L’AMOUR DE DIEU

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Je suis le vrai Cep, et mon Père est le Vigneron. Il retranche tout le sarment qui ne porte point de fruit en moi, et il émonde tout celui qui porte du fruit, afin qu'il porte plus de fruit. Vous êtes déjà nets par la parole que je vous ai enseignée. Demeurez en moi, et moi en vous ; comme le sarment ne peut point de lui-même porter de fruit, s'il ne demeure au cep ; vous [ne le pouvez point] aussi, si vous ne demeurez en moi. Je suis le Cep, et vous en êtes les sarments ; celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien produire. Si quelqu'un ne demeure point en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il se sèche ; puis on l'amasse, et on le met au feu, et il brûle. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et il vous sera fait. En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et vous serez alors mes disciples. Comme le Père m'a aimé, ainsi je vous ai aimés, demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour ; comme j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure en son amour. Je vous ai dit ces choses afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit parfaite. C'est ici mon commandement, que vous vous aimiez l'un l'autre, comme je vous ai aimés. Personne n'a un plus grand amour que celui-ci, [savoir], quand quelqu'un expose sa vie pour ses amis. Vous serez mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait point ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés [mes] amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai ouï de mon Père. Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus, et qui vous ai établis, afin que vous alliez [partout] et que vous produisiez du fruit, et que votre fruit soit permanent ; afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous le donne. » (Jean 15.1-16).

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Si la Fresque de Léonard De Vinci était exposée dans un musée, local, il serait envahi d’amateurs d’art cherchant à apercevoir ce chef d’œuvre, ne serait-ce que d’un coup d’œil en passant. Cependant, s’il était accompagné d’autres chefs d’œuvres de Raphaël, Michel-Ange, Van Gogh ou Dürer, il attirerait moins l’attention. Les humains ont tendance à être blasés par une activité routinière, et ils s’habituent à la beauté qui se banalise avec l’abondance. Les Évangiles de Christ sont remplis des plus magnifiques Paroles de Vérité, pleine de sens, qui aient jamais été écrites par des plumes inspirées. Si nous n’y prêtons pas attention, nous pourrions devenir blasés par leur constante et incessante beauté dans l’expression. Le meilleur moyen d’éviter pareille distraction est de commencer toute étude de la Bible par une prière, dans un esprit avide d’apprendre de plus en plus. Nous ne pourrions jamais apprendre tout ce que nous avons besoin de savoir de la Bible, si nous devenions blasés à force de la lire. Dieu a placé en nous l’appétit de nourriture, afin que nous ne mourions pas de faim. L’odeur de la nourriture excite en nous cette faim. Les cœurs qui appartiennent à Christ doivent de même ressentir un appétit pour la beauté et la vérité, de telle sorte qu’ils ont faim du pain quotidien du Ciel. Je prie pour qu’aujourd’hui nous ayons faim de voir la beauté de Christ, sous le voile de Sa sainte Parole de Vérité, et que nous laissions le parfum de Sa Parole exciter nos papilles gustatives, par la conjugaison de la beauté de la nature créée et du vide de notre âme.

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« Je suis le vrai Cep, et mon Père est le Vigneron. ». Dans les trois premiers Évangiles, nous lisons l’histoire à fendre le cœur d’un maître de maison (Dieu), qui a planté une vigne et est parti en voyage. Cette vigne représente l’Israël de l’Ancien Testament. Les gardiens de la vigne traitent durement tous ceux qui leur sont envoyés par le maître pour toucher sa part du bénéfice. À la fin, il envoie Son propre Fils bien-aimé, et ils le traitent encore plus mal que les autres, le jettent en dehors de la vigne et le tuent. Depuis, la vigne a été agrandie afin d’accueillir les nations non-juives, et cette vigne universelle représente Christ. Le Père est le propriétaire. Une vigne ne peut pas produire un jus différent du jus de raisin ; c’est dans sa nature. La nature de Christ est la Vérité, et tous ceux qui sont greffés sur Sa vigne reçoivent cette Vérité.

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« Il retranche tout le sarment qui ne porte point de fruit en moi, et il émonde tout celui qui porte du fruit, afin qu'il porte plus de fruit. ». Ma femme est une passionnée de jardin. Elle soigne ses fleurs, ses légumes et ses arbres fruitiers, dont des pieds de vigne de différentes espèces. Si une branche cesse de produire du fruit, elle l’émonde. Les nutriments qui auraient été gaspillés dans cette branche stérile nourriront alors d’autres branches qui, elles, produiront plus de fruit. Quand les roses deviennent trop petites et ternes, elle taille le rosier et les nouvelles roses qui éclosent sont plus grandes, avec des couleurs plus vives. Dieu estime souvent nécessaire de rabattre notre croissance trop rapide et improductive, lorsque nous avons les chevilles qui enflent. Souvent, un rejet apparaît à proximité d’un rosier ou d’un plant de tomate. Ma femme les appelle des ‘coureurs’. Elle les enlève toujours, en les séparant de la plante-mère. Ils ne produisent jamais de fruit. Combien d’Églises contemporaines se sont séparées de la vraie Vigne et se sont éloignées de la Vérité pour apparaître originales, alors qu’elles sont en réalité des contrefaçons de la vraie Vigne ?

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« Vous êtes déjà nets par la parole que je vous ai enseignée. ». Il y a un proverbe Perse qui dit que quand une eau courante passe sur sept pierres, elle est pure. C’est peut-être une exagération, mais l’eau courante est parfaitement pure à sa sortie de la source. Christ est notre source d’Eau vive. Sa Parole est l’eau pure de la vie ; elle nous purifie. En coulant dans nos veines et notre cœur, elle élimine les impuretés et les erreurs, remplissant ces organes avec la pure Vérité.

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« Demeurez en moi, et moi en vous ; comme le sarment ne peut point de lui-même porter de fruit, s'il ne demeure au cep ; vous [ne le pouvez point] aussi, si vous ne demeurez en moi. ». Si nous sommes entés sur la vigne, nous ne pouvons faire autrement que de nous en nourrir. Nous sommes en Christ si nous sommes Ses sarments, et Il est EN nous parce que Sa Parole nourrissante coule en nous, comme une eau de vérité purificatrice. Si nous sommes séparés de la vigne, non seulement notre branche ne produira pas de fruit, mais elle va faner et sécher. Ce sera une branche morte. Si nous nous voyions le dimanche matin à l’église, nous verrions beaucoup de Chrétiens fanés, habillés comme des branches portant du fruit, mais leur âme meurt par manque de cette Eau de la Vie. La seule façon que nous ayons de demeurer en Christ est d’être nourris par la sève de la vraie Vigne.

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« Je suis le Cep, et vous en êtes les sarments ; celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien produire. ». Si nous ne produisons pas de fruit, c’est que nous ne sommes pas en Christ. Quelques-uns ont oublié qu’ils sont des sarments de la vigne, et en sont venus à croire que par eux-mêmes, ils sont une vigne et non des sarments de la vigne du Seigneur. Ils puisent leur sève dans les caniveaux les plus dégoûtants de ce monde, et leurs fruits sont amers et malsains. Les hommes qui prêchent un évangile différent de l’Évangile de Christ sont des ceps véreux. Des hommes se sont levés dans l’Église de l’ancien Testament, et ont ajouté une quantité de commandements à la Parole de Dieu, au point qu’il était devenu impossible d’y obéir. Ils se sont mis à croire qu’ils incarnaient l’essence de la vérité et se sont pris pour les régisseurs de Dieu sur la terre. Ne voyons-nous pas aujourd’hui de telles erreurs se propager dans les Églises ?

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« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et il vous sera fait ». Comment est-il possible qu’il suffise de demander pour obtenir ce que nous voulons ? Si les Paroles de Christ règnent en nous, nous sommes en état de grâce, remplis d’amour et de miséricorde, au point que nous ne demandons rien selon notre propre désir, mais seulement en accord avec le désir de Dieu, reflété par un cœur qui Lui est acquis.

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« En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et vous serez alors mes disciples. ». Ne déshonorons-nous pas Christ avec le peu de fruits que nous produisons ? Oui, c’est vrai ! Si la vérité de Dieu est puissante, et que notre marche en Christ est anémique, nous discréditons la personne de Christ. Le Seigneur Jésus-Christ est fier de Ses élus. Il nous a choisis pour être des producteurs de fruits en abondance, au nom et pour la gloire de Son Père, tout comme nous aimerions que nos enfants réussissent dans la vie et soient de dignes successeurs pour leur père.

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« Comme le Père m'a aimé, ainsi je vous ai aimés, demeurez en mon amour. ». Pouvez-vous imaginer l’amour du Père, qui est égal à l’amour de Christ pour nous ? Il a condescendu à prendre notre humanité ; Il nous a livré Son corps. Son sang a coulé pour nous, et Il nous nous a dit qu’un tel amour est le même que l’Amour que le Père a pour le Fils. Ne vous méprenez pas avec l’amour que Dieu a déversé dans notre cœur. C’est peut-être une souffrance encore plus grande pour le Père de voir l’horrible façon dont nous traitons Son Fils unique engendré que la souffrance de Christ Lui-même, à la croix. Je ne résiste pas à citer ici un merveilleux cantique qui décrit bien l’Amour de Dieu :

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L’AMOUR DE DIEU :

L’amour de Dieu est au-delà

De ce que la langue ou la plume peut exprimer ;

Il est au-dessus de l’étoile la plus haute,

Et il atteint le fond de l’Enfer ;

Aux coupables, prostrés à terre,

Dieu a donné Son Fils pour ramener

Ses enfants égarés et les réconcilier,

En les pardonnant de leur péché.

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Refrain :

Ô comme l’amour de Dieu est riche et pur !

Comme il est démesuré et puissant !

Il soutiendra toujours

Les chants des saints et des anges.

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Quand les années auront passé,

Et que les trônes et les royaumes se seront effondrés,

Quand les hommes, qui refusent de prier,

Juchés sur les rochers, les collines et les montagnes,

En appelleront à l’amour de Dieu, si sûr qu’il supporte

Tout, sans mesure et fortement ;

Rétablissant en grâce la race d’Adam –

Le cantique des saints et des anges.

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(Refrain)

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Même si nous remplissions l’océan avec de l’encre,

Et que nous tapissions les cieux de parchemin,

Si chaque feuille de la terre était une plume,

Et si tout homme était scribe

Pour écrire l’amour de Dieu,

L’océan serait mis à sec.

Et le rouleau ne pourrait le contenir,

Même si on l’étirait d’une extrémité à l’autre du ciel.

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(Refrain)

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« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour ; comme j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure en son amour. ». Y a-t-il un moyen par lequel nous pourrions parfaitement obéir à Dieu selon Ses Commandements, qui sont aussi ceux de Christ ? Il n’y en a qu’un seul que je connaisse : « L’amour couvre tous les péchés » (Proverbes 10.12). L’amour de Christ pour le Père est si grand qu’Il Lui est tout simplement impossible de pécher contre Lui. Qu’en est-il de notre amour pour Christ ? Est-il grand ou petit ?

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« Je vous ai dit ces choses afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit parfaite. ». Vous souvenez-vous de la joie que nous avions à chacun de nos petits succès scolaires ? Quand nous avions étudié avec soin et réussi l’examen, vous souvenez-vous de la satisfaction, de la joie et de la paix qui nous inondaient après cette petite victoire ? Ou bien vous souvenez-vous des fois où vos parents étaient partis en voyage, et que vous aviez fini tous vos devoirs avant leur retour ? Vous souvenez-vous d’avoir souri jusqu’aux oreilles quand ils vous ont félicité pour votre obéissance ? Christ nous a dit tout ce qui est nécessaire à notre joie, afin que nous portions du fruit. L’avons-nous écouté et Lui avons-nous obéi ? Malheureusement, le monde véhicule une notion viciée de la joie, qui consiste à jouir de la vie autant que possible, tout en respectant vaguement les restrictions morales de Dieu. Mais Jésus désire que nous connaissions la seule vraie joie qui vient quand nous demeurons en Christ et que nous obéissons au Père.

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« C'est ici mon commandement, que vous vous aimiez l'un l'autre, comme je vous ai aimés. ». Tel est le mystère de l’obéissance ! Si nous pouvions observer cet unique Commandement d’aimer (aimer Dieu et notre prochain), alors l’obéissance à tous les Commandements de Dieu nous semblerait naturelle et désirable. Nous ne sommes même pas tentés de désobéir, si notre regard et le désir de notre cœur sont tournés vers ce qui plaît à Dieu : l’objet de notre affection la plus profonde.

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« Personne n'a un plus grand amour que celui-ci, [savoir], quand quelqu'un expose sa vie pour ses amis. ». Qui a déjà donné sa vie pour vous ? Si vous reconnaissez que Christ vous a fait cette grâce, n’êtes-vous pas Son ami ? Quels honneur et privilège et bénédiction que d’être appelés des Amis de Christ – pas comme un titre vain, mais parce que c’est une vérité totale ! Christ a donné Sa vie pour vous. Vous êtes Son ami, et Il est plus qu’un Ami pour vous !

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« Vous serez mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande. ». Des amis essayent de s’accorder l’un avec l’autre. Christ a accompli un accord ultime avec vous en fournissant le moyen de votre adoption dans la famille de Dieu. Nous demande-t-Il de mourir aussi pour remporter le prix ? Non, Il veut notre amour immortel. S’Il est notre meilleur ami (et si nous avons tant soit peu de sagesse, Il l’est), nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour être digne d’un tel Ami, en état loyaux, fidèles, et en L’aimant. Nous ne ferions rien qui puisse attirer la honte ou la disgrâce sur un tel ami. Le péché amène une telle disgrâce, mais Christ nous dit que nous valons mieux que cela !

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« Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait point ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés [mes] amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai ouï de mon Père. ». Pourquoi ne sommes-nous pas Ses serviteurs ? Parce que des serviteurs ou des esclaves n’ont pas d’autre choix que d’obéir à leur maître. Nous sommes des Amis de Christ parce que nous venons librement à Lui et que nous L’aimons d’un amour divin qu’Il a infusé en nous. Il nous a distribué Ses Vérités choisies, que nous sommes seuls à pouvoir saisir. Le monde ne le peut pas, parce qu’il a préféré les ténèbres à la lumière.

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« Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus, et qui vous ai établis, afin que vous alliez [partout] et que vous produisiez du fruit, et que votre fruit soit permanent ; afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous le donne. ». Voici une profonde vérité qui nous réconforte au plus haut point : Si seulement nous pouvions la saisir pleinement ! Savoir que nous sommes faibles et incapables d’améliorer notre sort est facile. Mais savoir que notre place est dans le cœur de Dieu n’est pas à la portée de notre faiblesse ; nous ne pouvons pas la mériter, cependant elle est d’un grand profit. Nous pouvons être appelés, mais ne pas être finalement choisis en Christ. Mais savoir que Dieu nous a choisis (et tous ceux qui sont choisis le savent sans doute possible) est une vraie bénédiction et un grand réconfort. « … beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Matthieu 20.16). Si nous sommes élus en Christ, Il ne se trompe pas dans Ses choix ; nous porterons sûrement du fruit, et nos prières monteront aux oreilles mêmes de Dieu. Il nous répondra quand nous en appellerons à Lui. Il n’y a pas de faux numéros ni de touche cassée, pas d’abonné absent, pas d’atermoiement. Avez-vous ce privilège, ami ?