C'est mon Corps

« Et Aggée, Ambassadeur de l'Éternel, parla au peuple, suivant l'ambassade de l'Éternel, en disant : ‘Je suis avec vous, dit l'Éternel’. » (Aggée 1.13).

Dieu est spirituellement présent, invisible, avec le peuple des croyants fidèles à Ses Dix Commandements. Une présence matérielle sous forme d’hostie consacrée ne paraît nécessaire qu’à ceux qui manquent de foi. « Jésus lui dit : Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru ; bienheureux sont ceux qui n'ont point vu, et qui ont cru. » (Jean 20.29).

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Le corps de Jésus-Christ est au Ciel et il y reste jusqu’à Son retour dans la gloire. Après l’Ascension, Sa présence est réelle mais incorporelle, spirituelle. « Ce Jésus qui a été élevé d'avec vous au ciel en descendra de la même manière que vous l'avez contemplé montant au ciel. » (Actes des Apôtres 1.11). ‘De la même manière’, c'est-à-dire avec son corps de chair, ressuscité, et non sous la forme d’un pain azyme.

Lorsque je regarde une photo de mon père, je me dis : « C’est mon père… », mais mon père est physiquement au cimetière. Sa photo rappelle sa présence passée en l’actualisant, mais spirituellement seulement. Mon père n’est pas dans la photo. De même, quand Jésus, en instituant la sainte communion, déclare « C’est mon corps », Il ne change pas pour autant la nature du pain. « Et comme ils mangeaient, Jésus prit le pain, et après qu'il eut béni Dieu, il le rompit et le donna à ses Disciples, et leur dit : Prenez, mangez ; ceci est mon corps. » (Matthieu 26.26). Le corps de Jésus était alors celui qui tenait le pain (azyme) dans Ses mains pour le briser et le partager en morceaux, afin d’annoncer Son sacrifice à la croix, au bénéfice de tous les croyants. Le corps de Christ est donc spirituellement présent parmi les disciples ; pour autant, ils ne mangent pas le corps physique de Jésus, car ce serait du cannibalisme anthropophage, un grave péché. Or Christ ne pousse personne à pécher volontairement.

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Adorer un objet comme une hostie consacrée, c’est de l’idolâtrie, le pire péché des hommes. D’où leur besoin de modifier théoriquement et artificiellement la substance de l’hostie pour qu’elle devienne le corps de Christ, et rien d’autre, sauf en apparence. C’est une manière de justifier un péché. On pense éviter l’idolâtrie, puisque que c’est Christ qu’on adore ainsi, au travers de l’hostie. Au mieux, c’est un abus de langage ; au pire, c’est de l’idolâtrie. Quand même !

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Quant au sang de Christ, c’est celui qui lave le croyant de tout péché, contrairement au pain. « Puis ayant pris la coupe, et béni Dieu, il la leur donna, en leur disant : Buvez-en tous. Car ceci est mon sang, le [sang] du Nouveau Testament, qui est répandu pour plusieurs en rémission des péchés. » (Matthieu 26.27-28). Priver les fidèles de la coupe de bénédiction est en ce sens une forfaiture grave : Boire à la coupe de sainte communion est plus important que de partager le pain rompu. Et quand Jésus dit : « Buvez-en tous », il ne limite pas cette action au seul clergé ! Il y a cependant des fausses Églises qui s’opposent à cette parole de Christ en interprétant le mot « tous », comme s’il ne désignait que les Apôtres, dont Judas : « Jésus leur dit : En vérité je vous dis, que l'un de vous, qui mange avec moi, me trahira » (Marc 14.18), auquel cas plus personne ne devrait communier depuis que les Apôtres sont morts, ou bien un nombre limité de personnes, ce qui est une pure invention et un blasphème contre la Parole de Dieu. Et la coupe reste du vin, ordinairement coupé d’eau selon la pratique juive à l’époque de Jésus, comme Christ le précise au verset suivant : « Or je vous dis que depuis cette heure je ne boirai point de ce fruit de vigne, jusqu'au jour que je le boirai nouveau avec vous, dans le Royaume de mon Père » (Matthieu 26.29). Jésus ne parle pas de sang humain ni divin, mais du fruit de la vigne : Le vin.

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En effet, Jésus a dit de faire CELA en mémoire de Lui. Pas autre chose, ni autrement. « Puis prenant le pain, et ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. » (Luc 22.19). Certaines Églises insistent sur la première partie de la déclaration de Jésus « Ceci est mon corps », au risque d’oublier la suite : « qui est donné pour vous », laquelle dévoile la réelle intention de Christ de livrer Son corps à la croix pour racheter les péchés des hommes Lui appartenant par la foi. Et alors que St Jérôme traduit mot à mot le grec « Touto estin to soma mou » par « Hoc est corpus meus » dans sa Vulgate (seule version officielle catholique de la Bible), la liturgie médiévale a ajouté un mot à la Parole de Christ « Hoc est enim corpus meus ». Le « Ceci est mon corps » était alors changé en « Ceci est vraiment mon corps », encourant par là la colère de Dieu « Or je proteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce Livre, que si quelqu'un ajoute à ces choses, Dieu fera tomber sur lui les plaies écrites dans ce Livre. » (Apocalypse 22.18) ; c’est à dire rien moins que l’enfer éternel « leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, qui est la mort seconde. » (Apocalypse 20.8). C’est pourtant à partir de cet ajout blasphématoire que le dogme de la transsubstantiation fut proclamé au concile de Trente, quinze siècles après la mort des Apôtres de Christ. Une modification pourtant dénoncée d’avance par St Paul : « Nous ne falsifions pas la parole de Dieu, comme font plusieurs ; mais nous parlons de Christ avec sincérité, comme de la part de Dieu, et devant Dieu. » (2 Corinthiens 2.17). Pis, en Romains 12.1 dans la phrase : « Je vous exhorte donc, mes frères, par les compassions de Dieu, que vous offriez vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre raisonnable service. », les mots ‘sacrifice vivant’ (Thousian Zosan), traduits par le même St Jérôme en ‘viventem hostiam’, littéralement : « victime vivante », sont rendus par « hostie vivante » dans la bible de Jérusalem, laquelle bénéficie de l’imprimatur officielle de l’Église catholique romaine, en dépit de cette erreur grossière. La confusion est donc volontairement entretenue sur la nature des espèces de la sainte communion, en toute mauvaise foi.

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De plus, Christ a dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28.20) ; « Car là où il y en a deux ou trois assemblés en mon Nom, je suis là au milieu d'eux. » (Matthieu 18.20). Sa présence réelle nous est assurée sans qu’il soit nécessaire de recourir à des artifices consistant à tordre la Parole de Dieu transmise par les Apôtres, ou à introduire dans l’Église de Christ une adoration eucharistique idolâtre, imitée des pratiques païennes. Et Christ ajoute : « Mais l'heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en demande de tels qui l'adorent. » (Jean 4.23). En effet, Dieu est Esprit et Son Fils unique engendré, Jésus-Christ, n’avait pas de corps jusqu’à Son Incarnation dans le sein de la vierge Marie : « Au commencement était la Parole » (Jean 1.1), ou ‘le Verbe’, et le verbe, c’est le mot agissant de la phrase. Car Dieu n’a pas besoin d’avoir un corps physique pour agir « Au commencement DIEU créa les cieux et la terre » (Genèse 1.1), « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu ; et cette parole était Dieu : Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et sans elle rien de ce qui a été fait, n'a été fait » (Jean 1.1-3). Le parallèle est remarquable ‘Au commencement’… et rappelle la définition biblique de Christ : « Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement, et la fin » (Apocalypse 21.6).

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Enfin, il faut se souvenir que Jésus ne valorise pas les nourritures terrestres en tant que telles. « Jésus leur dit : Ma nourriture est que je fasse la volonté de celui qui m'a envoyé, et que j'accomplisse son œuvre. » (Jean 4.34). Il privilégie clairement les nourritures spirituelles, lesquelles consistent à OBÉIR aux commandements de Dieu, plus qu’à manger et boire les éléments de la sainte Communion. « C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean 6.63). Ce dernier verset conclut le discours de Jésus sur le pain de vie, où Il Se définit comme le pain vivant descendu du ciel : « C'est ici le pain qui est descendu du ciel, non point comme vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; celui qui mangera ce pain, vivra éternellement » (Jean 6.58). L’opposition que fait Jésus entre le pain du ciel et la manne anéantit toute interprétation matérialiste de la sainte Communion. Ici, Jésus fait référence au Pain de la Parole « Et Jésus lui répondit, en disant : Il est écrit que l'homme ne vivra pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. » (Luc 4.4) ; « Comment ne comprenez-vous point que ce n'est pas touchant le pain que je vous ai dit, de vous donner garde du levain des Pharisiens et des Saducéens ? » (Matthieu 16.11).

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Le matérialisme eucharistique de la transsubstantiation pose problème : L’hostie consacrée souffre-t-elle physiquement et moralement comme Jésus a souffert sur la croix ? S’écrie-t-elle comme Jésus-Christ en Son agonie sanglante : « Eloï, Eloï, lamma sabachthani ? C’est-à-dire : Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Marc 15.34) ? Lors d’un anniversaire, la maman revit-elle chaque fois les douleurs de l’accouchement ? Si la transsubstantiation était vraie, et si le pain était devenu le corps incorruptible de Christ à nouveau sacrifié, comme à la croix, comment la ‘réserve eucharistique’ du tabernacle peut-elle moisir, l’hostie consacrée devenir la proie des vers argentés et le ‘vin consacré’ tourner en vinaigre comme c’est le cas ? « Vu que vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais [par une semence] incorruptible, [savoir] par la parole de Dieu, vivante, et permanente à toujours » (1 Pierre 1.23). De même, si la sainte Communion était la réitération du sacrifice unique de Jésus à la croix, Son sacrifice ne serait plus unique, et ce serait faire mentir la Parole de Dieu : « Mais celui-ci ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu ; attendant ce qui reste, [savoir] que ses ennemis soient mis pour le marchepied de ses pieds. Car par une seule oblation, il a consacré pour toujours ceux qui sont sanctifiés. » (Hébreux 10.12-14).

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La présence de Dieu dans l’Eucharistie est donc effective, réelle, mais spirituelle. La chair ne sert de rien : « … il y a un corps animal, et il y a un corps spirituel. » (1 Corinthiens 15.44). Du fait de cette présence, la sainte Communion est plus qu’un mémorial : Fait-on mémoire de quelqu’un qui est vivant, présent au milieu de nous, comme s’il était mort ? L’aspect mémoriel de la sainte Communion ne vise que les événements qui se sont déroulés sur la colline du Calvaire, lors de la Pâque de Christ « Car toutes les fois que vous mangerez de ce pain, et que vous boirez de cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusques à ce qu'il vienne » (1 Corinthiens 11.26). Quant à Jésus-Christ, il est éternellement vivant, ressuscité. « Or si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui ; sachant que Christ étant ressuscité des morts ne meurt plus, [et que] la mort n'a plus d'empire sur lui. » (Romains 6.8-9) ; « Or au Roi des siècles, immortel, invisible, à Dieu seul sage soit honneur et gloire aux siècles des siècles, Amen ! » (1 Timothée 1.17).

Rév. Yves M. Méra+

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