FILS UNIQUE ENGENDRÉ

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES, Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique [engendré], afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3.16).

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Chaque parent a engendré au moins un fils ou une fille ; et si ce fils ou cette fille est un enfant unique, alors on l’appelle l’enfant unique engendré. Ma femme et moi-même, nous avons sept enfants : Nous avons engendré trois d’entre eux et adopté quatre autres. Bien sûr, nos enfants adoptés font autant partie de notre vraie famille que les autres. La famille de Dieu est pareille, et c’est un modèle de vie familiale. Dieu a adopté des enfants de toute couleur, langue et nation. Cependant, le Père n’a engendré qu’un seul Fils, le Seigneur Jésus-Christ, qui est la figure centrale de la divinité. Si vous avez été trompés par les fausses insinuations des nouvelles versions de la Bible, il se peut que vous pensiez que Jésus n’est qu’un enfant de Dieu de plus, au lieu du Fils unique engendré. Ces nouvelles traductions présentent Jésus comme le seul Fils de Dieu (en Jean 3.16), ce qui fait de Dieu un menteur.

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« Or tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, sont enfants de Dieu. Car vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu l'Esprit d'adoption, par lequel nous crions Abba, [c'est-à-dire], Père. C'est ce même Esprit qui rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Et si nous sommes enfants, nous sommes donc héritiers : Héritiers, dis-je, de Dieu, et cohéritiers de Christ ; si nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui. » (Romains 8.14-17). Et remarquez cette promesse de notre Père : « C'est pourquoi sortez du milieu d'eux, et vous en séparez, dit le Seigneur ; et ne touchez à aucune chose souillée et je vous recevrai ; et je vous serai pour père, et vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur Tout-puissant » (2 Corinthiens 6.17-18).

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Oui, tous ceux qui sont appelés et choisis par Dieu sont Ses élus, Ses enfants, mais dans un sens très différent que visant le Seigneur Jésus-Christ. Le Seigneur Jésus-Christ est de la même substance et de la même nature que le Père ; Il est, en fait, Dieu le Fils. Nous n’avons pas la même nature divine et sans péché que Christ. Nous sommes adoptés dans Sa famille par Sa seule grâce et Sa seule miséricorde. Notre justice ne vient pas de nous, mais elle nous est imputée par notre Seigneur.

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La définition du « Fils unique engendré », en tant qu’il est le seul fils naturel né d’un père et d’une mère trouve son origine dans l’appel d’Israël – l’Église de l’Ancien Testament – à sortir d’Égypte. Quand Dieu a appelé Abram (Abraham) à sortir d’Ur en Chaldée, Il lui a fait une promesse extraordinaire, qui était une pâle ombre de celle qui allait suivre. « Et je te ferai devenir une grande nation, et te bénirai, et je rendrai ton nom grand, et tu seras béni. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » (Genèse 12.2-3). Ce n’était qu’un avant-goût de la promesse d’une semence à venir, par laquelle toutes les familles de la terre seraient bénies. La promesse s’est élargie à mesure qu’Abram la comprenait mieux.

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Et le Seigneur a réitéré Sa promesse à Abram en Genèse 13 et 15, comme suit : « Et voici, la parole de l’Éternel lui [fut adressée] en disant : Celui-ci ne sera point ton héritier ; mais celui qui sortira de tes entrailles sera ton héritier. Puis l'ayant fait sortir dehors, il lui dit : Lève maintenant les yeux au ciel, et compte les étoiles, si tu les peux compter ; et il lui dit : Ainsi sera ta postérité. » (Genèse 15.4-5), et plus tard dans d’autres passages.

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La femme d’Abram, Saraï (Sarah), était trop vieille pour avoir un enfant. Elle connaissait le désir d’Abram d’avoir un fils. Elle a donc conçu son propre plan (en dehors du plan de Dieu pour Abram), pour donner un fils à Abram. Elle l’a poussé à commettre l’adultère avec Agar, sa servante égyptienne. Il semble qu’Abram n’ait pas eu besoin de beaucoup d’efforts de persuasion pour être convaincu, car la servante était jeune et jolie. Il la prit pour concubine et elle lui donna un fils, Ismaël ; mais Ismaël n’était pas le fils que Dieu lui avait promis car il était né hors des liens du mariage – la première institution que Dieu ait établie parmi les hommes. Une longue série de malheurs fut la conséquence du plan de Saraï, jusqu’à aujourd’hui. Les grandes querelles auxquelles nous assistons au Moyen-Orient dérivent de ce plan impie imaginé par Saraï, et dans lequel Abram fut impliqué. Les enfants d’Ismaël ne sont pas un peuple pacifique. Ils forment les nations arabes. S’ils ne sont pas en guerre contre une puissance étrangère, ils se querellent entre eux. Voyez par exemple le groupe terroriste musulman sunnite ‘État Islamique…’ : Il fait la guerre à des hommes, des femmes et des enfants pourtant soumis à la Charia (en Syrie, Iraq, Iran). Mais l’histoire d’Ismaël doit ici être mise de côté.

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Dieu renouvelle Sa promesse à Abram une fois de plus en Genèse 17, où Il change le nom d’Abram en Abraham (‘père d’une multitude de nations’) et le nom de Saraï en Sarah. C’est alors qu’intervient un changement singulier : « Dieu dit aussi à Abraham : Quant à Saraï ta femme, tu n'appelleras plus son nom Saraï, mais son nom sera Sarah. Et je la bénirai, et même je te donnerai un fils d'elle. Je la bénirai, et elle deviendra des nations : Et des Rois Chefs de peuples sortiront d'elle. Alors Abraham se prosterna la face en terre, et sourit, disant en son cœur : Naîtrait-il un fils à un homme âgé de cent ans ? Et Sarah âgée de quatre-vingt-dix ans aurait-elle un enfant ? Et Abraham dit à Dieu : Je te prie, qu'Ismaël vive devant toi. Et Dieu dit : Certainement Sara ta femme t'enfantera un fils, et tu appelleras son nom Isaac ; et j'établirai mon alliance avec lui pour être une alliance perpétuelle, et sa postérité après lui. Je t'ai aussi exaucé touchant Ismaël : Voici, je l'ai béni, et je le ferai croître et multiplier très-abondamment. Il engendrera douze Princes, et je le ferai devenir une grande nation. Mais j'établirai mon alliance avec Isaac, que Sara t'enfantera l'année qui vient, en cette même saison. Et Dieu ayant achevé de parler, remonta de devant Abraham. » (Genèse 17.15-22).

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Faisons ici une pause, afin de considérer et de méditer la perfection des promesses de Dieu à Abraham – et à nous. Vous verrez dans les pages suivantes de la Genèse que Sarah, de fait, a bien conçu et porté un fils : Isaac. Notez le parallèle entre la naissance d’Isaac et celle de notre Seigneur Jésus-Christ, car Isaac est un type presque parfait de Christ, dans l’Ancien Testament – un prototype voulu par Dieu pour ouvrir nos yeux à Sa grâce et Sa miséricorde envers nous.

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Sur le conseil de Dieu, Abraham a renvoyé Agar et Ismaël. Abraham était totalement dévoué à son fils Isaac – son unique fils légitime. Il était l’enfant du miracle, car Sarah avait plus de 90 ans, et Abraham 100 ans. Jésus-Christ aussi est le fruit d’un miracle encore plus grand que celui d’Isaac, car Il est né d’une vierge.

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Tout comme Dieu le Père, Abraham aimait son fils Isaac plus que tout au monde, et même au-delà ; mais pas plus qu’il n’aimait Dieu son créateur. Un jour, quand Isaac avait atteint l’âge d’environ 12 ans, le Seigneur Dieu s’adressa à Abraham avec des paroles très douloureuses pour lui, dont Abraham ne pouvait pas comprendre le sens ; cependant, Abraham a obéi sans poser de question, et sans délai. Dieu parla ainsi à Abraham : « Or il arriva après ces choses, que Dieu éprouva Abraham, et lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici. Et Dieu lui dit : Prends maintenant ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et t'en va au pays de Morijah, et l'offre là en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. » (Genèse 22.1-2). Pouvez-vous vous imaginer recevant un tel ordre du Seigneur ? Comment auriez-vous réagi ? Comment Abraham a-t-il réagi ? « Abraham donc s'étant levé de bon matin mit le bât sur son âne, et prit deux de ses serviteurs avec lui, et Isaac son fils ; et ayant fendu le bois pour l'holocauste, il se mit en chemin, et s'en alla au lieu que Dieu lui avait dit » (Genèse 22.3).

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Pourquoi Dieu a-t-Il adressé des paroles aussi dures à Abraham ? Ce n’était pas seulement pour tester la foi d’Abraham, mais aussi pour soutenir la nôtre. Dieu nous montre comme il est pénible pour un Père ou un parent de sacrifier son fils unique, spécialement celui dont la naissance est due à une miraculeuse suite d’événements. C’était la même douleur que le Seigneur Dieu a ressentie quand Il a tué un animal innocent, en Éden, pour couvrir la nudité (le péché) d’Adam et Ève (Genèse 3.21 : « Et l’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des robes de peaux, et les en revêtit ») ; cela préfigurait le sacrifice ultime que Dieu a opéré pour couvrir nos péchés et notre nudité, au temps fixé. C’était la même peine qui a assombri le ciel sur le Temple du mont Morijah, alors que Christ y était en agonie, de la sixième à la neuvième heure, l’heure des ténèbres.

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Je ne suis pas digne d’expliquer la beauté du grand sacrifice qui s’ensuit. L’acte de notre adoption, et de tous ceux qui appartiennent au Royaume de Dieu, a été signé, scellé et délivré dans l’éternité passée, avant que les mondes fussent créés. « Sachant que vous avez été rachetés de votre vaine conduite, qui vous avait été enseignée par vos pères, non point par des choses corruptibles, comme par argent, ou par or ; mais par le précieux sang de Christ, comme de l'agneau sans défaut et sans tache, déjà ordonné avant la fondation du monde, mais manifesté dans les derniers temps pour vous ; qui par lui croyez en Dieu qui l'a ressuscité des morts, et qui lui a donné la gloire, afin que votre foi et votre espérance fussent en Dieu. Ayant donc purifié vos âmes en obéissant à la vérité par le Saint-Esprit, afin que vous ayez une amitié fraternelle qui soit sans hypocrisie, aimez-vous l'un l'autre tendrement d'un cœur pur. Vu que vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais [par une semence] incorruptible, [savoir] par la parole de Dieu, vivante, et permanente à toujours. » (1 Pierre 1.18-23).

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Il se peut qu’avec son cœur lourd et douloureux, Abraham ait marché trois jours durant pour atteindre le mont Morijah : Là où le Temple de Jérusalem était construit, et où quelque deux mille ans plus tard, selon les calculs de l’évêque James Ussher (1581-1656, Primat d’Irlande ; il a déterminé la date de la Création eu 23 octobre 4004 avant JC), le Seigneur Jésus-Christ allait porter Sa croix de bois jusqu’au Calvaire, comme Isaac y a porté le bois du sacrifice, et Il s’est offert Lui-même en sacrifice pour nous tous.

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« Le troisième jour Abraham levant ses yeux, vit le lieu de loin. Et il dit à ses serviteurs : Demeurez ici avec l'âne ; moi et l'enfant marcherons jusque-là, et adorerons, après quoi nous reviendrons à vous. Et Abraham prit le bois de l'holocauste, et le mit sur Isaac son fils, et prit le feu en sa main, et un couteau ; et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Alors Isaac parla à Abraham son père, et dit : Mon père ! Abraham répondit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois, mais où est la bête pour l'holocauste ? Et Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de bête pour l'holocauste. Et ils marchaient tous deux ensemble » (Genèse 22.4-8). Il est improbable qu’Abraham ait pu imaginer ce que le Seigneur allait faire, mais sa foi était si grande qu’il croyait que Dieu lui rendrait son fils, d’une façon ou d’une autre. Voyez comme il exprime cela aux serviteurs qui l’accompagnaient : « Et il dit à ses serviteurs : Demeurez ici avec l'âne ; moi et l'enfant marcherons jusque-là, et adorerons, après quoi nous reviendrons à vous. » (Genèse 22.5).

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Dieu illustre en ceci une grande vérité à Abraham, à vous et à moi, et à tous les croyants : Dieu n’exige d’aucun homme d’être offert en sacrifice pour les péchés. En fait, nul homme n’est qualifié pour cela. Un seul en a l’aptitude : Le Fils de Dieu. Remarquez que le bois du sacrifice, comme le bois de la croix, était porté sur les épaules d’Isaac, en montant au mont Morijah pour y être offert en sacrifice. Précisément comme Christ : « Et Abraham prit le bois de l'holocauste, et le mit sur Isaac son fils, et prit le feu en sa main, et un couteau ; et ils s'en allèrent tous deux ensemble » (Genèse 22.6).

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Voyez maintenant quelle grande vérité est exposée dans la question d’Isaac : « Alors Isaac parla à Abraham son père, et dit : Mon père ! Abraham répondit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois, mais où est la bête pour l'holocauste ? » (Genèse 22.7). Comme Abraham a dû se sentir mal, du fait de cette question ! Cependant, la réponse d’Abraham est pleine d’une foi extraordinaire et de la connaissance des manières de faire de Dieu, son Père : « Et Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de bête pour l'holocauste. Et ils marchaient tous deux ensemble. » (Genèse 22.8). Si vous avez quelque souvenir d’analyse grammaticale, vous verrez que le sujet de la phrase d’Abraham est : DIEU. Le verbe est se pourvoira. L’objet est Lui-même. Dieu se décrit Lui-même comme agneau pour l’holocauste. Que ce soit volontairement ou non, Abraham répond à Isaac que Dieu sera l’agneau du sacrifice ; c’est que notre Seigneur était, au Calvaire. Dieu a effectivement substitué un agneau à Isaac. Et Il a fourni le véritable Agneau pascal au Calvaire. Notez aussi qu’Isaac obéissait totalement à son père, dans cette épreuve terrible, tout comme l’était Jésus-Christ. « Et étant arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham bâtit là un autel, et rangea le bois, et ensuite il lia Isaac son fils, et le mit sur l'autel, au-dessus du bois. Puis Abraham avançant sa main, se saisit du couteau pour égorger son fils. » (Genèse 22.9-10).

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« Mais l'Ange de l’Éternel lui cria des cieux en disant : Abraham, Abraham ! Il répondit : Me voici. Et il lui dit : Ne mets point ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien ; car maintenant j'ai connu que tu crains Dieu, puisque tu n'as point épargné pour moi ton fils, ton unique. Et Abraham levant ses yeux regarda, et voilà derrière [lui] un bélier, qui était retenu à un buisson par ses cornes ; et Abraham alla prendre le bélier, et l'offrit en holocauste au lieu de son fils. Et Abraham appela le nom de ce lieu-là, l’Éternel y pourvoira ; c'est pourquoi on dit aujourd'hui : En la montagne de l’Éternel il y sera pourvu. » (Genèse 22.11-14). Le nom du lieu (‘Morijah’, le même où notre Seigneur fut crucifié), signifie « Dieu pourvoira » - et Dieu a effectivement pourvu. Tel est le commencement du peuple d’Israël – le peuple de la confiance en Dieu (la foi).

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N. B. : Israël est devenu le peuple de la foi d’Abraham – pas nécessairement ses descendants par le sang, car beaucoup de ses descendants n’ont pas cru à cette Promesse faite à Abraham. En revanche, la plupart des tribus d’Israël attendaient un roi venant à la tête d’une armée puissante pour chasser et renverser tous ses oppresseurs. Mais l’Israël spirituel est composé de tous les hommes de foi qui croient à cette même promesse faite à Abraham, et ils sont, de ce fait, les fils et filles spirituels d’Abraham (et de Dieu). « Puis il reçut le signe de la Circoncision pour sceau de la justice de la foi, laquelle [il avait reçue étant] dans le prépuce, afin qu'il fût le père de tous ceux qui croient [étant] dans le prépuce, et que la justice leur fût aussi imputée. Et [qu'il fût aussi] le père de la Circoncision, [c'est-à-dire], de ceux qui ne sont pas seulement de la Circoncision, mais qui aussi suivent les traces de la foi de notre père Abraham, laquelle [il a eue] dans le prépuce. Car la promesse d'être héritier du monde, n'a pas été faite à Abraham, ou à sa semence, par la Loi, mais par la justice de la foi. Or si ceux qui sont de la Loi sont héritiers, la foi est anéantie, et la promesse est abolie : Vu que la Loi produit la colère ; car où il n'y a point de Loi, il n'y a point aussi de transgression. C'est donc par la foi, afin que ce soit par la grâce, [et] afin que la promesse soit assurée à toute la semence ; non seulement à celle qui est de la Loi, mais aussi à celle qui est de la foi d'Abraham, qui est le père de nous tous. » (Romains 4.11-16).