AMANT DE MON ÂME

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Béni [soit] Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation ; qui nous console dans toute notre affliction, afin que par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu, nous puissions consoler ceux qui sont en quelque affliction que ce soit. Car comme les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde aussi par Christ. » (2 Corinthiens 1.3-5).

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Jésus, amant de mon âme’ est le titre du plus beau cantique anglican pour la beauté de son langage et de son expression. Je ne le contesterai à aucun admirateur de ce cantique ; cependant, je crois que tout pieux cantique ancien a une place dans nos recueils et un but qui lui sont propres, comme s’ils étaient inspirés de Dieu. Ce cantique est d’un grand réconfort pour les sauvés de Dieu. Il exalte le glorieux Salut dont nous sommes les bénéficiaires, tout en évitant avec tact de mentionner les grandes souffrances et les tortures subies par notre Seigneur au Calvaire pour nous obtenir ce Salut. Il souligne Son Amour, plutôt que Ses souffrances.

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L’auteur, Charles Wesley (1707-1788, leader du mouvement Méthodiste et auteur de plus de 6.500 cantiques) prêchait ce que certains voyaient comme une nouvelle doctrine de l’Évangile avec laquelle de nombreux membres du clergé de son temps étaient en désaccord. Charles et son frère John étaient souvent épuisés par leur prédication, mais ils ont persévéré à tout prix. Ci-dessous, vous trouverez une citation d’un descendant d’une famille irlandaise qui fut témoin d’un jour où Charles fut menacé par la foule. Le cantique lui-même fut composé en 1740, après cet épisode où il fut confronté à un grand danger.

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« Madame mary Hoover, de Bellefonte, en Pennsylvanie, dont la grand-mère était l’héroïne de l’histoire, a confié à son Pasteur cette tradition familiale : Charles Wesley était en train de prêcher dans un champ, sur la paroisse de Killyleagh, dans le Comté de Down, en Irlande, quand il fut attaqué par des hommes qui n’approuvaient pas ses doctrines. Il a cherché refuge dans une maison située sur la Ferme de la Grange de l’Île. La femme du fermier, Jane Lowrie Moore, lui dit de se cacher dans la laiterie, au fond du jardin. La foule en colère arriva bientôt à la ferme et demanda où se trouvait le fugitif. Elle essaya de les calmer en leur offrant des rafraîchissements. Elle descendit à la laiterie pour dire à Mr. Wesley de passer par la fenêtre donnant sur l’arrière et de se cacher sous la haie, où coulait un petit ruisseau. Dans cette cachette, il entendait les cris de ses poursuivants tout autour de lui, et il écrivit ce cantique immortel. Des descendants de Madame Moore habitent toujours dans cette maison, qui est pratiquement restée dans l’état où elle se trouvait à l’époque de Wesley ».

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Il y a au moins quatre airs différents pour ce cantique, dont trois sont présents dans le recueil de 1940. « Aberystwyth », de Joseph Parry, en est le premier et mon favori. Les autres airs sont de Hollingside, Martyn et St. Fabian.

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JÉSUS, AMANT DE MON ÂME

§1. Jésus, amant de mon âme,

Laisse-moi voler à ton sein,

Pendant que coule l’eau toute proche,

Et que la tempête fait rage :

Cache-moi, Ô mon Sauveur, cache-moi,

Jusqu’à ce que l’orage de la vie soit passé ;

En sécurité jusqu'au port,

Ô reçois mon âme, enfin.

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§2. Je n’ai pas d’autre refuge,

Accroche-toi à mon âme désespérée ;

Ne me laisse pas, ah ! Ne me laisse pas seul !

Soutiens-moi et réconforte-moi !

Je mets toute ma confiance en toi ;

Je tiens de toi toute mon aide ;

Couvre ma tête sans défense

De l’ombre de ton aile.

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§3. Plein de grâce se trouve auprès de toi,

Une grâce qui lave de tout péché ;

Que les ruisseaux guérissants abondent,

Rends-moi et garde-moi pur, là-dedans.

Tu es l’artisan de la source de vie,

Laisse-moi y puiser gratuitement :

Et que tu jaillisses dans mon cœur,

M’élevant à toute éternité.

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§1. Le cœur de Jésus est le seul cœur parfait et pur qui ait jamais existé dans la chair. Il est pur et déborde d’éternels flots d’amour, dont les eaux prennent leur source tout en haut des Cieux. Ce cœur est caché dans le sein de notre Seigneur ; il est capable de fournir un refuge à tout pécheur repentant et sincère qui cherche et réclame la protection de ce sanctuaire. Dans cette vie mortelle, chaque minute de chaque jour nous rapproche des eaux rugissantes du Jourdain, au-delà desquelles se trouve notre récompense éternelle. Bien que le bruit de ces tourbillons voraces puisse nous désemparer, ceux qui sont en Christ savent qu’Il est capable de calmer la tempête et même de cheminer sur ces eaux. J’aime la prière du soir qui se trouve sous le titre ‘Prières en famille’, ‘Prières additionnelles’ du Livre de la Prière Commune de 1928. Elle exprime si merveilleusement cette proximité de la fin de nos jours dans cette vie terrestre, et les conclut par une joyeuse réception dans notre dernière demeure : « Ô Seigneur, soutiens-nous tout au long du jour, jusqu’à ce que les ombres s’étendent partout et que le soir vienne, que le silence succède aux bruits du monde, que l’agitation de la vie se calme, et que notre tâche soit achevée. Alors, dans ta compassion, accorde-nous la sécurité au foyer, le repos en toi et, enfin, la paix. Amen ».

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§2. Cette sphère que nous appelons la terre ne repose sur rien. « Il étend l'Aquilon sur le vide, et il suspend la terre sur le néant. » (Job 26.7). Mais ce vieux monde, avec tout ce qu’il renferme, sera liquéfié un jour par une chaleur intense, et passera dans les annales et les registres de Dieu, au Ciel. « Or le jour du Seigneur viendra comme le larron dans la nuit, et en ce jour-là les cieux passeront avec un bruit sifflant de tempête, et les éléments seront dissous par l'ardeur du feu, et la terre, et toutes les œuvres qui sont en elle, brûleront entièrement » (2 Pierre 3.10). Si vous ne ressuscitez pas en Christ, ce jour-là, sur quoi votre pied pourra-t-il s’appuyer ? Ou serez-vous comme une âme désincarnée errant dans la sombre étendue d’un univers vide, pour toujours ? Si toute notre confiance repose sur le Seigneur, nous avons le meilleur Capitaine et la meilleure Forteresse pour garder notre âme de la ruine. Oui, en dehors de l’aile protectrice de notre Seigneur, nous n’aurons aucune autre protection pour nous couvrir quand les notes finales de la vie seront jouées, dans notre chambre mortuaire.

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§3. Il y a une grande largeur à la Miséricorde, la Grâce et à l’Amour de Dieu. Mais il y a aussi une profondeur plus grande que les abysses du Pacifique. La source vivifiante de la fontaine de vie est un torrent débordant d’eaux vives dont la source est inépuisable. Nous n’avons pas besoin de nous inquiéter au sujet de ces flots d’eau guérissante, car elles sont toujours disponibles, dès maintenant. « Jésus répondit, et lui dit : Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif ; mais l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4.13-14). Quand nous goûtons de cette Eau de la Vie qui est Christ, nous aussi, nous devenons une fontaine d’eau vivifiante, dont le flot est rempli d’amour infini. En fait, plus nous aimons les autres, plus il nous reste d’amour dans notre réservoir d’Amour. L’amour remplit le cœur d’une joie et d’un réconfort qui sont éternels. Goutez-le et partagez-le, et vous trouverez qu’il est véritablement possible de goûter ‘Le ciel sur la Terre’.