32-De la repentance

II-20. De la Repentance

{69} 1. Il n'y a rien à quoi le Saint-Esprit travaille plus dans toutes les Écritures qu’à faire entrer dans les têtes la repentance, l'amendement de la vie et le retour au Seigneur Dieu. Et il n'est pas étonnant que, parce que chaque jour et à chaque heure, et à cause de notre méchanceté et de notre désobéissance entêtée, nous nous détournons de Dieu, gagnant ainsi, s'Il nous traitait selon Sa justice, la damnation éternelle. De sorte qu'aucune doctrine n'est plus nécessaire à l'église de Dieu que la doctrine de la repentance et de l'amendement de la vie. Et en vérité les véritables prédicateurs de l'Évangile du royaume des cieux et de la joyeuse nouvelle du Salut ont toujours prêché au peuple, dans leurs pieux sermons, en joignant ces deux doctrines ensemble, je veux dire la repentance et le pardon des péchés, comme notre Sauveur Jésus-Christ l'a Lui-même commandé, en disant : « Il convenait donc que Christ souffre et ressuscite le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés soient prêchés en Son Nom parmi toutes les nations ». Et c'est pourquoi les saints Apôtres expriment cela ainsi dans les Actes : « J'ai témoigné aussi bien aux Juifs qu'aux Gentils de la repentance envers Dieu et de la foi envers notre Seigneur Jésus-Christ ». Jean Baptiste, le fils de Zacharie, n'a-t-il pas commencé son ministère par la doctrine de la repentance, en disant : « Repentez-vous, car le royaume de Dieu est à votre portée » ? Jésus-Christ Lui-même a prêché cette doctrine et a commandé à Ses Apôtres de faire de même.

Je pourrais citer ici de très nombreux passages des prophètes dans lesquels cette très saine doctrine de la repentance est très sérieusement intimée comme très nécessaire aux hommes de toutes classes et de toutes conditions, mais un seul nous suffira pour l'instant. Voici les paroles du prophète Joël : « C'est aussi pourquoi le Seigneur a dit : Revenez à Moi de tout votre cœur, en jeûnant, en pleurant et en vous endeuillant, déchirez votre cœur plutôt que vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car Il est plein de miséricorde et de grâce, lent à la colère et très compatissant, et prêt à pardonner la méchanceté ». Par cela il est donné à comprendre que nous avons là une règle perpétuelle à suivre, à observer en tout temps, et qu'il n'y a pas d'autre moyen susceptible d'apaiser la colère de Dieu, afin que la férocité de Sa furie et les plaies ou la destruction qu'Il a décidé de nous infliger par Son juste jugement soient éloignées, ôtées et enlevées.

Quand Il a dit : « C'est pourquoi, dit le Seigneur, revenez à Moi », ce n'est pas sans importance si le prophète l'a dit. Car il avait précédemment exposé en détail l'horrible vengeance de Dieu, que nul homme n'est capable de supporter, et il les pousse donc à se repentir pour obtenir miséricorde ; c'est comme s'il avait dit : « Ces choses ne seront pas telles qu'il ne reste plus aucune espérance de grâce, car bien que par vos péchés vous méritiez d'être totalement détruits, et que Dieu, par Son juste jugement, ait décidé d'amener sur vous une destruction qui n'est pas petite, cependant, maintenant que vous êtes d'une certaine façon le couteau sous la gorge, si vous revenez bien vite à Lui, Il vous accueillera à nouveau dans Sa faveur, très gentiment et très miséricordieusement. Par là, nous sommes invités à considérer qu'il n'est jamais trop tard pour se repentir sérieusement et véritablement. Car comme Dieu est appelé ‘notre Père’ dans les Écritures, il s'ensuit sans doute qu'Il suit la nature et les caractéristiques des pères [de famille] gentils et miséricordieux, qui ne cherchent rien tant que le retour et l'amendement de leurs enfants, comme Christ l'enseigne abondamment dans la parabole du fils prodigue. Le Seigneur Lui-même ne dit-Il pas par le prophète : « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se détourne de sa mauvaise voie et qu'il vive » ? Et dans un autre passage: « Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et pour nous purifier de toute méchanceté ». Et ces promesses très rassurantes sont confirmées par de nombreux exemples dans les Écritures. Quand les Juifs ont volontairement accueilli et se sont conformés au sain conseil du prophète Ésaïe, Dieu leur a tendu une main secourable, et en une seule nuit Son Ange a tué les très vaillants soldats du camp de Sennachérib. On peut y ajouter le Roi Manassé, qui après toutes sortes de méchancetés damnables est revenu au Seigneur qui l'a écouté, et l'a rétabli dans son royaume. La même grâce et la même faveur ont été ressenties par la pécheresse Madeleine, Zachée, le bon larron et de nombreux autres. Tout cela pour nous renforcer contre les tentations de notre conscience par lesquelles le diable voudrait agiter ou plutôt inverser notre foi. Car chacun de nous devrait se l'appliquer à soi-même et dire : « Reviens maintenant au Seigneur », et ne te laisse pas décourager par le souvenir de ta vie d'avant ; oui, plus elle fut méchante, plus fervente et sérieuse sera ta repentance ou ton retour [à Dieu], et tu auras dorénavant « les oreilles de Dieu grandes ouvertes à tes prières ».

Mais examinons plus précisément le Commandement de Dieu à ce sujet. « Revenez à Moi », dit-Il par Son prophète Joël, « de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et le deuil ; déchirez votre cœur et non vos vêtements, etc. ». Par ces mots il inclut tout ce qui a trait à la repentance, qui est un retour complet de l'homme tout entier à Dieu, dont il s'est détourné par le péché. Mais pour que tout ce discours soit mieux assimilé, nous allons d'abord examiner quatre points principaux, dans cet ordre, c'est à dire de quoi nous devons revenir, à qui nous devons revenir, par qui nous pouvons être rendus capables de revenir et comment revenir à Dieu.

Premièrement, d'où ou de quoi devons-nous revenir. En vérité, nous devons revenir des choses par lesquelles nous nous sommes retirés et éloignés de Dieu. Et il s'agit généralement de nos péchés qui, comme l'atteste le saint prophète Ésaïe, « nous séparent de Dieu et nous cachent Sa face, et Il ne nous écoute pas ». Mais par le mot de péché on désigne non seulement les mots et faits grossiers qui sont comptés par le jugement commun des hommes comme sales et illicites, et par conséquent des péchés abominables, mais aussi les désirs sales et la concupiscence intérieure de la chair qui, comme St Paul l'atteste, résistent à la volonté et à l'Esprit de Dieu et doivent donc être sérieusement rabattus et tenus en bride. Nous devons nous repentir des opinions fausses et erronées que nous avons eues sur Dieu et de la méchante superstition qui les engendre, du service et du culte illicite de Dieu et des autres choses semblables. On doit abandonner toutes ces choses quand on veut vraiment revenir au Seigneur et se repentir comme il faut. Car comme « à cause de ces choses la colère de Dieu vient sur les enfants de la désobéissance », il n'y a aucune cessation de la punition à chercher tant que nous continuons dans ces choses. Et c'est pour cela que ceux qui paraissent être des pécheurs repentants, mais qui n'abandonnent pas leur idolâtrie et superstition, sont condamnés.

Deuxièmement, nous devons voir à qui nous devons revenir. « Revenez à Moi », dit le Seigneur, c'est à dire : « Revenez jusqu'à Moi, aussi loin que Je sois de vous », oui, nous devons revenir à Lui seul, car Lui seul est la vérité et la source de tout bien. Mais nous devons travailler à revenir jusqu'à Lui, sans nous arrêter ni nous reposer jusqu'à ce que nous L'ayons appréhendé et saisi. Mais ceci doit être accompli par la foi, car comme Dieu est Esprit, Il ne peut pas être appréhendé ni saisi autrement. C'est pourquoi, d'abord, ceux qui ne reviennent pas à Dieu mais se fient à des créatures ou à des inventions humaines ou à leurs propres mérites errent grandement ; et aussi ceux qui commencent à revenir au Seigneur et s'arrêtent en chemin, avant d'arriver au point qui leur est assigné.

Troisièmement, parce que nous n'avons par nous-mêmes rien qui nous permette de nous présenter devant Dieu, et nous n'avons pas moins fui devant Lui après notre chute que notre premier parent Adam, qui, après avoir péché, a cherché à se cacher de la vue de Dieu; et nous avons [donc] besoin d'un médiateur pour nous ramener et nous réconcilier avec Lui, tant Il est en colère contre nous à cause de nos péchés. Il s'agit de Jésus-Christ qui, étant vrai Dieu par nature, égal et de même substance que le Père, et qui, au moment fixé, a pris sur Lui notre frêle nature dans le sein de la vierge bénie, et de sa substance immaculée, afin d'être ainsi un médiateur entre Dieu et nous et d'apaiser Sa colère. Le Père Lui-même a parlé de Lui [du haut] des cieux, en disant : « Voici Mon Fils bien-aimé, qui fait tout ce qui Me plaît ». Et Lui-même s'écrie dans Son Évangile : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père sinon par Moi ». Car Lui seul, par le sacrifice de Son corps et de Son sang, a satisfait à la justice de Dieu pour nos péchés. Les Apôtres attestent qu'Il a été « exalté pour donner la repentance et la rémission des péchés à Israël », et Il a commandé que ces deux choses soient prêchées en Son Nom. C'est pourquoi ils se trompent grandement ceux qui prêchent une repentance sans Christ et enseignent aux simples et aux ignorants qu'elle relève seulement des œuvres des hommes. Ils peuvent effectivement beaucoup parler de bonnes œuvres et de l'amendement de leur vie et de leurs manières, mais sans Christ tout cela est vain et de nul profit. Ceux qui pensent qu'ils ont beaucoup fait par eux-mêmes en vue de leur repentance sont encore plus éloignés de Dieu, parce qu'ils la recherchent par leurs propres œuvres et mérites, alors qu'elle ne se trouve qu'en Jésus-Christ notre Sauveur, par les mérites de Sa mort, de Sa passion et de Son sang répandu.

Quatrièmement, le saint prophète Joël exprime de façon animée la manière de revenir ou de nous repentir, qui comprend tous les éléments intérieurs et extérieurs qu'on peut observer ici. Il nous fait d'abord revenir à Dieu de tout notre cœur, ôtant et rejetant toute hypocrisie, afin qu'il ne nous soit pas déclaré, justement : « Ce peuple vient à Moi de la bouche et Me loue des lèvres, mais leur cœur est loin de Moi ». Ensuite, Il exige un amour de la piété pur et sincère, et aussi de la louange et du service de Dieu, c'est à dire qu'en abandonnant tout ce qui est opposé et contraire à la volonté de Dieu, nous Lui offrions notre cœur, de toute la force de notre corps et de notre âme, selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta force ». Il ne nous reste donc rien à donner au monde et aux désirs de la chair. Car comme le cœur est la source de toutes nos œuvres, tous ceux qui reviennent au Seigneur de tout leur cœur vivent uniquement pour Lui. Et ils ne se repentent pas vraiment ceux qui, s'arrêtant ici ou là, obéissent à Dieu mais pensent qu'en Le laissant de côté, il leur est loisible de servir le monde et la chair. Et parce que nous sommes flattés par la corruption naturelle de notre propre chair et ses affections méchantes, Il nous prie de revenir en jeûnant aussi, ce qu'il ne faut pas comprendre comme une abstinence superstitieuse et un choix de nourritures, mais comme une véritable discipline ou un apprivoisement de la chair, par quoi l'entretien de désirs sales et d'un orgueil et d'une désobéissance entêtée peuvent être ôtés et arrachés. À quoi il ajoute les pleurs et le deuil, qui incluent une profession extérieure de repentance, laquelle est très nécessaire afin que nous reconnaissions en partie la justice de Dieu, car nous attestons par ce moyen que nous méritions d'être punis par Lui, et en partie que nous arrêtions l'offense par laquelle nous scandalisions les faibles. David a vu cela, ne se contentant pas d'avoir pleuré ses péchés en privé, mais déclarant publiquement dans ses psaumes la justice de Dieu qui punit le péché, et arrêtant aussi ceux qui auraient abusé de son exemple pour pécher encore plus audacieusement. C'est pourquoi ceux qui ne confessent pas, ne reconnaissent pas leurs péchés et ne les pleurent pas sont encore plus loin de la vraie repentance mais se glorifient et se réjouissent de façon très impie.

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Maintenant, afin que nul ne pense que la repentance consiste seulement à pleurer et à s'endeuiller, il rappelle le principal de ce sujet quand il dit : « Déchirez votre cœur et non vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu ». Car les peuples de l'Orient avaient l'habitude de déchirer leurs vêtements si quoi que ce soit d'intolérable leur arrivait. Les hypocrites le faisaient parfois en faisant semblant et en persévérant, comme si toute la repentance consistait dans ce geste extérieur. Il enseigne alors qu'une autre manière est requise : c'est qu'ils doivent avoir le cœur contrit, qu'ils doivent détester totalement et abhorrer leurs péchés et s'en défier, et revenir au Seigneur leur Dieu dont ils s'étaient éloignés auparavant. Car Dieu ne prend aucun plaisir aux cérémonies extérieures, mais Il requiert un cœur contrit et humble, ce qu'Il ne méprise jamais, comme David l'atteste. Il n'y a donc pas d'autre but à ces cérémonies extérieures que de nous stimuler à servir la gloire de Dieu et à édifier les autres.

Il ajoute maintenant certaines pieuses raisons à cette doctrine ou exhortation, qu'il fonde sur la nature et les caractéristiques de Dieu, par lesquelles il enseigne que la vraie repentance n'est jamais sans fruit ni profit. Car, comme dans tout le reste le cœur des hommes défaille quand ils s'aperçoivent qu'ils travaillent en vain ; nous devons faire encore plus attention en cette matière, et veiller à ne pas tolérer nous-mêmes de nous laisser persuader que tout ce que nous faisons n'est que perte de temps : car soit un désespoir soudain se fait jour, soit une audace licencieuse à pécher, qui conduit à la longue au désespoir. Afin que rien de tout cela ne leur arrive, il leur certifie que Dieu est bon et qu'Il fait grâce, et qu'Il est toujours prêt à les réintégrer dans Sa faveur, s'ils se dépêchent de revenir à Lui. Et il le prouve dans les mêmes termes que Dieu quand Il se décrit et se présente à Moïse, parlant de cette manière : « Car Il est gracieux et miséricordieux, lent à la colère, d'une grande douceur, et qu'Il se repent du mal » ; c'est à dire, qu'Il est de ceux qui sont désolés de votre affliction. Premièrement, il L'appelle gentil et gracieux, comme quelqu'un qui est par nature plus prompt et disposé à faire le bien, qu'à punir. Ce passage du prophète Ésaïe semble relever de cette sorte, où il dit : « Que le méchant abandonne sa voie et l'inique ses propres projets, et qu'ils reviennent au Seigneur, et Il aura pitié d'eux, et à notre Dieu, qui est prêt à pardonner ». Deuxièmement, Il leur fait miséricorde, ou plutôt - selon le mot hébreu - Il a la miséricorde dans Ses tripes ; faisant référence à l'affection des parents pour leurs enfants. David l'exprime fort bien, quand il dit : « En tant que père, Il a compassion pour Ses enfants, tant le Seigneur a de compassion pour ceux qui Le craignent ; car Il sait de quoi nous sommes faits, Il se souvient que nous ne sommes que poussière ». Troisièmement, il dit qu'Il est lent à la colère, c'est à dire patient, et qu'Il ne se laisse pas facilement mettre en colère. Quatrièmement, Il est très tendre ; car Il est un puits sans fond de toutes bontés, qui se réjouit de nous faire du bien ; c'est pour cela qu'Il a créé les hommes, afin qu'Il ait quelqu'un à qui Il puisse faire du bien, et leur partager ses richesses célestes. Cinquièmement, Il se repent du mal ; c'est à dire qu'Il retient et révoque la punition dont il avait menacé, quand Il voit les hommes se repentir, revenir [à Lui] et se corriger.

Et ce n'est donc pas sans raison que nous détestons et abhorrons l'opinion damnable de ceux qui se répandent méchamment partout pour persuader le peuple simple et ignorant que s'il nous arrive, après que nous sommes venus à Dieu et greffés en Son Fils Jésus-Christ, de tomber dans quelque horrible péché, la repentance ne nous serait d'aucun profit, il n'y aurait plus d'espoir de réconciliation, ni d'être rétablis dans la faveur et la miséricorde de Dieu. Et pour présenter sous un meilleur jour leur erreur pestilentielle et pernicieuse, ils recourent habituellement aux chapitres 6 et 10 de l'épître aux Hébreux, et au chapitre 2 de la seconde épître de Pierre ; ne voyant pas que dans ces passages les saints Apôtres ne parlent pas des chutes quotidiennes auxquelles nous sommes sujets aussi longtemps que nous trimbalons notre corps de péché ; mais de l'éloignement définitif de Dieu et de Son Évangile, ce qui est un péché contre le Saint-Esprit, et qui ne sera jamais pardonné, parce que ceux qui abandonnent complètement la vérité qu'ils connaissent, détestent Christ et Sa Parole, Le crucifient et se moquent de Lui, pour leur destruction totale, et tombent donc dans le désespoir, sans pouvoir se repentir. Voilà le véritable sens du [péché contre le] Saint-Esprit de Dieu, tel qu'il apparaît dans de nombreux autres passages des Écritures, qui promettent à tous les pécheurs vraiment repentants, et à ceux qui reviennent de tout leur cœur au Seigneur leur Dieu, le pardon gratuit et la rémission de leurs péchés.

Pour prouver cela, nous lisons ceci : « Ô Israël », dit le saint prophète Jérémie, « si tu revenais, reviens à Moi, dit le Seigneur ; et si tu enlevais tes abominations de Ma vue, alors tu ne serais pas déporté ». Encore, voici les mots d'Ésaïe : « Que le méchant abandonne sa propre voie, et l'inique ses propres projets, et qu'ils reviennent au Seigneur, et Il leur fera miséricorde ; et à notre Dieu, car Il est prêt à pardonner ». Et dans le prophète Osée, les hommes pieux s'exhortent mutuellement de cette manière : « Venez, et revenons au Seigneur ; car Il nous a frappés, et Il nous guérira; Il nous a blessés, et Il nous rattachera [à Lui] ». Il est très évident et clair que ces choses doivent être comprises de ceux qui étaient avec le Seigneur avant, et qui se sont éloignés de Lui par leurs péchés et leur méchanceté. Car ce n'est pas revenir que d'aller à Celui avec qui nous n'avons jamais été avant, mais venir à Lui.

Maintenant, pour tous ceux qui veulent revenir sans feinte au Seigneur leur Dieu, la faveur et la miséricorde de Dieu, le pardon des péchés sont offerts gratuitement. Il s'ensuit nécessairement que bien qu'après être une première fois venus à Dieu, et avoir été greffés en Son Fils Jésus-Christ, nous tombons dans de grands péchés ; « car il n'y a aucun juste sur la terre qui ne pèche » ; et « si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous » ; cependant, si nous nous relevons par la repentance, et qu'avec le propos de corriger notre vie nous accourons à la miséricorde de Dieu, en nous y cramponnant par la foi en Son Fils Jésus-Christ, il y a un espoir sûr et infaillible de pardon et de rémission des péchés, et que nous serons rétablis dans la faveur de notre Père céleste.

David a écrit : « J'ai trouvé un homme selon Mon cœur » ; ou : « J'ai trouvé David, le fils de Jessé, un homme selon Mon propre cœur ; qui fera tout ce que Je veux ». Ceci est une pieuse recommandation pour David. Il est aussi très certain qu'il croyait fermement la promesse qui lui avait été faite visant le Messie qui devait venir de lui pour ce qui est de la chair ; et que par la même foi il a été justifié et greffé sur notre Seigneur Jésus-Christ qui devait venir : et cependant il a chuté horriblement après [cela],commettant un très détestable adultère et un crime damnable ; et malgré tout, aussitôt qu'il s'est écrié « J'ai péché envers le Seigneur », son péché étant pardonné, il a été rétabli dans la faveur [de Dieu].

Venons-en maintenant à Pierre, dont personne ne peut dire qu'il n'était pas greffé en notre Seigneur Jésus-Christ, longtemps avant son reniement. Ceci peut être facilement prouvé par la réponse qu'il fit, en son nom et au nom de ses collègues Apôtres, à notre Sauveur Jésus-Christ, quand Il leur a demandé : « Allez-vous vous en aller, vous aussi ? ». « Maître », dit-il, « à qui irions-nous ? Tu as les Paroles de la vie éternelle ; et nous croyons et savons que Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». À quoi on peut ajouter la même confession de Pierre, quand Christ lui a rendu ce témoignage infaillible : « Tu es béni, Simon, fils de Jonas ; car ni la chair ni le sang ne t'ont révélé cela, mais Mon Père qui est dans les cieux ». Ces paroles suffisent à prouver que Pierre était déjà justifié, par sa foi vivante dans le Fils unique engendré de Dieu, ce dont il a fait une confession si notable et solennelle. Mais après cela, n'a-t-il pas très piteusement renié son Maître, bien qu'il L'ait entendu dire : « Quiconque Me renie devant les hommes, Je le renierai devant Mon Père »? Néanmoins, aussitôt qu'il a reconnu son offense avec des larmes dans les yeux et le cœur, et que par une sérieuse repentance il s'est précipité vers la miséricorde de Dieu, en s'y cramponnant par la foi en Celui qu'il avait si honteusement renié, son péché lui fut pardonné, et, pour nous en assurer, sa charge d'Apôtre ne lui fut pas retirée. Mais maintenant, remarquez ce qui suit. Après que le même Apôtre a très abondamment reçu, à la Pentecôte, avec le reste des disciples, le don du Saint-Esprit, il n'a pas com-mis une petite offense à Antioche, en faisant douter les consciences des fidèles par son exemple ; si bien que Paul fut obligé de le reprendre face à face, parce qu'il ne marchait pas droitement, ou qu'il ne suivait pas la voie juste de l'Évangile. Dirons-nous maintenant qu'après cette grave offense, il fut totalement exclu et banni de la grâce et de la miséricorde de Dieu, et que sa transgression, qui était une pierre d'achoppement pour beaucoup, était impardonnable ? Dieu nous défend de le dire.

Mais ces exemples n'ont pas pour but que nous en tirions prétexte à pécher avec audace, présumant de la miséricorde et la bonté de Dieu, mais que si, à cause de la faiblesse de notre propre chair et de la tentation du diable, nous tombons dans de tels péchés, nous ne désespérions en aucune manière de la miséricorde et de la bonté de Dieu : Nous devons même prendre garde et faire attention à ne pas penser ainsi dans notre cœur, imaginant ou croyant que nous sommes capables de nous repentir comme il faut, ou de revenir effectivement au Seigneur, de nos propres forces. Car ceci se vérifie pour tout homme : « Sans Moi vous ne pouvez rien faire ». Et encore : « Par nous-mêmes, nous ne sommes même pas capables d'une bonne pensée ». Et dans un autre passage ; « C'est Dieu qui opère en nous la volonté et l'action ». À cause de cela, bien que Jérémie ait dit auparavant : « Si tu revenais, ô Israël ; reviens à Moi, dit le Seigneur » ; il a cependant dit après cela : « Reviens à moi, ô Seigneur, et je reviendrai ; car Tu es le Seigneur mon Dieu ». Et c'est pourquoi le saint écrivain et ancien Père qu'était Ambroise affirme clairement que la conversion du cœur à Dieu est [le fait] de Dieu ; comme le Seigneur Lui-même l'atteste par Son prophète, en disant : « Et Je te donnerai un cœur pour Me connaître, car Je suis le Seigneur ; et ils seront Mon peuple, et Je serai leur Dieu ; car ils reviendront à Moi de tout leur cœur ».

Ces choses étant bien considérées, prions sérieusement le Dieu vivant, notre Père céleste, afin qu'Il nous accorde par Son Saint-Esprit d'opérer en nous une repentance vraie et sincère; afin que, après les durs travails de cette vie, nous puissions vivre éternellement avec Son Fils Jésus-Christ : à Qui soient toute louange et toute gloire, pour les siècles des siècles. Amen.

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{70} 2. Vous avez entendu jusqu'ici, bien-aimés, combien la doctrine de la repentance est nécessaire ; et comme elle est sérieusement mise en avant dans toutes les Écritures de Dieu, tant par les prophètes anciens que par notre Sauveur Jésus-Christ et Ses Apôtres ; et cela, pour autant que ce soit une conversion ou un retour de l'homme tout entier à Dieu, dont nous nous éloignons par le péché, ces quatre points doivent être observés : c'est à dire d'où ou de quoi nous devons revenir ; vers qui nous devons revenir ; quels moyens nous devons employer pour ce faire, afin que cela soit effectif ; en enfin, comment nous devons nous comporter à cette occasion, afin que cela nous soit profitable, et que nous obtenions par là ce que nous recherchons. Vous avez également appris que l'opinion de ceux qui nient le bénéfice de la repentance à ceux qui après qu'ils sont venus à Dieu et ont été greffés en notre Sauveur Jésus-Christ, et à cause de la faiblesse de leur chair et de la tentation du diable, tombent dans quelque péché grave et détestable, est [une opinion] pestilentielle et pernicieuse ; nous devons donc faire attention à ne pas penser que nous serions capables, de nous-mêmes et par nos propres forces, de revenir au Seigneur notre Dieu, de Qui nous nous sommes éloignés par notre méchanceté et notre péché. Maintenant, il faut vous énoncer les véritables conditions de la repentance, et [tout] ce qui doit nous pousser à nous repentir et à revenir bien vite au Seigneur notre Dieu.

La repentance, comme cela a déjà été dit, est un véritable retour à Dieu par lequel les hommes, abandonnant complètement leur idolâtrie et leur méchanceté, embrassent l'amour avec une foi vivante, rendent un culte uniquement au Dieu vivant et vrai, et s'adonnent à toutes sortes d'œuvres bonnes, qu'ils savent être agréables à Dieu, selon Sa Parole. Maintenant, il y a 4 conditions à la repentance ; lesquelles, étant liées ensemble, peuvent être comparées à une échelle, par laquelle nous remontons du puits sans fond de la perdition où nous nous précipitons à cause de nos offenses quotidiennes et de nos péchés graves, jusqu'au château fort ou au donjon du Salut éternel.

La première [condition] est la contrition du cœur. Car nous devons regretter sérieusement nos péchés, et nous lamenter et pleurer sans feinte d'avoir si gravement offensé en cela notre très généreux et miséricordieux Dieu, Lui qui nous aime si tendrement qu'Il a livré Son Fils unique engendré pour mourir d'une mort très amère, et pour répandre Son sang, cher à Son cœur, pour notre rédemption et notre délivrance. Et en vérité, cette tristesse et douleur intérieure, qui est conçue dans le cœur par la haine du péché, si elle est sérieuse et sincère, est un sacrifice pour Dieu ; comme le saint prophète David l'atteste, en disant ; « Un sacrifice à Dieu est un esprit troublé ; un cœur contrit et brisé, ô Seigneur, Tu ne le méprise pas ». Mais pour que cela se produise en nous, nous devons nous impliquer à lire des Écritures, Parole de Dieu qui dépeint sous nos yeux et de manière animée notre impureté naturelle et l'énormité de notre vie de péché. Car, à moins que nous ayons pleine conscience de nos péchés, comment pourrions-nous en éprouver sérieusement le remord ? Avant que David entende la Parole de Dieu par la bouche du prophète Nathan, quel poids, je vous prie, avait-il sur le cœur à cause de l'adultère et du meurtre qu'il avait commis ? De sorte qu'on peut justement dire qu'il se vautrait dans son propre péché. Nous lisons dans les Actes des Apôtres que quand la foule a entendu le sermon de Pierre, leur cœur fut pris de componction. Et cela ne serait jamais arrivé, s'ils n'avaient entendu le très sain sermon de Pierre. C'est pourquoi il n'y a que peu d'espoir que ceux qui ne pensent pas à lire ni à écouter la Parole de Dieu mettent le pied, ne serait-ce qu'une fois, ou saisissent le premier barreau de cette échelle, mais ils couleront plutôt toujours plus profondément dans le puits sans fond de la perdition. Car, s'ils éprouvent tant soit peu de remords dans leur conscience, laquelle les accuse, ils ressentent la douleur intérieure, la tristesse, ou le poids de leurs péchés ; car tant qu'ils manquent du baume et du réconfort de la Parole de Dieu qu'ils méprisent, ce sera pour eux le moyen de les amener à un désespoir complet plutôt qu'à autre chose.

La seconde condition est une confession sincère et la reconnaissance de nos péchés envers Dieu que nous avons si gravement offensé, car s'Il nous traitait selon Sa justice, nous avons mérité mille enfers, s'il était possible qu'il y en eût autant. Cependant, si, avec un cœur attristé et contrit, nous en faisons la confession sincère à Dieu, Il nous pardonnera franchement et gratuitement, et Il bannira de Sa mémoire le souvenir de notre méchanceté envers Sa Majesté, et Il n'y pensera plus. Une parole d'or de David relève de ce point, dans laquelle il dit : « Je reconnais mon péché envers Toi, et je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit, je confesserai à mon encontre ma méchanceté envers le Seigneur ; et Tu as pardonné l'impiété de mon péché ». Ce sont aussi les paroles de Jean l'Évangéliste : « Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et pour nous purifier de toute notre méchanceté ». Ce qui doit être compris de la confession faite à Dieu. Car voici les paroles de St Augustin : « Cette confession, faite à Dieu, est exigée par la Loi de Dieu ; c'est pour cette raison que l'Apôtre Jean a dit : 'Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés, et pour nous purifier de toute notre méchanceté.' Car, sans cette confession, le péché n'est pas pardonné ». Telle est la confession principale que les Écritures et la Parole de Dieu nous prient de faire ; et sans laquelle nous n'obtiendrons jamais le pardon de nos péchés.

En effet, à côté de cela il existe une autre sorte de confession, qui est nécessaire. Et à ce sujet St Jacques s'exprime de cette façon, en disant : « Avouez vos fautes les uns aux autres, priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés ». C'est à dire : « Dévoile ce qui te fait mal, afin qu'on puisse en trouver le remède ». Et ceci est commandé aussi bien à celui qui se confesse qu'à celui qui écoute, afin que le premier montre sa douleur à l'autre. La véritable signification de ceci est que les fidèles doivent reconnaître leurs offenses, quand quelque haine, rancœur, rancune ou malice ont surgi ou se sont accrues entre eux, afin qu'une réconciliation fraternelle puisse avoir lieu, en dehors de laquelle rien de ce que nous pourrions faire n'est acceptable par Dieu ; comme notre Sauveur Jésus-Christ en témoigne Lui-même, en disant : « Quand tu apportes ton offrande à l'autel, si tu te souviens que ton frère a de la haine contre toi, laisse là ton offrande, et va te réconcilier, et, quand tu es réconcilié, viens présenter ton offrande ». Cela peut aussi être interprété [en ce sens] que nous devons confesser nos faiblesses et infirmités les uns aux autres, afin que, sachant les faiblesses les uns des autres, nous puissions plus sérieusement prier ensemble Dieu Tout-Puissant, notre Père céleste, de nous accorder le pardon de nos infirmités, pour l'amour de Son Fils Jésus-Christ, et ne pas nous les imputer, quand Il rendra à chacun selon ses œuvres.

Et, tandis que les adversaires tentent d'arracher ce passage [de la Bible], pour maintenir leur confession auriculaire, ils se trompent eux-mêmes grandement, et trompent honteusement les autres car si ce texte devait être compris de la confession auriculaire, alors les prêtres sont encore plus obligés de se confesser au peuple des laïcs, que les laïcs de se confesser à eux. Et si prier c'est absoudre, alors selon ce passage les laïcs ont toute autorité pour absoudre les prêtres, autant que les prêtres pour absoudre les laïcs. C'est ce que Jean Duns Scot a bien compris, en commentant ainsi ce passage : « Il ne me semble pas que Jacques nous commande cela, ou qu'il l'ait mis en avant comme étant reçu de Christ. Car, d'abord et avant tout, n'avait-il pas autorité pour lier l'Église toute entière, étant le seul évêque de l'Église de Jérusalem ? Sauf que cette Église était l'Église-mère au début, et de fait il était l'évêque-primat [de toute l'Église], ce que le siège de Rome n'accordera jamais. L'interprétation du passage : 'Confessez vos péchés les uns aux autres' est celle-ci : [c'est] une invitation à l'humilité, par laquelle il veut que nous confessions généralement à notre prochain que nous sommes pécheurs, d'après ce passage : ‘Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous’ ».

Et quand ils font référence à cette déclaration de notre Sauveur Jésus-Christ au lépreux pour prouver que la confession auriculaire est fondée sur la Parole de Dieu : « Va et montre-toi au prêtre », ne voient-ils pas que le lépreux a été purifié de sa lèpre avant que Christ ne l'envoie se montrer au prêtre ? Pour la même raison, nous devons être purifiés de notre lèpre spirituelle, je veux dire qu'il faut que nos péchés nous soient pardonnés avant que nous arrivions à la confession. Qu'avons-nous donc besoin de déclarer nos péchés à l'oreille du prêtre, s'ils sont déjà effacés ? C'est pourquoi St Ambroise, dans son second sermon sur le psaume 119, dit fort bien : « Va te montrer au prêtre ; qui est le vrai prêtre, sinon Celui qui est Prêtre pour toujours, selon l'ordre de Melchisédek ? ». Par là, ce saint père comprend que, la prêtrise et la Loi étant modifiées, nous ne devons reconnaître aucun autre prêtre pour la délivrance de nos péchés que notre Sauveur Jésus-Christ qui, étant Évêque souverain, par le sacrifice de Son corps et de Son sang, offerts une fois pour toutes sur l'autel de la croix, a très effectivement purifié la lèpre spirituelle et effacé les péchés de tous ceux qui recourent à Lui par une vraie confession.

Il est très évident et clair que la confession auriculaire n'est pas basée sur la Parole de Dieu; elle n'était pas licite pour Nectaire, évêque de Constantinople, qui a saisi l'occasion de la laisser tomber. Car, quand l'obscénité des hommes abuse d'une chose ordonnée par Dieu, cet abus doit être supprimé, et seul ce qui est ordonné par Dieu doit être toléré. En outre, voici les paroles même de St Augustin : « Qu'ai-je à faire avec des hommes pour qu'ils entendent ma confession, comme s'ils étaient capables de guérir mon mal ? C'est un curieux genre d'hommes que ceux qui savent la vie des autres, et sont paresseux pour corriger et amender la leur. Pourquoi sondent-ils mon cœur, [pour savoir] ce que je suis, alors qu'ils ne veulent pas écouter ce qu'ils sont, venant de toi ? Et comment peuvent-ils dire, quand ils m'écoutent parler de moi, si je dis la vérité ou non; car 'Nul mortel ne sait ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit qui est dans cet homme' ? » Augustin n'aurait pas écrit cela, si la confession auriculaire avait été en usage de son temps. N'étant pas conduits à cela en conscience, employons-nous avec crainte et tremblement, et avec un cœur vraiment contrit, à faire cette sorte de confession que Dieu nous commande dans Sa Parole ; et alors, nul doute que, comme « Il est fidèle et juste, Il nous pardonnera nos péchés, et nous purifiera de toute méchanceté ». Je ne dis pas autre chose que si notre conscience est troublée, on peut recourir à un curé ou pasteur instruit, ou à quelqu'autre savant pieux, et lui exposer le trouble et le doute de notre conscience, afin de recevoir de lui le baume réconfortant de la Parole de Dieu : mais il est contraire à la vraie liberté chrétienne qu'un homme soit obligé de décompter ses péchés, comme c'est l'usage jusqu'ici, dans ce temps d'aveuglement et d'ignorance.

La troisième condition de la repentance est la foi ; par quoi nous appréhendons et saisissons les promesses de Dieu visant le pardon gratuit de nos péchés : et ces promesses sont scellées en nous par la mort et l'effusion du sang de Son Fils Jésus-Christ. Car, quel avantage et profit y aurait-il pour nous à regretter nos péchés, à nous lamenter et à pleurer pour avoir offensé notre très généreux et miséricordieux Père, ou à confesser et à reconnaître nos offenses et nos transgressions, si ce n'est jamais fait sérieusement, à moins que nous croyions fermement, et que nous soyons complètement convaincus que Dieu, pour l'amour de Son Fils Jésus-Christ, nous pardonnera tous nos péchés, et les bannira de Sa mémoire et de Sa vue ? C'est pourquoi ceux qui enseignent la repentance sans une foi vivante en notre Sauveur Jésus-Christ, n'enseignent rien d'autre que la repentance de Judas : comme le font tous les scolaires qui n'autorisent que ces trois conditions de la repentance que sont la contrition du cœur, la confession de la bouche, et la satisfaction par les œuvres. Mais tout cela, nous le trouvons dans la repentance de Judas, qui, en apparence et extérieurement, dépassait de loin la repentance de Pierre. Car, d'abord et avant tout, nous lisons dans l'Évangile que Judas était si triste et avait le cœur si lourd, oui, et qu'il était rempli d'une telle angoisse et contrariété pour ce qu'il avait fait, qu'il ne pouvait plus supporter de vivre. N'a-t-il pas également, avant de se pendre, ouvertement confessé sa faute, quand il a dit : « J'ai péché en trahissant le sang innocent » ? Et en vérité c'était une confession très courageuse, qui aurait pu lui procurer de gros ennuis. Car par là, il a accusé le grand prêtre et les anciens d'avoir répandu un sang innocent, et qu'ils étaient de très abominables meurtriers. Il a également fait une sorte de satisfaction, quand il a leur lancé leur argent pour le leur rendre. Nous ne lisons rien de tel au sujet de Pierre, bien qu'il ait commis un péché très détestable, et une offense très grave, en reniant son Maître. Nous trouvons qu'il est sorti et a pleuré amèrement ; ce dont Ambroise parle de la manière suivante : « Pierre était désolé et pleurait, parce qu'il avait erré en tant qu'homme. Je ne trouve pas qu'il aurait dit : Je sais qu'il a pleuré. Je lis qu'il a versé des larmes, mais rien au sujet de sa réparation ». Mais peut-être que l'un a été rétabli dans la faveur de Dieu, et que l'autre a été rejeté, parce que l'un a saisi la miséricorde de Dieu avec une foi vivante en Celui qu'il avait renié ; et que l'autre manquait de foi et a désespéré de la bonté et de la miséricorde de Dieu? Il est alors évident et clair que, bien que nous ne soyons jamais assez sérieusement désolés à cause de nos péchés, nous devons les reconnaître et les confesser ; cependant tout cela n'est qu'un moyen pour nous amener à un désespoir total, sauf si nous croyons fermement que Dieu, notre Père céleste, et pour l'amour de Son Fils Jésus-Christ, nous pardonnera nos offenses et transgressions, et les bannira complètement de Sa mémoire et de Sa vue. C'est pourquoi, comme nous l'avons déjà dit, ceux qui enseignent la repentance sans Christ ni une foi vivante dans la miséricorde de Dieu, n'enseignent que la repentance de Caïn ou de Judas.

La quatrième [condition] est l'amendement de la vie, ou une vie nouvelle, pour produire les fruits dignes de la repentance. Car ceux qui se repentent vraiment doivent en être radicalement changés ; ils doivent devenir des créatures nouvelles ; ils ne doivent plus être les mêmes qu'avant. Et c'est pourquoi, voici ce que disait Jean Baptiste aux Pharisiens et Sadducéens qui venaient à son baptême : « Ô génération de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui doit venir ? Produisez donc des fruits dignes de la repentance ». Nous apprenons par là que si nous voulons voir la colère de Dieu s'apaiser, nous ne devons en aucune façon dissimuler [nos péchés], mais recourir à Lui avec une repentance vraie et profonde, ce qui se remarque et se voit aux bons fruits qui en sont le signe le plus sûr et infaillible. Ceux qui reconnaissent leurs péchés du fond du cœur, et qui sont sincèrement désolés de leurs offenses, rejettent toute hypocrisie et revêtent la vraie humilité du cœur. Non seulement ils recevront le médecin de l'âme, mais aussi un fervent désir de Le recevoir. Non seulement ils s'abstiendront des péchés de leur vie précédente, et de tous les autres vices sales, mais aussi ils fuiront, éviteront et détesteront tout ce qui en fournit l'occasion. Et, de même qu'ils s'adonnaient à une vie impure, ils s'adonneront désormais, avec grand soin, à l'innocence, à la pureté de vie et à la vraie piété.

Nous avons l'exemple des Ninivites qui, à la prédication de Jonas, ont non seulement proclamé un jeûne général, et que chacun se couvre de toile à sac ; mais ils sont aussi revenus de leurs mauvaises voies, et de la méchanceté que faisaient leurs mains. Mais par dessus tout, l'histoire de Zachée est remarquable : car étant venu à notre Seigneur Jésus-Christ, il a déclaré : « Vois, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres ; et si j'ai fraudé quelqu'un, je lui restitue le quadruple ». Nous voyons ici qu'après sa repentance, il n'était plus l'homme qu'il était auparavant, mais il était changé et transformé. Il était si loin de vouloir continuer et de demeurer dans sa cupidité insatiable, ou de voler frauduleusement qui que ce soit, qu'il aurait plutôt donné de son propre [bien] pour dédommager tous ceux à qui il avait fait du tort. Ici, nous pouvons justement ajouter la femme pécheresse qui, quand elle vint à notre Sauveur Jésus-Christ, a déversé une telle abondance de larmes de ses yeux dépravés, avec lesquels elle avait en attiré beaucoup dans [sa] folie, qu'elle a lavé Ses pieds avec, les essuyant avec ses cheveux, dont elle était très glorieusement pourvue, et dont elle se servait comme d'un piège du diable. Ici nous apprenons ce qu'est la satisfaction que Dieu requiert de nous : que nous cessions de faire le mal, et que nous fassions le bien ; et, si nous avons fait quelque tort à quelqu'un, que nous nous efforcions de le dédommager autant qu'il est en notre pouvoir, suivant en cela l'exemple de Zachée et de la femme pécheresse, et aussi la pieuse leçon que Jean Baptiste, le fils de Zacharie, a donnée à ceux qui venaient lui demander conseil.

Telle était habituellement la pénitence que Christ imposait aux pécheurs : « Va ton chemin, et ne pèche plus ». Laquelle pénitence nous ne serons jamais capables d'accomplir sans la grâce spéciale de Celui qui a dit : « Sans Moi vous ne pouvez rien faire ». C'est donc notre rôle, si tout au moins nous désirons pour nous la santé et le Salut, de prier très sérieusement notre Père céleste de nous assister de Son Saint-Esprit ; afin que nous soyons à même d'entendre la voix du vrai berger, et de Le suivre, dans l'obéissance qui Lui est due. Écoutons la voix de Dieu Tout-Puissant, quand Il nous appelle à a repentance ; n'endurcissons pas notre cœur, comme les infidèles qui abusent du délai que Dieu leur donne pour se repentir, et en profitent pour persévérer dans leur orgueil et leur mépris de Dieu et des hommes ; qui ne savent pas combien ils « accumulent la colère de Dieu sur leur tête, à cause de la dureté de leur cœur, et qu’ils ne pourront plus se repentir au jour de la vengeance ». Si nous avons désobéi à la Loi de Dieu, repentons-nous de nous être détournés d'un si bon Seigneur. Confessons nos iniquités devant Lui ; mais faisons confiance à la miséricorde gratuite de Dieu, qui nous pardonne pour l'amour de Christ. Et efforçons-nous dorénavant de marcher dans une vie nouvelle, comme des enfants nouveau-nés, et glorifions ainsi notre Père qui est dans les cieux, et portons par là un bon témoignage de foi dans notre conscience ; de telle sorte que nous obtenions enfin la réalisation de la vie éternelle, par les mérites de notre Sauveur : à Qui soient toute louange et tout honneur, éternellement. Amen.

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{71} 3. Dans la dernière homélie qui vous a été prononcée, bien-aimés en Christ notre Sauveur, vous avez entendu les vraies conditions et gages de la repentance : c'est à dire, une contrition sincère et la tristesse dans notre cœur ; une confession sincère et à haute voix de notre vie indigne de Dieu ; une foi ferme en les mérites de Christ notre Sauveur pour notre pardon ; le propos de renoncer à notre vie antérieure méchante ; et une pleine conversion à Dieu dans une vie nouvelle ; pour glorifier Son Nom, et pour vivre dans l'ordre et la charité, pour réconforter notre prochain en toute justice ; et pour vivre nous-mêmes sobrement et modestement, en pratiquant l'abstinence et la tempérance en paroles et en actes, en « mortifiant nos membre terrestres ». Maintenant, pour mieux vous persuader et vous pousser à [prendre en compte] ces conditions de la repentance, je vais vous dire les raisons qui devraient plutôt vous inciter à la repentance.

Premièrement, le Commandement de Dieu, qui en de très nombreux passages des Écritures saintes et sacrées nous prie de revenir à Lui. « Ô vous, enfants d'Israël », dit-Il, « revenez de votre infidélité, dans laquelle vous vous êtes noyés ». Et encore : « Détournez-vous, détournez-vous de vos mauvaises voies : car pourquoi voulez-vous mourir, ô vous, maison d'Israël ? ». Et dans un autre passage, Il parle ainsi par Son prophète Osée : « Ô Israël, reviens au Seigneur ton Dieu ; car tu es tombé bien bas par ton iniquité. Prenez pour vous ces Paroles, quand vous revenez au Seigneur, et dites-Lui : 'Ôte toute iniquité, et reçois-nous gracieusement; alors nous T'offrirons des sacrifices de nos lèvres ». Dans tous ces passages, nous avons un commandement exprès qui nous est donné par Dieu de revenir à Lui. C'est pourquoi nous devons prendre bien garde à nous-mêmes afin que, tandis que nous avons déjà provoqué et allumé la colère de Dieu contre nous par nos multiples péchés et transgressions, nous doublons nos offenses en transgressant Son Commandement, et accumulons encore des [motifs de] damnation sur nos propres têtes par nos offenses et transgressions quotidiennes, par quoi nous attirons le regard de Sa Majesté. Nous mériterions - s'Il nous traitait selon Sa justice - d'être bannis pour toujours de Sa gloire à venir. Combien plus méritons-nous alors les tourments sans fin de l'enfer si, lorsque nous sommes gentiment rappelés après notre rébellion et commandés de revenir, nous ne voulons en aucune façon entendre la voix de notre Père céleste, mais continuer de suivre l'entêtement de notre propre cœur !

Deuxièmement, la très douce et réconfortante promesse que le Seigneur notre Dieu, par Sa simple miséricorde et bonté, a jointe à Son Commandement. Car Il ne dit pas seulement : « Reviens à Moi, Ô Israël » ; mais aussi : « Si tu reviens, et fais disparaître tes abominations de Ma vue, tu ne seras jamais déporté ». Nous avons également ces Paroles dans le prophète Ézéchiel : « Quel que soit le moment où un pécheur se repent du fond du cœur de son péché, Je bannirai toute sa méchanceté de Ma mémoire, dit le Seigneur, de sorte qu'on n'y pensera plus ». Ainsi, nous sommes suffisamment instruits [du fait] que Dieu, selon Sa promesse, pardonnera gratuitement et oubliera tous nos péchés, de sorte que ils ne nous seront jamais jetés à la figure si, obéissant à Son Commandement, et incités par Ses douces promesses, nous revenons à lui sans feinte.

Troisièmement, la saleté du péché est telle qu'aussi longtemps que nous y persévérons, Dieu ne peut que nous détester et nous abhorrer, et nous ne pouvons avoir aucun espoir d'entrer dans la Jérusalem céleste, sauf si nous sommes d'abord lavés et purgés. Et cela n'arrivera jamais, sauf si, abandonnant notre vie antérieure, nous revenons au Seigneur notre Dieu de tout notre cœur et qu'avec le propos sérieux d'amender notre vie, nous accourons à Sa miséricorde, nous y agrippant fermement par la foi dans le sang de Son Fils Jésus-Christ. Si nous soupçonnons quelque impureté en nous, ce pourquoi le prince de ce monde terrestre nous déteste et abhorre notre seule vue, quelles peines ne prendrions-nous pas pour y remédier ! Combien plus devons-nous ôter cette sale impureté avec toute notre attention et application, laquelle impureté nous divise entre nous et nous sépare de notre Dieu, qui nous cache Sa face pour ne pas nous entendre ! Et en vérité on voit ici combien le péché est une chose dégoûtante, ne pouvant être lavé par aucun autre moyen que le sang du seul Fils engendré de Dieu, notre Sauveur et rédempteur, pour nous en débarrasser. Platon a écrit à un certain endroit que, si la vertu pouvait se voir avec les yeux du corps, tous les hommes s'enflammeraient et se prendraient à l'aimer. Et même, au contraire, si nous pouvions voir avec nos yeux corporels la saleté du péché et son impureté, nous n'y demeurerions en aucune façon, mais nous le détesterions et l'éviterions comme un poison mortel. Nous en avons une expérience commune avec ceux qui, quand ils ont commis quelque détestable offense ou quelque péché abominable et sale, s'il vient au jour, ou s'ils ont la chance d'en avoir une sensation profonde, leur propre conscience leur mettant sous les yeux la saleté de leur acte, ils en ont si honte qu'ils n'osent plus regarder les gens en face, et encore moins se tenir sous le regard de Dieu.

Quatrièmement, les incertitudes et la fragilité de notre propre vie qui est telle que nous ne pouvons pas être sûrs de vivre encore une heure, ou même un quart d'heure. Et par l'expérience quotidienne nous savons que c'est vrai : ceux qui sont maintenant joyeux et vigoureux, et font parfois la fête et des banquets avec leurs amis, tombent subitement morts dans la rue, ou [s'écroulent] sous la table quand ils sont encore en plein repas. Ces exemples quotidiens, qui sont particulièrement terribles, devraient nous pousser à chercher à nous réconcilier avec notre juge céleste ; afin d'apparaître devant Lui avec une bonne conscience, quand il Lui plaira de nous appeler, que ce soit soudainement ou autrement ; car nous n'avons pas plus le droit de vivre qu'eux. Mais autant nous sommes très certains que nous allons mourir, autant nous sommes très incertains de la date de notre mort. Car notre vie repose dans les mains de Dieu, qui nous l'ôtera quand il Lui plaira. Et en vérité, quand la plus grande menace, la mort, viendra, on ne pourra pas lui dire non ; mais nous devrons immédiatement faire nos valises, pour nous présenter au tribunal de Dieu, tels qu'Il nous aura trouvés ; selon ce qui est écrit : « Comme l'arbre tombe, soit vers le sud, ou vers le nord, il restera couché là ». St Cyprien, le saint martyr de Dieu, est d'accord avec cela, quand il dit : « Tel Dieu te trouve quand Il t'appelle, tel Il te juge ». Suivons donc le conseil du sage, qui dit : « Ne tarde pas à revenir au Seigneur ; et ne le reporte pas de jour en jour. Car la colère de Dieu éclatera soudainement, et tu seras détruit malgré ton [illusion de] sécurité, et tu périras à l'heure de Sa vengeance ». Et je souhaite que vous notiez avec soin ces paroles, parce qu'elles nous mettent bien sous les yeux le penchant de beaucoup d'hommes qui, abusant de la patience et de la bonté de Dieu, ne pensent jamais à se repentir ni à corriger leur vie. « Ne suis pas ta propre pensée et ta force », dit-il, « pour marcher dans les voies de ton cœur, et ne dis pas 'Qui me fera descendre à cause de mes œuvres ?' Car le Dieu vengeur vengera les torts que tu as faits. Et ne dis pas 'J'ai péché, et quel mal cela m'a procuré ?' Car le Tout-Puissant est patient [et long à sanctionner] ; mais Il ne te laissera pas impuni. Parce que tes péchés te sont pardonnés, crains d'accumuler péché sur péché. Ne dis pas non plus 'La miséricorde de Dieu est grande, Il me pardonnera mes multiples péchés'. Car de Lui vient la miséricorde comme la colère, et Son indignation vient sur les pécheurs non repentants ». C'est comme si vous disiez « Es-tu fort et puissant ? Es-tu jeune et vigoureux ? Possèdes-tu les richesses du monde? Ou, quand tu as péché, as-tu reçu une punition pour cela ? » Qu'aucune de ces choses ne te retienne de te repentir et de revenir bien vite au Seigneur ; car au jour du châtiment et de Sa vengeance soudaine, elles ne te seront d’aucun secours. Et spécialement quand tu es appelé à la repentance, soit par la Parole de Dieu, soit par quelqu'autre moyen, ne néglige pas l’occasion qui t'est offerte ; afin que quand tu voudras bien te repentir, tu n'aies plus la grâce de le faire. Car se repentir est un don de Dieu, qu'Il n'accordera jamais à ceux qui, vivant dans une [fausse] sécurité charnelle, se moquent de Ses menaces, ou cherchent à diriger Son [Saint-] Esprit comme ils veulent, comme si Ses œuvres et Ses dons dépendaient de leur volonté.

Cinquièmement, éviter les plaies de Dieu et la destruction totale qui, par Son juste jugement, sont suspendues au-dessus de la tête de tous ceux qui ne veulent surtout pas revenir au Seigneur. « Je donnerai », dit le Seigneur, « une plaie terrible à tous les royaumes de la terre, ils seront l'objet de reproches, ou de proverbes, ou de malédictions, dans tous les lieux où Je les jetterai, et J'enverrai parmi eux l'épée, la famine, et la pestilence, jusqu'à ce qu'ils aient disparu de la terre ». Et pourquoi cela ? Parce qu'ils ont endurci leur cœur, et ne veulent à aucun prix revenir de leurs voies mauvaises, ni abandonner la méchanceté de leurs mains, et que la férocité de la furie du Seigneur ne s'éloigne d'eux. Mais ceci n'est rien en comparaison des tourments intolérables et sans fin du feu de l'enfer, dont ils disent qu'ils ont envie de les subir, eux qui « à cause de la dureté de leur cœur ne peuvent pas se repentir, accumulent la colère sur eux avant le jour de la colère et de la déclaration du juste jugement de Dieu ». Tandis que, si nous nous repentons et sommes sincèrement désolés à cause de nos péchés, ayant le propos déterminé de corriger notre vie, et si nous accourons à la miséricorde de notre Dieu, et nous y cramponnant par la foi en notre Sauveur Jésus-Christ, et que nous produisons des fruits dignes de la repentance, non seulement Il nous couvrira de Ses multiples bénédictions dans ce monde, mais à la fin, après les durs travails de cette vie, Il nous récompensera avec l'héritage de Ses enfants, qui est le royaume des cieux, acquis pour nous par la mort de Son Fils Jésus-Christ notre Seigneur. À Qui, avec le Père et le Saint-Esprit, soient toute louange, toute gloire et tout honneur, éternellement. Amen.