L’AMOUR NE DIMINUE JAMAIS

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Paul Apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie qui est en Jésus-Christ : A Timothée, mon fils bien-aimé, que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père, et de la part de Jésus-Christ notre Seigneur. Je rends grâces à Dieu, lequel je sers dès mes ancêtres avec une pure conscience, faisant sans cesse mention de toi dans mes prières nuit et jour. Me souvenant de tes larmes, je désire fort de te voir afin que je sois rempli de joie ; et me souvenant de la foi sincère qui est en toi, et qui a premièrement habité en Loïs, ta grand-mère, et en Eunice, ta mère, et je suis persuadé qu'elle [habite] aussi en toi. C'est pourquoi je t'exhorte de ranimer le don de Dieu, qui est en toi par l'imposition de mes mains. Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, de charité et de prudence. Ne prends donc point à honte le témoignage de notre Seigneur, ni moi, qui suis son prisonnier ; mais prends part aux afflictions de l'Évangile, selon la puissance de Dieu ; qui nous a sauvés, et qui nous a appelés par une sainte vocation, non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels ; et qui maintenant a été manifestée par l'apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort, et qui a mis en lumière la vie et l'immortalité par l'Évangile ; pour lequel j'ai été établi Prédicateur, Apôtre, et Docteur des Gentils. C'est pourquoi aussi je souffre ces choses ; mais je n'en ai point de honte ; car je connais celui en qui j'ai cru, et je suis persuadé qu'il est puissant pour garder mon dépôt jusqu'à cette journée-là. Retiens le vrai patron des saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ. Garde le bon dépôt par le Saint-Esprit qui habite en nous. » (2 Timothée 1.1-14).

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« Paul Apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie qui est en Jésus-Christ ». Si un homme est véritablement appelé au ministère, il y est appelé par l’autorité de l’Église. Cette autorité n’est autre que le Seigneur Jésus-Christ ; tout aussi sûrement que Paul lui-même fut appelé d’une manière étonnante, sur la route de Damas. W. Plumer (1802-1880, théologien Anglican, leader Presbytérien) cite le témoignage d’Albert Barnes, un très bon prédicateur du dix-neuvième siècle dont les études et méditations bibliques ont été tirées à plus d’un million d’exemplaires, et dont l’ambition était de devenir un juriste, avant d’être appelé par Dieu : « Je n’ai réalisé aucun des objectifs de mes jeunes années. J’ai raté tout ce que j’avais envisagé, et que j’espérais accomplir. J’ai fait ce que je n’aurais jamais pensé faire. J’ai connu les larmes et le découragement. J’ai été conduit à l’opposé de mes aspirations. Je vois maintenant qu’alors que je me croyais libre de faire tout ce que je voulais, ma vie entière était sous le contrôle absolu d’une Puissance supérieure, et qu’il existait une volonté et un plan pour ma vie qui ne venait pas de moi. Même les actes les plus volontaires de ma part, je le vois maintenant, étaient dirigés selon ce plan et ce que j’ai fait, je l’ai fait comme si cela ne venait pas de moi ». Au lieu de devenir un brillant juriste, il devint un avocat de la Grâce de Dieu ! Un pasteur appelé au saint ministère ne peut pas s’empêcher de proclamer l’Évangile, et ne se satisfait jamais du confort tranquille de son foyer ou d’un emploi dans le monde séculier. Il peut bien travailler pour gagner son pain, comme il en est requis, mais il ne manquera aucune occasion de prêcher.

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« A Timothée, mon fils bien-aimé, que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père, et de la part de Jésus-Christ notre Seigneur. ». Timothée n’avait pas de père terrestre qui aurait pu lui enseigner l’Évangile. Il avait une mère pieuse qui l’a fait ! Et il avait un père de substitution en la personne de Paul qu’il aimait en bon fils spirituel. Toute grâce, toute miséricorde, descendent du Père et de notre Seigneur Jésus-Christ. En dehors de cela, il n’y a ni grâce ni miséricorde qui vaille, pour un cœur de Chrétien.

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« Je rends grâces à Dieu, lequel je sers dès mes ancêtres avec une pure conscience, faisant sans cesse mention de toi dans mes prières nuit et jour. ». Tout comme un père aimant écrirait à son fils, Paul écrit à Timothée, son fils dans la foi. Ceux qui sont de la famille de Dieu, et spécialement les plus proches auxquels nous sommes spécialement attachés, méritent nos prières constantes, et que nous les ayons toujours à l’esprit. Combien de fois prions-nous en oubliant de mentionner nos amis et notre famille qui ont toujours été nos soutiens dans notre vie et dans notre ministère ! Paul remercie Dieu de lui avoir donné cet esprit de reconnaissance et la mémoire qui va avec. Il remercie aussi pour ses ancêtres et ceux de Gamaliel, son maître : Abraham, Isaac et Jacob, des hommes de foi qui attendaient la venue de Christ, le Messie promis.

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« Me souvenant de tes larmes, je désire fort de te voir afin que je sois rempli de joie … ». Paul se souvient de la tristesse de leur séparation et du désir de Timothée de revoir Paul, et le cœur de Paul est réchauffé par la joie à la pensée de revoir son fils spirituel adoptif. « … et me souvenant de la foi sincère qui est en toi, et qui a premièrement habité en Loïs, ta grand-mère, et en Eunice, ta mère, et je suis persuadé qu'elle [habite] aussi en toi. ». Timothée avait une mère et une grand-mère qui craignaient Dieu. Des empires entiers ont été retournés par de telles femmes. Le Royaume des Cieux bénéficie du zèle de ces femmes. Et le Commandement d’honorer son père et sa mère trouve ici sa meilleure application, en faveur, spécialement, des parents dont l’influence a favorisé des vies pieuses et droites chez leurs enfants. Comme le père biologique de Timothée n’a pas assumé cette responsabilité, sa mère et sa grand-mère ont rempli cet office vacant.

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« C'est pourquoi je t'exhorte de ranimer le don de Dieu, qui est en toi par l'imposition de mes mains. ». Paul trouve qu’il est à propos de rappeler à Timothée la foi authentique qui règne dans son cœur, laquelle aurait pu se refroidir comme braise dont le souffle du Saint-Esprit peut ranimer la flamme. Le don auquel Paul fait allusion est celui de la prédication, qui lui a été transmis apostoliquement par l’imposition des mains de Paul.

« Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, de charité et de prudence. ». La seule crainte que Dieu devrait nous inspirer est celle de désobéir à un si bon Père céleste. Nous ne voulons pas faire honte ni déshonorer nos parents, et nous devons avoir encore plus en aversion de faire de même à l’encontre d’un Père si gracieux et aimant que Celui que nous avons en Dieu. Au lieu de craindre pour notre vie, nous devrions être conscients de la toute-puissance de Christ envers nous. Bien sûr, la seule façon d’avoir un esprit de force est d’endosser l’Esprit qui était en Christ. Nous devrions également posséder un esprit d’amour. La nature étonnante de l’amour est de ne jamais diminuer, mais d’augmenter par le partage.

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« Ne prends donc point à honte le témoignage de notre Seigneur, ni moi, qui suis son prisonnier ; mais prends part aux afflictions de l'Évangile, selon la puissance de Dieu ». La honte est la compagne de la peur. Si nous avons honte de l’Évangile de Christ, ou de ceux qui le soutiennent bravement, nous aurons également peur de dévoiler notre sympathie envers cet Évangile, parmi ceux qui ont la foi chrétienne en horreur. « Car quiconque aura eu honte de moi et de mes paroles parmi cette nation adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aura aussi honte de lui, quand il sera venu, environné de la gloire de son Père avec les saints Anges. » (Marc 8.38). En raison du manque d’influence de son père dans sa vie, Timothée était sans doute timide, mais il ne manquait certes ni de courage ni de foi. Nous sommes « plus que vainqueurs » (Romains 8.37) en Christ qui nous aime. C’est pourquoi, notre prédication de l’Évangile devrait manifester puissance et autorité, pas la timidité.

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Nous devons nous appuyer sur Dieu « qui nous a sauvés, et qui nous a appelés par une sainte vocation, non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels ; et qui maintenant a été manifestée par l'apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort, et qui a mis en lumière la vie et l'immortalité par l'Évangile ». C’est clairement une grande expression de la vérité de la grâce de Celui qui appelle aussi bien des hommes que des femmes à la foi, et quelques-uns au saint ministère, non en fonction de nos œuvres, ni même de notre bon vouloir, mais selon Son propre projet et Sa grâce. L’appel de Dieu est insistant et incontournable. Le poète Francis Thompson (1859-1907) exprime bien cela dès les premières lignes de son poème ci-après :

MEUTE CÉLESTE

Je L’ai fui, au long des jours et des nuits ;

Je L’ai fui, tout au long des années ;

Je L’ai fui, par les chemins tordus

De ma pensée ; et dans les larmes

Je me suis caché de Lui, dans une rigolade constante.

J’ai foncé vers des mirages ;

Et j’ai été touché, précipité,

Dans l’ombre titanesque, écrasé par la crainte,

De ces pas qui me suivaient, me suivaient toujours.

Mais dans une poursuite lente, patiente,

Dans une paix imperturbable

Une vitesse choisie, une insistance majestueuse,

J’en entends le bruit, et la voix

Plus insistante que les pas :

« Tout te trahit, toi qui Me trahit ».

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« … pour lequel j'ai été établi Prédicateur, Apôtre, et Docteur des Gentils. ». Tous les appels sont différents. Dieu se sert de nos dons particuliers (qu’Il nous a donnés) et les façonne en vue de l’appel qu’Il estime convenir à nos dispositions. Paul a été appelé à trois fonctions : prédicateur, apôtre et enseignant. Il a été appelé en particulier à un ministère auprès des Gentils (païens). D’autres peuvent être appelés à un ministère unique auprès des orphelins, des veuves ou des infirmes.

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« C'est pourquoi aussi je souffre ces choses ; mais je n'en ai point de honte ; car je connais celui en qui j'ai cru, et je suis persuadé qu'il est puissant pour garder mon dépôt jusqu'à cette journée-là. ». Les souffrances de Paul en tant que prisonnier font partie de son saint ministère. Ne vous y trompez pas : Il y a un prix à payer quand on a la foi. Mais il est vrai que les gratifications surpasseront toutes les souffrances présentes, et un véritable enseignant de Christ ne jouira d’aucun privilège venant du monde. Paul n’a ni honte ni crainte, car il est pleinement conscient de la sécurité dont il bénéficie dans le Seigneur en Qui il a placé sa foi et sa confiance. Il est convaincu que tout ce qu’il a confié à Christ – les âmes gagnées aussi bien que les sacrifices – sera crédité à la Banque du Ciel, à la fin.

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« Retiens le vrai patron des saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ. ». Combien sont ceux qui retiennent aujourd’hui « le vrai patron des saines paroles » ? Des Chrétiens apparemment pieux sont très facilement détournés de la source des eaux pures qui fut premièrement prêchée aux saints. La Sainte Bible a été déformée par des retraductions vulgaires et hors de propos, pour faire de l’argent avec les droits d’auteur. Les vilains qui prétendent proposer des « traductions meilleures et plus signifiantes », n’ayant que de vagues connaissances du grec et de l’hébreu, se font la risée des grands esprits à l’origine des traductions de Genève, de Luther ou de King James. Et ils ont si peu de soin pour la Parole de Dieu qu’ils se prévalent de tous les prétextes pour en diminuer l’impact et l’autorité.

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« Garde le bon dépôt par le Saint-Esprit qui habite en nous. ». Faisons cela par tous les moyens, car le Saint-Esprit est capable de garder ce bon dépôt en lieu sûr. Gardez la foi, gardez l’espérance, gardez la vérité et n’en ayez ni honte ni crainte.