, vous seriez toujours dans vos péchés. Si Christ n'est pas ressuscité », dit l'Apôtre, « alors ceux qui se sont endormis en Christ sont » dans un très mauvais cas et sont totalement « perdus ; alors nous sommes les plus misérables de tous les hommes, nous qui avons notre espérance fixée en Christ », s'Il est toujours sous le pouvoir de la mort et pas encore rétabli dans Sa félicité. « Mais maintenant Il est ressuscité des morts », dit l'Apôtre Paul, « pour être les prémices de ceux qui dorment », dans l'intention de les ressusciter en vie éternelle. Oui, s'il n'est pas vrai que Christ est ressuscité, alors il n'est pas vrai non plus qu'Il est monté au ciel, ni qu'Il nous a envoyé du ciel le Saint-Esprit, ni qu'Il trône à la droite de Son Père céleste, ayant autorité dans le ciel et sur la terre, régnant (comme le dit le prophète) « de la mer à la mer », ni qu'Il soit après ce monde le juge des vivants et des morts, pour récompenser les bons et juger les mauvais.

Afin que ces liens de notre foi soient tenus ensemble et solidement établis et confirmés, il a plu à notre Sauveur de ne pas Se retirer immédiatement de Sa présence corporelle et de la vue de Ses disciples, mais Il a choisi 40 jours au cours desquels Il leur a déclaré maints arguments de poids et gages de ce qu'Il a vaincu la mort, et qu'Il est aussi vraiment ressuscité et vivant. « Il a commencé », dit Luc, « par Moïse et tous les prophètes, et leur a exposé les prophéties qui sont écrites dans toutes les Écritures à Son sujet ». Dans l'intention de confirmer la véracité de Sa résurrection, annoncée depuis longtemps, et qu'Il a vérifiée dans les faits, comme cela a été déclaré de manière très apparente et manifeste par Ses apparitions fréquentes à diverses personnes, à divers moments. Il a d'abord envoyé Ses Anges au sépulcre, lesquels ont montré à certaines femmes le tombeau vide, excepté que le linceul s'y trouvait encore, et par ces signes ces femmes ont été pleinement instruites du fait qu'Il était ressuscité, ce dont elles ont témoigné ouvertement. Après cela, Jésus Lui-même est apparu à Marie-Madeleine, et après cela à d'autres femmes, et immédiatement après Il est apparu à Pierre, puis aux deux disciples qui allaient à Emmaüs. Il est apparu aussi aux disciples, alors qu’« ils étaient rassemblés par peur des Juifs, les portes fermées ». Une autre fois Il a été vu à la mer de Tibériade par Pierre, Thomas et d'autres disciples, alors qu'ils pêchaient. Il a été vu par plus de 500 frères sur une colline de Galilée, où Jésus les avait convoqués par Son Ange, qui [leur] a dit: « Voyez, Il ira avant vous en Galilée ; c'est là que vous Le verrez, comme Il vous l'a dit ». Après cela Il est apparu à Jacques, et enfin Il a été vu de manière visible par tous les Apôtres au moment où Il a été enlevé au ciel. Ainsi, Il S'est montré à diverses reprises après être ressuscité, pour établir et confirmer cet article [de foi]. Et au cours de ces révélations, Il leur a parfois montré Ses mains, Ses pieds et Son côté et les a priés de Le toucher, afin qu'ils ne Le prennent pas pour un fantôme ou un esprit ; parfois Il a aussi mangé avec eux, mais toujours en leur parlant du royaume éternel de Dieu, pour attester de la véracité de Sa résurrection. Car « Il a alors ouvert leur intelligence afin qu'ils comprennent les Écritures et leur a dit : Ainsi il est écrit et accompli que Christ devait souffrir et ressusciter des morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés seraient prêchés ouvertement en Son Nom à toutes les nations du monde ».

Vous voyez, bon peuple Chrétien, combien cet article de notre foi est nécessaire, vu qu'il a été prouvé par Christ Lui-même, avec des arguments et des gages aussi évidents, dans un espace aussi vaste et une durée aussi longue. Maintenant donc, comme notre Sauveur l'a scrupuleusement déclaré pour notre instruction et notre consolation, soyons prêts à l'accepter dans notre foi pour notre instruction et notre consolation. Comme Il n'est par mort pour Lui-même, Il n'est pas non plus ressuscité pour Lui-même. « Il est mort », dit St Paul, « pour nos péchés et Il est ressuscité pour notre justification ». Quelle parole réconfortante, à garder toujours en mémoire ! Il est mort, dit-il, pour ôter le péché ; Il est ressuscité pour nous doter de la justice. Sa mort a ôté le péché et la malédiction, Sa mort était leur rançon, Sa mort a détruit la mort et vaincu « le diable, qui avait le pouvoir de la mort » dans sa sujétion ; Sa mort a détruit l'enfer avec toute condamnation y afférente. La mort est ainsi engloutie par la victoire de Christ, ainsi l'enfer est-il abîmé pour toujours.

Si qui que ce soit doute de cette victoire, que la glorieuse résurrection de Christ lui dise le fait. Si la mort n'a pas pu garder Christ sous sa domination et son pouvoir, mais qu'Il est ressuscité, il est manifeste que son pouvoir était vaincu. Si la mort est vaincue, alors il s'ensuit nécessairement que le péché, dont la mort était désignée comme le salaire, est tout aussi nécessairement détruit. Si la mort et le péché ont disparu, alors la tyrannie du diable est vaincue, lui qui avait le pouvoir de la mort, et était l'auteur et le brasseur du péché, et le recteur de l'enfer. Si Christ a remporté la victoire sur eux tous par la puissance de Sa mort et l'a ouvertement prouvé par Sa résurrection très glorieuse et valeureuse, comme il n'était pas possible que Sa grande puissance leur soit soumise, alors il est vrai que « Christ est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification », pourquoi, nous qui sommes Ses membre par une vraie foi, ne pas nous réjouir et oser dire avec le prophète Osée et l'Apôtre Paul: « Où est ton dard, ô mort ? Où est ta victoire, ô enfer ? Grâces soient [rendues] à Dieu », disent-ils, « qui nous a donné la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ».

Cette puissante conquête de Sa résurrection n'était pas seulement signifiée d'avance par diverses figures de l'Ancien Testament, comme par Samson quand il a tué le lion, de la gueule duquel sont venues la douceur et le miel ; et comme David qui était Sa figure quand il a délivré l'agneau de la gueule du lion ; et quand il a vaincu et tué le géant Goliath ; et comme quand Jonas fut englouti par la bouche de la baleine et rejeté vivant sur terre ; mais cela a aussi été clairement prophétisé par les prophètes de l'Ancien Testament, et confirmé aussi par les Apôtres dans le Nouveau [Testament]. « Il a jeté dans l’abîme », dit St Paul, « l'autorité et le pouvoir » et toute la domination de nos ennemis spirituels ; « Il les a ouvertement ridiculisés et a triomphé sur eux dans Sa propre personne ».

Voilà le pouvoir et la puissance du Seigneur en qui nous croyons. Par Sa mort Il a opéré cette victoire pour nous, et par Sa résurrection Il nous a acquis la vie éternelle et la justice. Ce n'était pas assez d'être délivrés du péché par Sa mort, car par Sa résurrection nous avons été dotés de la justice. Et nous ne devrions pas nous prévaloir d'être délivrés de la mort, mais de ce qu'Il est ressuscité pour nous ouvrir les portes du ciel, pour entrer dans la vie éternelle. Et c'est pourquoi St Pierre remercie « Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ pour Son abondante miséricorde, parce qu'Il a généré en nous », dit-il, « une espérance vivante par la résurrection de Jésus-Christ, pour que nous jouissions d'un héritage immortel qui ne périra jamais, préparé dans les cieux pour ceux qui sont gardés par la puissance de Dieu, par la foi ». Voilà ce qu'a opéré Sa résurrection pour que nous ayons la vie et la justice. Il est passé à travers la mort et l'enfer, dans l'intention de nous donner une espérance sûre qu'avec Sa force nous ferons de même. Il a payé la rançon du péché afin qu'elle ne soit pas laissée à notre charge. Il a détruit le diable et toute sa tyrannie, et ouvertement triomphé sur lui, et Il lui a repris tous ses captifs, et Il les a élevés et installés avec Lui-même parmi les citoyens célestes d'en haut. Il est mort pour détruire l'autorité du diable en nous, et Il est ressuscité pour envoyer Son Saint-Esprit pour régner dans notre cœur, pour nous doter d'une justice parfaite. Ce que David chantait est donc vrai : « La vérité de la promesse de Dieu est déclarée à l'homme sur la terre, et la justice vient du ciel » et de la terre vient la vérité éternelle : le Fils de Dieu, est ressuscité et vivant, et la véritable justice du Saint-Esprit regarde du [haut du] ciel, et elle est très généreusement distribuée sur le monde entier. Ainsi la gloire et la louange bondissent en haut vers Dieu à cause de Sa miséricorde et de Sa vérité, et de même la paix descend du ciel sur les hommes dont le cœur est fidèle et bon. Ainsi la miséricorde et la vérité se rencontrent, comme l'écrit David ; [et] ainsi la paix et la justice s'embrassent-t-elles.

Si tu doutes d'une si grande richesse et félicité opérées pour toi, ô homme, rappelle-toi que c'est pour cette raison que tu as reçu en toi la vérité éternelle, Jésus-Christ notre Sauveur, pour confirmer à ta conscience la véracité de tout cela. Tu L'as reçu (si tu L'as reçu avec une vraie foi et la repentance du cœur, si tu L'as reçu avec le propos de t'amender), comme gage ou jauge éternelle de ton Salut. Tu as reçu Son corps qui fut une fois rompu et Son sang qui fut répandu pour la rémission de ton péché. Tu as reçu Son corps pour avoir en toi le Père, le Fils et le Saint-Esprit afin qu'Ils demeurent en toi, pour te doter de la grâce, pour te fortifier contre tes ennemis et pour te rassurer par leur présence. Tu as reçu Son corps pour te doter de la justice éternelle, pour t'assurer de la félicité et de la vie éternelle pour ton âme. Car avec Christ, par une vraie foi, tu es vivifié, dit St Paul, de la mort du péché à la vie dans la grâce, et translaté en espérance de la mort corporelle et éternelle à la vie éternelle en gloire dans les cieux, où tu devrais avoir une relation et où ton cœur et tes désirs devraient être établis. Ne doute pas de la véracité de ce sujet, de sa grandeur et de son élévation. Il convient à Dieu de ne pas faire de petites choses, [et d’en faire des grandes] aussi impossibles qu'elles paraissent. Prie Dieu pour avoir la foi et percevoir ce grand mystère de la résurrection de Christ, et que par la foi tu puisses croire avec certitude que rien n'est impossible à Dieu. Concentre ta foi seulement sur la sainte Parole de Christ et Son sacrement. Que ta repentance montre ta foi, que ton propos de t'amender et d'obéir désormais de tout ton cœur à la Loi de Dieu manifeste ta vraie foi. Efforce-toi de dire dorénavant avec St Paul : « Notre relation est dans le ciel, d'où nous attendons un Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui changera nos corps vils afin qu'ils soient transformés comme Son corps glorieux, ce qu'Il fera par la même puissance » par laquelle Il est ressuscité des morts et « par laquelle Il sera capable de soumettre toutes choses à Lui-même ».

Ainsi, bon peuple Chrétien, pour autant que vous ayez écouté ces si grands et excellents avantages de la glorieuse et puissante résurrection de Christ, et comment Il a payé la rançon du péché, vaincu le diable, la mort et l'enfer, et qu'Il a pris la main sur tout cela par Sa victoire, pour nous en libérer et nous en mettre en sécurité, et sachant que nous sommes ressuscités avec Lui par le bénéfice de Sa résurrection par la foi à la vie éternelle, notre espérance étant complètement assurée que nos corps ressusciteront des morts de la même manière, pour être glorifiés dans l'immortalité et joints à Son corps glorieux, possédant entre-temps Son Saint-Esprit dans notre cœur comme le gage et le sceau de notre héritage éternel, et par Son assistance nous serons remplis de toute justice, par Sa puissance nous serons capables de maîtriser toutes les mauvaises inclinations qui surgissent et déplaisent à Dieu ; ces choses, dis-je, étant bien considérées, manifestons maintenant dans le reste de notre vie la foi que nous avons dans cet article très conséquent en nous y conformant, ressuscitant quotidiennement du péché à la justice et à la sainteté de vie. « Car de quel profit nous sera-t-il », dit St Pierre, « d'échapper et d'être délivrés de la saleté du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, si nous sommes à nouveau empêtrés avec [le péché] et à nouveau vaincus ? Il aurait été certainement mieux », dit-il, « de n'avoir jamais connu la justice que de retourner à nouveau en arrière à propos du Commandement de Dieu qui nous a été donné, après l'avoir reçu et connu. Car ainsi se vérifie en nous le proverbe qui dit : ‘Le chien est retourné à son vomi et la truie qui a été lavée s'est à nouveau vautrée dans la boue.’ » Quelle honte ce serait pour nous, ayant été si clairement et gratuitement lavés de notre péché, de retourner à cette saleté ! Quelle folie ce serait, étant ainsi dotés de la justice, de la perdre à nouveau ! Quelle folie ce serait de perdre l'héritage qui nous est désormais promis, pour le plaisir vil et éphémère du péché ! Et quelle manque de gentillesse ce serait, là où Christ notre Sauveur est venu à nous par Sa miséricorde pour demeurer en nous comme notre invité, de L'éconduire de nous et de Le bannir violemment de notre âme, et au lieu de Lui en qui résident toute grâce et toute vertu, de recevoir l'esprit disgracieux du diable, le fondateur de toute méchanceté et de toute sottise ! Comment pouvons-nous avoir à cœur de montrer une si extrême absence de gentillesse envers Christ, qui nous a maintenant si gentiment appelés à la miséricorde et S'est offert Lui-même à nous, et qui est maintenant entré en nous ? Oui, comment osons-nous être assez audacieux pour renoncer à la présence du Père, du Fils et du Saint-Esprit (car là où l'un d'eux se trouve, Dieu y est tout entier en majesté, avec toute Sa puissance, sagesse et bonté), et n'avons-nous pas peur, dis-je, du danger et du péril d'un défi si traître et d'une telle séparation ?

Chers frères et sœurs Chrétiens, avisez-vous ; considérez la dignité qui nous est conférée. Que la folie ne nous détache pas de ce que la grâce nous a si précieusement acquis et offert. Que l'obstination et l'aveuglement n'éteignent pas la si grande lumière qui vous est maintenant montrée. Prenez seulement à cœur et « revêtez toute l'armure de Dieu, afin que vous puissiez résister à vos ennemis », qui voudraient vous soumettre à nouveau et vous amener dans leur esclavage. Souvenez-vous que « vous avez été rachetés de vos vaines relations », et que votre liberté a été achetée « ni avec de l'or ni avec de l'argent, mais au prix du précieux sang de ce très innocent agneau Jésus-Christ, qui fut ordonné dans ce but dès avant la fondation du monde, et qui a été manifesté en tant que tel dans ces derniers temps de la grâce pour l'amour de vous, qui avez par Lui foi en Dieu qui L'a ressuscité des morts et Lui a donné la gloire, afin que votre foi et votre espérance soient en Dieu ». C'est pourquoi, comme vous avez suivi jusqu'ici les vains désirs de votre esprit et mécontenté Dieu, mettant votre âme en danger, maintenant, comme des enfants obéissants, ainsi purifiés par la foi, appliquez-vous à marcher dans la voie où Dieu vous pousse, afin que vous puissiez recevoir le but de votre foi : le Salut de votre âme. Et « comme vous avez livré votre corps à l'injustice, [commettant] péché sur péché, consacrez-vous maintenant à la justice, pour être sanctifiés par elle ».

Si vous aimez cet article de foi, que Christ est ressuscité des morts à la vie, alors suivez l'exemple de Sa résurrection, comme St Paul nous y exhorte, en disant : « Comme par notre baptême nous sommes ensevelis dans la mort avec Christ, mourons de même » quotidiennement « au péché » mortifiant et tuant ses mauvais désirs et incitations, et « comme Christ a été relevé de la mort par la gloire du Père, relevons-nous pour une vie nouvelle et marchons continuellement dans cette voie » ; afin que nous puissions de même, comme des enfants légitimes, vivre une relation et une communication incitant les hommes à « glorifier notre Père qui est dans les cieux ». « Si nous sommes donc ressuscités avec Christ » par notre foi et l'espérance de la vie éternelle, relevons-nous aussi avec Christ, d'après Son exemple, pour une vie nouvelle, et abandonnons notre ancienne [vie]. Nous serons alors vraiment ressuscités si nous « recherchons les choses célestes », si « nos affections nous portent aux choses d'en haut et non aux choses terrestres ». Si vous voulez savoir quelles sont ces choses terrestres que vous devriez abandonner, et quelles sont les choses célestes que vous devriez rechercher et poursuivre, St Paul le déclare dans l'épître aux Colossiens, quand il nous exhorte de la sorte : « Mortifiez vos membres terrestres » et les vieilles affections du péché, comme « la fornication, l'impureté, la luxure contre nature, la mauvaise concupiscence et les mauvais désirs, ce qui est de l'idolâtrie ; car la colère de Dieu fond habituellement sur les enfants de l'impiété ; vous aviez marché dans ces choses, autrefois, quand vous viviez dedans. Mais maintenant écartez de votre bouche la colère, la férocité, la malignité, le fait de maudire, les gros mots. Ne mentez pas les uns aux autres, afin que le vieil homme et ses œuvres soit repoussé et que le nouveau soit endossé ». Voilà les choses terrestres que St Paul vous pousse à rejeter, ainsi qu’à arracher votre cœur [mauvais]. Car en les suivant vous vous déclarez terrestres et mondains. Ce sont là les fruits de l'Adam terrestre. Vous devriez les tuer quotidiennement en faisant bien attention de résister au désir, afin de vous relever pour la justice. Que désormais votre affection s'attache aux choses célestes. Recherchez et poursuivez « la miséricorde, la gentillesse, la douceur, la patience, vous soutenant et vous pardonnant les uns les autres ; si quelqu'un se querelle avec un autre, comme Christ vous a pardonné, faites-le aussi ». Si vous suivez ces vertus célestes et d'autres pour le restant de votre vie, vous montrerez clairement que vous êtes ressuscités avec Christ et que vous êtes les enfants célestes de votre Père des cieux, le donateur de qui viennent ces grâces et ces dons. Vous prouverez de cette manière que votre relation est au ciel, où se trouve votre espérance, et pas sur terre, suivant les appétits bestiaux de la chair.

Vous devez donc considérer que vous avez été nettoyés et renouvelés, que vous devriez désormais « servir Dieu en sainteté et justice, tout les jours de votre vie », afin que vous puissiez régner avec Lui dans la vie éternelle. Si vous refusez une si grande grâce, à laquelle vous êtes appelés, que faites-vous d'autre que d’accumuler de plus en plus [de motifs] en vue de votre damnation et de provoquer Dieu à faire retomber Son mécontentement sur vous et à venger votre dédain pour Ses saints sacrements, vous qui en abusez aussi grandement ? Appliquez-vous, chers amis, à vivre en Christ de sorte que Christ vive toujours en vous, car si vous avez Sa faveur et Son assistance, alors vous avez déjà la vie éternelle en vous, et rien ne peut vous atteindre. Quoi que vous ayez commis jusqu'ici, Christ, voyez-vous, vous en a offert le pardon et vous a clairement admis à nouveau dans Sa faveur, en toute sécurité puisqu'Il habite et demeure maintenant en vous. Montrez-vous seulement reconnaissants dans votre vie, déterminez-vous à refuser et éviter dans vos relations toutes ces choses qui pourraient offenser Son regard de miséricorde. Efforcez-vous de cette manière à vous relever, si en chemin vous êtes tombés dans le puits ou le fossé du péché. Si vous avez péché par votre langue, relevez-vous et utilisez-la pour glorifier Dieu. Accoutumez-la à louer le Nom du [Seigneur] Dieu comme vous L'avez jusqu'ici déshonoré. Et selon que vous avez blessé le nom de votre prochain ou que vous l'avez rabaissé, veillez maintenant à le rétablir. Car sans réparation, Dieu n'accepte pas votre confession, ni votre repentance. Il ne suffit pas de renoncer au mal, si vous n'avez pas le courage de faire le bien. En toute occasion où vous avez offensé, retournez cette occasion pour honorer Dieu et être profitable à votre prochain.

Il est vrai que le péché est puissant et que les affections sont indisciplinées. Il est dur de maîtriser et de résister à notre nature, si corrompue et entachée de levain avec l'amertume du poison que nous avons reçu en héritant de notre lointain ancêtre Adam. « Mais prenez courage », dit Christ notre Sauveur, « car J'ai vaincu le monde » et tous les autres ennemis, pour vous. « Le péché n'aura pas de puissance sur vous car vous êtes maintenant sous la grâce », dit St Paul. Même si vous êtes faibles, Christ est ressuscité pour vous renforcer dans votre combat ; Son Saint-Esprit vous aidera dans vos infirmités. En vous fiant à Sa miséricorde, prenez-vous en main pour nettoyer ce vieux levain du péché qui a corrompu et rendu amère la douceur de votre vie devant Dieu, afin que vous soyez une pâte fraîche et nouvelle, pure de tout levain amer de méchanceté ; vous montrerez ainsi que vous êtes un doux pain pour Dieu, afin qu'Il puisse faire de vous Ses délices. Je [vous le] dis, offrez-vous et tuez les affections mondaines et terrestres de votre corps, car Christ notre Agneau pascal S'est offert pour nous, pour tuer la puissance du péché, pour nous délivrer de ce danger et pour nous donner l'exemple de mourir au péché dans notre vie. Comme les Juifs ont mangé leur agneau pascal et observé cette fête en souvenir de leur délivrance de l'Égypte, observons de même notre fête de Pâques en mémoire reconnaissante des profits de Christ, qu'Il a abondamment opérés pour nous par Sa résurrection et en passant à Son Père, par quoi nous sommes délivrés de la captivité et de la servitude de nos ennemis. Mourons de même aux affections de nos anciennes relations afin que nous puissions être délivrés de ces liens et ressusciter avec Christ. Les Juifs ont observé leur fête en s'abstenant de pain levé pendant 7 jours ; et nous les Chrétiens, observons notre jour férié d'une façon spirituelle, c'est à dire en nous abstenant, non du pain levé matériel, mais du vieux levain du péché, le levain de la malignité et de la méchanceté. Rejetons le levain de la doctrine corrompue qui infecte notre âme. Observons notre fête notre vie durant en mangeant le pain de la pureté d'une vie pieuse et de la véracité de la doctrine de Christ. Ainsi nous manifesterons que les dons et les grâces de Christ font leur effet en nous et que nous avons la bonne croyance et une connaissance juste de Sa sainte résurrection ; et vraiment, si nous appliquons notre foi à ces vertus et que nous nous conformons dans la vie à cet exemple et à sa signification, nous seront sûrs de ressusciter par la suite pour la gloire éternelle, grâce à la bonté et à la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ. À qui, avec le Père et le Saint-Esprit, soient toute gloire, action de grâce et louange, pour les siècles des siècles. Amen.