LA RÉSURRECTION

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Or le premier jour de la semaine Marie Magdelaine vint le matin au sépulcre, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. » (Jean 20.1).

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Il n’est pas inapproprié de fêter la résurrection de Christ le samedi, parce qu’elle aurait pu se produire le samedi soir ; après le coucher du soleil, c’est déjà dimanche, le premier jour de la semaine. « Or au soir du Sabbat, au jour qui devait luire pour le premier de la semaine, Marie-Madeleine, et l'autre Marie vinrent voir le sépulcre. » (Matthieu 28.1). Le jour du sabbat se termine toujours quand le soleil se couche, le samedi soir. Une chose est certaine, d’après ce texte : Christ ne s’est pas relevé de la mort au lever du jour, le dimanche matin, comme quelques Églises le prétendent et le pratiquent. Il faisait déjà nuit quand Marie Madeleine est arrivée au tombeau. Mais c’est un détail. La beauté de Pâques est le fait que Jésus est ressorti de la tombe, vivant.

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Vous aurez remarqué que la pierre qui fermait le tombeau avait déjà été roulée de côté, bien avant le jour. St Matthieu rapporte ceci : « Or au soir du Sabbat, au jour qui devait luire pour le premier de la semaine, Marie-Madeleine, et l'autre Marie vinrent voir le sépulcre. Et voici, il se fit un grand tremblement de terre, car l'Ange du Seigneur descendit du ciel, et vint, et roula la pierre à côté de l'entrée [du sépulcre], et s'assit sur elle. Et son visage était comme un éclair, et son vêtement blanc comme de la neige. Et les gardes en furent tellement saisis de frayeur, qu'ils devinrent comme morts. » (Matthieu 28.1-4). Dans le calendrier hébreu, le sabbat commence la veille au soir et se termine le samedi soir, au coucher du soleil. Combien de temps après le coucher du soleil Christ est-il ressorti de la tombe ? C’est un objet de spéculation, qui n’est pas essentiel. Mais pourquoi l’Ange a-t-il roulé la pierre de côté ? Apparemment, quand les gardes se sont réveillés, il n’y avait personne dans le tombeau. Ils ont couru chez Pilate et ne sont pas retournés au tombeau vide, car il n’y avait plus rien à garder en ce lieu déserté.

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Notre Seigneur avait-Il besoin que quelqu’un roule la pierre pour Lui ? Je ne le pense pas. Il y a des indices qui montrent que les portes fermées à double tour ne L’ont pas empêché de pénétrer dans la Chambre Haute et d’y apparaître aux Disciples, après Sa résurrection. Donc, s’il n’était pas indispensable que la pierre fût roulée de côté pour permettre à Christ de sortir de la tombe, pourquoi l’ange l’a-t-il ôtée ? Je crois que c’est pour que le monde soit témoin de ce que la tombe était vide !

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Mon expérience de vie au Moyen-Orient durant plusieurs années m’a appris que l’aube du premier jour se Pâques était éclatante de luminosité, une fois le soleil levé. La tombe était dans un jardin, près de Golgotha. Un jardin est un endroit où poussent des fleurs et des buissons. Je suis persuadé que ce jardin était typiquement bordé de hauts cèdres fastigiés, et qu’il était baigné par le parfum des roses.

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Mais avant cela, alors qu’il faisait encore nuit, on pouvait distinguer la silhouette d’une femme parcourant tout Jérusalem, et, sortant de la ville, se rendre au jardin. C’était une heure où le danger était partout présent, une heure où on ne s’attendrait pas à voir une femme errer seule par les sombres rues. Il est possible que Marie Madeleine ait autrefois souvent vaqué dans la rue, dans une intention fort différente… Mais ce matin-là, son grand amour pour Jésus l’a conduite hors du lit pour parcourir les ruelles de la ville, jusqu’au jardin où elle avait vu pour la dernière fois le corps de Jésus, étendu dans une tombe d’emprunt.


Vous vous souvenez que seules les femmes, et Jean, sont restées courageusement au pied de la croix de Jésus. « Il y avait là aussi plusieurs femmes qui regardaient de loin, et qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, en le servant. Entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine ; et Marie mère de Jacques et de Joses ; et la mère des fils de Zébédée. » (Matthieu 27.55-56). Oui, Marie-Madeleine était l’une de ces femmes ! Elle n’a jamais perdu de vue le corps de Jésus, jusqu’à ce que la tombe fût refermée sur Lui. Son amour était de la sorte de ceux qui s’attache à son objet, et Christ le Seigneur était l’objet de son amour. « Ainsi Joseph prit le corps, et l'enveloppa d'un linceul net ; et le mit dans son sépulcre neuf, qu'il avait taillé dans le roc ; et après avoir roulé une grande pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla. Et là étaient Marie-Magdeleine et l'autre Marie, assises vis-à-vis du sépulcre. » (Matthieu 27.59-61). Elle est même restée auprès de la tombe jusqu’à ce que, le sabbat approchant, elle fût obligée de partir.

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Comme vous le savez bien, Jésus observait chaque sabbat, et ce sabbat-là ne faisait pas exception. Il reposa dans la tombe du jardin pendant tout le sabbat, attendant la fin du sabbat pour ressusciter, après le coucher du soleil. Il est certain que c’était déjà le commencement du premier jour de la semaine, dans la nuit.

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Marie-Madeleine est donc soucieuse, se demandant ce qu’elle pourrait faire, une fois parvenue au tombeau. Elle voulait oindre une dernière fois le corps de Jésus, mais elle ne savait pas comment rouler la pierre qui en bloquait l’entrée. Il n’y aurait eu personne, à cette heure-là, pour rouler la pierre, pour qu’elle puisse entrer dans la tombe. Comme le bon vieux cantique le dit, Marie était « venue seule au jardin, pendant que la rosée humectait encore les roses ». En approchant, son inquiétude grandit encore en voyant que la pierre avait déjà été ôtée. Par qui ? Il n’y avait personne en vue. Peut-être que quelqu’un avait profané la tombe de son Seigneur bien-aimé ? Le texte suivant indique qu’elle a sûrement regardé à l’intérieur du tombeau : « Mais Marie se tenait près du sépulcre dehors, en pleurant ; et comme elle pleurait, elle se baissa dans le sépulcre ; et vit deux Anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête, et l'autre aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché » (Jean 20.2). Les deux hommes, Pierre et Jean, arrivent en courant pour inspecter les lieux. Ils entrent tous les deux dans la tombe et la trouvent vide, mais les linges mortuaires y sont encore, soigneusement pliés. Quelque chose les persuade de la résurrection de Christ. « Alors Simon Pierre qui le suivait, arriva, et entra dans le sépulcre, et vit les linges à terre. Et le suaire qui avait été sur la tête [de Jésus], lequel n'était point mis avec les linges, mais était enveloppé en un lieu à part. Alors l'autre Disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, y entra aussi, et il vit, et crut. » (Jean 20.6-8). Les deux hommes s’en vont alors, laissant Marie seule, le cœur brisé. Elle pleurait amèrement.

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« Marie se tenait près du sépulcre dehors, en pleurant ; et comme elle pleurait, elle se baissa dans le sépulcre ; et vit deux Anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête, et l'autre aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché. Et ils lui dirent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur dit : Parce qu'on a enlevé mon Seigneur ; et je ne sais point où on l'a mis » (Jean 20.11-13). Marie était venue rechercher le cadavre de Celui qu’elle aimait plus que sa propre vie, mais une surprise l’attendait. Quand les anges ont vu Marie devant le tombeau, ils voyaient ce qui se passait derrière elle. Ils voyaient clairement la silhouette d’un homme qui se tenait derrière Marie. Ils devaient sûrement exulter de joie : « … Elle leur dit : Parce qu'on a enlevé mon Seigneur ; et je ne sais point où on l'a mis. » (Jean 20.13). La mort et la perte du corps d’un Ami et Sauveur bien-aimé est sans aucun doute un motif de pleurer. Mais elle a persisté à chercher où Il était passé, et elle allait bientôt le savoir !

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« Et quand elle eut dit cela, se tournant en arrière, elle vit Jésus qui était là ; mais elle ne savait pas que ce fût Jésus » (Jean 20.14). Combien de fois n’avons-nous pas été inquiets en nous retrouvant seuls, sans Christ, alors qu’il se tenait juste devant nous ! La profusion des larmes de Marie l’aveuglait, comme Agar en pleurs qui ne voyait pas la source, dans le désert. Elle vit Jésus, mais elle le voyait flou, à travers ses larmes. Elle l’a pris pour le jardinier ! Mais vous savez quoi ? Jésus EST le jardinier, Celui qui donne la Vie « Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle pensant que ce fût le jardinier, lui dit : Seigneur, si tu l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je l'ôterai. » (Jean 20.15).

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Rien dans sa voix ne permettait de déceler l’identité du personnage avec qui elle parlait, même si les Paroles de Jésus étaient précisément les mêmes que celles des anges. Le Seigneur peut souvent nous surprendre, avec la joie de Le retrouver là où nous ne pensions pas qu’Il fût. Mais personne ne sait nous appeler par notre nom comme Jésus le fait. Sa voix est différente de toutes les autres. Même le cadavre de Lazare a répondu à l’appel de Jésus. « Jésus lui dit : Marie ! Et elle s'étant retournée, lui dit : Rabboni ! C’est-à-dire, mon Maître ! » (Jean 20.16). Après que Jésus a appelé Marie par son nom, plus aucune explication n’était nécessaire. Une fois qu’Il nous a appelés par notre nom, on sait que c’est Lui et on réagit aussitôt. Personne ne pouvait appeler Marie par son nom avec autant d’amour, de tendresse et d’autorité. Ses larmes de deuil se sont changées en larmes de joie absolue ! Voilà ce que fait Christ au pauvre pécheur, pour ceux qu’Il a appelés. Quel matin de Pâques béni était-ce ! Marie est venue chercher le cadavre de son Seigneur, pour finalement trouver le corps ressuscité de son Sauveur ! Marie est donc devenue le premier messager à rendre compte de la plénitude de l’Évangile de Christ ressuscité. « Marie Magdelaine vint annoncer aux Disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses. » (Jean 20.18).

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P. S. : Il y a un point que je voudrais souligner au sujet de Pierre. Comme vous vous en souvenez, Pierre avait renié Christ par trois fois, la nuit de Son procès. C’est le seul disciple à l’avoir fait Il ne s’est pas particulièrement distingué par ses actions. Il était amèrement peiné de son propre comportement, et quand Christ s’est retourné pour le regarder droit dans les yeux, après le troisième reniement, il a pleuré amèrement. Il a dû éprouver un immense regret quand Jésus fut mis au tombeau. J’espère que vous avez noté ce que les anges ont dit aux femmes rassemblées à la tombe : « Mais allez, et dites à ses Disciples, et à Pierre, qu'il s'en va devant vous en Galilée ; vous le verrez là, comme il vous l'a dit. » (Marc 16.7). Vous aurez remarqué la mention spéciale de Pierre, parmi les autres disciples : « et à Pierre ». Dieu ne fait pas de préférences, et la mention spéciale de Pierre n’avait rien d’honorifique. Je crois que c’était parce que le Seigneur savait ce que Pierre avait souffert, au cours des dernières heures. Il savait l’angoisse de Pierre, se demandant s’il avait gravement offensé son souverain Seigneur au point qu’il n’oserait plus jamais s’en approcher. Même alors, l’amour de Christ pour les Siens est prouvé dans ce message personnel pour Pierre. Notre Seigneur a une considération particulière pour nous aussi, non parce que nous serions des êtres humains différents, à Son service, mais parce qu’Il connaît chacune de nos faiblesses et qu’Il nous aime en dépit de nos défauts et de nos faiblesses. Il nous aime assez, non seulement pour mourir pour nos péchés, le Vendredi Saint, mais aussi pour vaincre la mort et l’enfer en ressuscitant à Pâques, pour nous. Vous réjouissez-vous à cette pensée glorieuse, ami ?


Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.