LE ROI D’AMOUR

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Qui est-ce qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce l'oppression, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la famine, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée ? Ainsi qu'il est écrit : Nous sommes livrés à la mort pour l'amour de toi tous les jours, et nous sommes estimés comme des brebis de la boucherie. Au contraire, en toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les Anges, ni les Principautés, ni les Puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature, ne nous pourra séparer de l'amour de Dieu, qu'il nous a [montré] en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 8.35-39).

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Voici un cantique qui est rempli d’amour révérencieux. On peut dire sans erreur que les paroles en ont été écrites par Dieu lui-même, car elles sont une version métrique du Psaume 23. Les cantiques métriques étaient les seuls à être chantés dans l’Église ancienne, car ils étaient tirés directement du texte de la Bible, à partir des versions de la Réformation, plus précises que les traductions consensuelles récentes. Pourquoi changer si c’est pour le moins bien ?

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La paraphrase du Psaume 23 est due à Henry Williams Baker, en 1868, et l’air est repris du cantique « Dieu règne en moi », composé par John Bacchus Dykes (1823-1876).

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LE ROI D’AMOUR EST MON BERGER

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Le Roi d’amour est mon berger,

Sa bonté ne faillit jamais ;

Rien ne peut manquer, si je suis sien,

Et il est mien pour toujours.

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Là où coulent les torrents d’eaux vives,

Il a libéré mon âme rançonnée,

Et là où croît un vert pâturage,

Il me nourrit d’une nourriture céleste.

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Souvent j’ai dévié dans la perversion et la folie,

Mais dans son amour, Il m’a cherché,

Me portant doucement sur son épaule,

Joyeux, il m’a ramené à la maison.

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Dans la sombre vallée de la mort je ne crains aucun mal

Avec toi, cher Seigneur, à mon côté ;

Ta houlette et ton bâton sont mon réconfort,

Ta croix d’autrefois est mon guide.

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Tu dresses une table sous mes yeux ;

Tu m’accorde une onction de grâce ;

Et quel transport de délices

Coule de ton pur calice !

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Ainsi, à travers la longueur des jours

Ta bonté ne faillit jamais :

Bon berger, je veux chanter ta louange

Dans ta maison pour toujours. Amen.

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Le Roi d’amour est mon berger, Sa bonté ne faillit jamais ; Rien ne peut manquer, si je suis sien, Et il est mien pour toujours. La royauté d’amour a été manifestée sur la croix, au Calvaire. Notre Seigneur Jésus-Christ est le véritable Souverain du Royaume, le seul Royaume qui durera éternellement, et la source de toute vertu, et de l’Amour. Ce fut l’Amour qui animait Son Esprit quand Il a créé les cieux et la terre ; et c’est encore l’Amour qui L’a poussé à descendre vers nous, à nous racheter par Son propre sang. Il est le seul bon, et c’est cette bonté qui est à l’origine de notre Salut. Un de mes amis a posé sur sa maison un écriteau où il est écrit : « Celui qui a Jésus-Christ et de grandes richesse n’a rien de plus que celui qui a seulement Jésus-Christ ». Comme c’est vrai ! Si nous possédons Christ, nous possédons tout de qui est bon, car Lui seul est bon. Nous ne manquons jamais de rien avec Christ. Nous pouvons ressentir des désirs que le Seigneur estime inappropriés, mais Il nous fournit tout ce dont nous avons réellement besoin. Une fois que nous appartenons à Christ, sous sommes à Lui, et Il est à nous, pour toujours. Il ne change pas d’avis juste parce que nous traversons des périodes difficiles. « Que vos mœurs soient sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : Je ne te laisserai point, et je ne t'abandonnerai point » (Hébreux 13.5). En Jésus, nous sommes en sécurité.

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Là où coulent les torrents d’eaux vives, Il a libéré mon âme rançonnée, Et là où croît un vert pâturage, Il me nourrit d’une nourriture céleste. Le Seigneur sait où il y a des eaux pures qui coulent, car Il est la source de la fontaine de vie. « Ils seront abondamment rassasiés de la graisse de ta maison, et tu les abreuveras au fleuve de tes délices » (Psaume 36.9). Ceux qui étaient rançonnés verront ce fleuve, au pays des Vivants. « Puis il me montra un fleuve pur d'eau vive, transparent comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau. Et au milieu de la place de la Cité, et des deux côtés du fleuve était l'arbre de vie, portant douze fruits, et rendant son fruit chaque mois ; et les feuilles de l'arbre [sont] pour la santé des Gentils. » (Apocalypse 22.1-2). Tout ce qui a été perdu en Éden sera retrouvé au Ciel. Notre Berger sait où trouver des pâturages verdoyants où nous serons bien nourris. Nul autre ne sait où trouver des eaux et ces vivres pleins de santé. Sa nourriture n’est pas la nourriture ordinaire de ce monde, mais une nourriture céleste : Le pain qui est descendu du Ciel. Il est notre Manne !

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Souvent j’ai dévié dans la perversion et la folie, Mais dans son amour, Il m’a cherché, Me portant doucement sur son épaule, Joyeux, il m’a ramené à la maison. Quand le chiot d’un enfant s’égare dans les dangers de la rue, l’enfant ne se met pas en colère, habituellement, mais il aime son petit chien et part à sa recherche ; il le ramène en sécurité en le portant sur son sein. Nous sommes tous aussi fous que des chiots. Nous nous égarons là où ne devrions pas aller, et nous consommons des choses qui ne sont pas bonnes pour nous. Mais l’Amour de notre Seigneur est plus grand que tous nos épisodes de désobéissance ou nos manques de sagesse. Comme Il l’a fait pour Abraham qui négligeait souvent les conseils du Seigneur, Il nous tire hors des fossés que nous avons-nous-mêmes creusés et où nous sommes tombés, et Il nous rétablit sur un sol ferme. Quand je vivais en Iran, c’était l’habitude des bergers de porter l’agneau le plus jeune sur leurs épaules. Les plus grands agneaux qui n’arrivaient pas à suivre étaient portés sur la poitrine du berger. Mais notre Berger est plus grand qu’eux en Amour et en pouvoir. Chaque fois que nous avons failli et déçu, dans nos moments de faiblesse ou d’échec, Il nous portait.

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Dans la sombre vallée de la mort je ne crains aucun mal Avec toi, cher Seigneur, à mon côté ; Ta houlette et ton bâton sont mon réconfort, Ta croix d’autrefois est mon guide. Mais oui : c’est bien cette sombre vallée de la mort qui est visée ici. Aucun vivant n’évitera de passer par cette vallée. Mais notre Seigneur a déjà traversé cette vallée pour nous. Souvenez-vous que la mort n’a rien de consistant pour ceux qui sont rachetés ; ce n’est qu’une ombre. Il est toujours avec nous, dans les moments d’abondance comme dans les dangers. Les serviteurs de ce Berger ont deux fonctions :

1- Prodiguer la discipline ;

2- Sauver du danger.

Même si nous ressentons une joie indicible en Christ, nous ne devons pas quitter des yeux la Croix qui nous indique le chemin. Jeanne d’Arc était une jeune héroïne innocente, qui fut injustement vouée aux flammes du martyre. Alors qu’elle était attachée au bûcher déjà en flammes, elle émit une seule requête : Qu’une croix soit maintenue devant ses yeux enfiévrés, alors qu’elle agonisait. Ainsi est-elle est morte aux douleurs et aux misères de cette vie, et a aussitôt rouvert les yeux en présence du Roi d’Amour.

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Tu dresses une table sous mes yeux ; Tu m’accorde une onction de grâce ; Et quel transport de délices Coule de ton pur calice ! Souvent, les méchants de ce monde se demandent d’où nous tirons notre joie et notre assurance dans les moments stressants. Leurs yeux ne peuvent pas voir la Table dressée par le Seigneur, mais ils remarquent la joie de nos cœurs et sont interpellés. Son Amour est à la mesure de Sa Grâce illimitée. La grâce n’est pas une chose qui se mérite, mais qui est donnée gratuitement. Oui, il est bien vrai que notre coupe déborde ! Quand un cœur est rempli de cet Amour de Christ, il ne peut pas contenir de résidu. L’Amour remplit le cœur de fond en comble, et il déborde car le cœur humain est trop petit pour le contenir. Plus on donne d’amour, plus il nous en reste dans le cœur. Le monde ne peut pas le comprendre.

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Ainsi, à travers la longueur des jours Ta bonté ne faillit jamais : Bon berger, je veux chanter ta louange Dans ta maison pour toujours. Amen. Oui, la bonté et la miséricorde du Seigneur suit son peuple partout où il va. Mais elles ne marchent pas devant nous. Dans les jours d’épreuve et de tentation, nous ne voyons pas ces miséricordes, jusqu’à ce que notre âme en soit affamée et les recherche. Même si nous n’en sommes pas toujours conscients, elles sont juste derrière nous et elles ne manquent jamais de nous rattraper si nous tombons en arrière. C’est un privilège et un honneur de chanter les louanges du Bon Berger et Roi de nos âmes. Imaginez seulement la grande joie qui nous attend, au-delà de notre vision voilée ! Bien que notre joie soit grande dans cette vie, combien sera-t-elle plus joyeuse encore quand nous habiterons la Maison du Seigneur, pour l’éternité !