LE VIN DE L’AMOUR

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« C'est lui qui conduit les fontaines par les vallées, tellement qu'elles se promènent entre les monts. Elles abreuvent toutes les bêtes des champs, les ânes sauvages en étanchent leur soif. Les oiseaux des cieux se tiennent auprès d'elles, et font résonner leur voix d'entre la ramée. Il abreuve les montagnes de ses chambres hautes ; [et] la terre est rassasiée du fruit de tes œuvres. Il fait germer le foin pour le bétail, et l'herbe pour le service de l'homme, faisant sortir le pain de la terre ; et le vin qui réjouit le cœur de l'homme, qui fait reluire son visage avec l'huile, et qui soutient le cœur de l'homme avec le pain. » (Psaume 104.10-15).

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Lorsque nous pensons à la coupe de Vin de la sainte Communion, quelles images nous viennent à l’esprit ? Sont-ce des images de beuverie et d’excès, ou des images d’amour, de tendresse, de sacrifice ou même de joie partagée ? Ce vin n’est-il pas un vin extraordinaire, plutôt qu’un vin ordinaire et banal ? Si ce Vin de la Coupe de la Pâque de notre Seigneur était un vin ordinaire de consommation courante, est-ce que nous le considérerions avec la même tendresse et la même affection que l’amour rare et peu banal que seul Christ peut apporter ?

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Depuis l’époque de la Réformation, les Réformateurs Anglais, et spécialement l’Archevêque Cranmer, conseillaient d’éviter de faire de la Coupe une chose banale. Le Seigneur a institué la Cène à Pâque – une fête annuelle – et il nous est dit à ce propos : « Ôtez donc le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain ; car Christ, notre Pâque, a été sacrifié pour nous. » (1 Corinthiens 5.7). Rien ni personne ne nous commande de faire du Pain et du Vin une obligation quotidienne, ni même hebdomadaire ; c’est un principe des Réformateurs, au début de la Réformation, qu’une communion trop fréquente la rend moins édifiante et signifiante. Il ne faut pas la célébrer trop souvent afin qu’elle ne devienne pas une routine mécanique plutôt que le partage spirituel et révérencieux du Corps et du Sang du Seigneur par le Corps de Christ – Son Église. L’incitation à faire de la sainte Communion une observance hebdomadaire vient du Mouvement d’Oxford, avec des hommes tels que John Henry Newman qui voulait ramener l’Église Anglicane dans le giron du Catholicisme romain. Ce même Newman a finalement trahi son serment et il est passé à Rome.

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Pourquoi donc utilisons-nous du vin et une coupe unique pour célébrer la communion ? C’est parce qu’une coupe unique illustre le fait que nous partageons, en tant que Chrétiens, la Coupe même du Seigneur. Nous devons tous prendre notre Croix et Le suivre, chaque jour.

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En quoi le vin est-il comme l’Amour de Christ ? Voici quelques réponses, parmi d’autres :

1. Un bon vin est doux et agréable à goûter, sous tous ses aspects. Christ possède le pédigrée le plus élevé, venant du Ciel, et Il est doux à la mémoire et à la pensée du Chrétien.

2. À l’époque de Christ, l’alcool contenu dans le vin assurait que la boisson était exempte de bactéries pathogènes, ce qui n’était pas le cas de l’eau. Christ est exempt tout élément nocif pour nos âmes, et pur de toute imperfection.

3. Le vin vieux est habituellement considéré comme de meilleure qualité que le vin nouveau. L’« Ancien des Jours » bénéficie d’une durée qui va de l’éternité passée à l’éternité future, et Sa qualité est au-dessus de tout ce que nous pouvons connaître.

4. Le vin réchauffe le cœur et le rend joyeux, d’une joie qui ne résulte d’aucun succès personnel. Christ nous réchauffe le cœur avec la joie d’être pardonné, accepté, et aimé – toutes qualités pour lesquelles nous n’avons eu aucun effort à fournir.

5. Le vin soulage le chagrin et la dépression. « Donnez de la cervoise à celui qui s'en va périr, et du vin à celui qui est dans l'amertume de cœur ; afin qu'il en boive, et qu'il oublie sa pauvreté, et ne se souvienne plus de sa peine. » (Proverbes 31.6-7). Quand notre cœur est au plus bas, Christ vient et le remplit de joie.

6. Le vin permet aux hommes d’oublier leurs chagrins, tout comme Christ conduit les hommes à se détourner de leur triste passé de péché, pour commencer une nouvelle vie dans l’amour et la joie.

7. Le vin est souvent prescrit par les médecins à ceux qui ont des maladies de cœur – avec modération, naturellement ! Il améliore la circulation sanguine en fluidifiant le sang. L’amour de Christ est un excellent élixir pour le cœur, car il le purifie et le rénove. Un cœur qui reçoit Christ est un cœur neuf qui déborde d’amour.

8. Un bon vin provient d’un bon cépage. De quel cépage Christ parle-t-Il quand il dit « Je suis le vrai Cep, et mon Père est le Vigneron » (Jean 15.1) ? N’est-ce pas Dieu le Père ? Il n’y a pas de meilleur cépage dans tout l’Univers.

9. Le vin est un baume désinfectant sur les plaies. Le Bon Samaritain en a oint les blessures de l’homme laissé pour mort sur la route de Jéricho.

10. Le vin augmente le courage. Le vin du monde donne un faux courage. Mais le Vin de Christ donne une force véritable, qui peut aller jusqu’à s’offrir en sacrifice vivant, pour Dieu.

11. Le vin fait partie des repas de noces, comme à Cana, en Galilée. Et le Vin de la Communion préfigure le repas des noces du Seigneur et de Son Épouse, l’Église.

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Avec ces qualités, le Vin symbolise l’amour de Christ, et nous devons nous garder de faire de la Sainte Communion une observance trop commune, en la célébrant en dehors des occasions spéciales. Nous devons prendre ce Sacrement sobrement, dans le recueillement et la méditation. « La coupe de bénédiction, laquelle nous bénissons, n'est-elle pas la communion du sang de Christ ? Et le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion du corps de Christ ? Parce qu'il n'y a qu'un seul pain, nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps ; car nous sommes tous participants du même pain. » (1 Corinthiens 10.16-17). Christ n’a pas donné de précision quant à la fréquence de la Communion ; cependant, si elle doit prendre la nature de la Pâque, que Christ est devenu véritablement à la Croix, est-il juste de la dénaturer en en faisant une fête de la louange ? Ou bien devons-nous la réserver à des moments cruciaux de l’année liturgique, en lui conférant toute la révérence qui lui est due, lorsque sa profonde signification peut être le mieux exposée et comprise ? « De même aussi après le souper, il prit la coupe, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez de ce pain, et que vous boirez de cette coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur jusques à ce qu'il vienne. C'est pourquoi quiconque mangera de ce pain, ou boira de la coupe du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même, et ainsi qu'il mange de ce pain, et qu'il boive de cette coupe ; car celui qui [en] mange et qui [en] boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne distinguant point le corps du Seigneur. » (1 Corinthiens 11.25-29).

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Les éléments pain et vin ne manifestent pas le corps physique de Dieu. Ils ne doivent pas être idolâtrés, mais pris en tant que symboles du corps et du sang de Christ. Ils représentent sa « présence spirituelle » sous ces éléments, et non Son corps et Son sang physiquement réels. Est-ce que nous vénérons Christ qui a utilisé ces symboles comme une de Ses paraboles, ou est-ce que nous vénérons le symbole en tant que tel ? Gardez-vous de l’idolâtrie de Rome !