Lui prêter toute notre attention

Lui prêter toute notre attention

« Je prie les Anciens qui sont parmi vous, moi qui suis Ancien avec eux, et témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être révélée, [et je leur dis] : 2 Paissez le Troupeau de Christ qui vous est commis, en prenant garde sur lui, non point par contrainte, mais volontairement ; non point pour un gain déshonnête, mais par un principe d'affection. 3 Et non point comme ayant domination sur les héritages [du Seigneur], mais en telle manière que vous soyez pour modèle au Troupeau. 4 Et quand le souverain Pasteur apparaîtra, vous recevrez la couronne incorruptible de gloire. 5De même, vous jeunes gens, soyez soumis aux Anciens, et ayant tous de la soumission l'un pour l'autre, soyez parés par-dedans d'humilité, parce que Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. 6 Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand il en sera temps ; 7 Lui remettant tout ce qui peut vous inquiéter : car il a soin de vous. » (1 Pierre 5/1-7).

La Parole de Dieu édicte une forte exhortation visant les ministres de Son Église « Paissez le Troupeau de Christ qui vous est commis » (1 Pierre 5/2a). D’abord, le ministre, spécialement, étant celui qui a le plus besoin qu’on le lui rappelle, doit savoir que le troupeau n’est en aucun cas celui du pasteur, mais celui de Dieu seul ! Malheureusement, nous retirons une impression opposée en constatant la popularité iconique que de nombreux ministres modernes développent pour eux-mêmes dans les grandes églises spirituellement vides d’Amérique. Le ministre, je vous le rappelle (ainsi qu’à moi-même), est un serviteur avant d’être un dirigeant, amenant des âmes à Christ. Ceci est la vérité la plus communément éludée dans tous les ministères d’Église.

J’ai poussé de nombreux amis, et même des membres de ma famille, à lire la Parole de Dieu pour voir si la vérité n’éclate pas en faisant la lumière sur quelque sujet ; mais on me répond souvent : « Eh bien, je dois reconnaître que la Bible dit clairement ce que vous affirmez, mais mon pasteur a une opinion différente, et je dois m’accorder avec lui ». N’est-ce pas un manque de bon sens étonnant, et une preuve de manque de foi et de confiance dans la Parole de Dieu ? Je crois fermement que de nombreux ministres actuels ont complètement inversé le conseil de Paul dans le verset 2 ci-dessus.

Ils modifient le commandement de nourrir le troupeau de Dieu en « nourrissez-vous sur le troupeau de Dieu ». Volontairement ou non, ils sont littéralement devenus des loups déguisés en agneaux, car le vêtement qu’ils portent provient du dépeçage des moutons eux-mêmes.

Pour conseiller les autres et leur donner des avis, un homme doit avoir marché dans la voie qu’il impose aux autres. Paul a fait cela. Même si la Bible suggère à l’Église de fournir les moyens de vivre aux ministres à plein temps, cela s’entend d’émoluments limités et non d’un salaire lucratif. Paul fabriquait des tentes pour se procurer les moyens de vivre en épargnant l’Église. Combien de Paul avons-nous dans le ministère aujourd’hui ? Nous en avons quelques-uns, grâce à Dieu ; mais pas tout à fait autant que ceux de l’autre sorte, lesquels vivent dans les délices sur le dos de paroissiens pauvres.

« ... en prenant garde sur lui, non point par contrainte, mais volontairement » (1 Pierre 5/2). L’appel au ministère doit venir de Dieu et non des hommes. Sans égard pour notre sentiment si fort soit-il qu’un frère prometteur devrait devenir pasteur, nos opinions et encouragements n’ont aucun poids face à ce légitime appel de Dieu. Si la volonté charnelle d’un homme est soumise à la parfaite volonté de Dieu, il reconnaît la voix de Dieu l’appelant au ministère quand cet appel est prononcé. Ceci satisfait aux deux premières exigences visant un homme appelé au ministère :

1) L’appel doit venir de Dieu.

2) L’homme doit savoir que Dieu l’a appelé ; et

3) L’Église doit reconnaître cet appel, d’après la façon de vivre de l’appelé.

Il n’y a pas de « prédicateurs nés », et nul ne reçoit un appel par droit de succession ou vouloir personnel.

« ... non point pour un gain déshonnête, mais par un principe d'affection » (1 Pierre 5/2). Les termes employés ici, un gain déshonnête, sont un motif de réprobation dans l’esprit de Dieu. Le gain signifie souvent l’argent. Le gain déshonnête désigne un désir d’argent désordonné, quel qu’en soit le prix moral – une tendance observée aujourd’hui chez de nombreux clercs. Il ne diffère en rien du désir de richesse d’une prostituée. Plutôt que de demander en premier lieu quels salaires et avantages sont proposés, le ministre appelé devrait demander « Où, Seigneur ; et qui ? » ; et pas « Combien ? » Il y a trop de pasteurs qui prêchent leur propre pensée et leurs opinions plutôt que la Parole de Dieu. Ézéchiel a averti l’Israël ancien au sujet d’hommes aussi méprisables : « La parole de l'Éternel me fut encore [adressée], en disant : 2 Fils d'homme, prophétise contre les Prophètes d'Israël qui [se mêlent] de prophétiser, et dis à ces Prophètes qui prophétisent de leur propre mouvement : écoutez la parole de l'Éternel. 3 Ainsi a dit le Seigneur l'Éternel : malheur aux Prophètes insensés qui suivent leur propre esprit, et qui n'ont point eu de vision. » (Ézéchiel 13/1-3). De faux rêves et visions sont aujourd’hui ouvertement prêchés du haut de nombreuses chaires d’Amérique. « Ils ont eu des visions de vanité, et des divinations de mensonge, en disant : l'Éternel a dit : et toutefois l'Éternel ne les avait point envoyés ; et ils ont fait espérer que leur parole serait accomplie. » (Ézéchiel 13/6).

Je vous prie d’écouter cet avertissement aux faux bergers : « La parole de l'Éternel me fut encore [adressée], en disant : 2 Fils d'homme, prophétise contre les Pasteurs d'Israël ; prophétise, et dis à ces Pasteurs : ainsi a dit le Seigneur l'Éternel : malheur aux Pasteurs d'Israël qui ne paissent qu'eux-mêmes ! Les pasteurs ne paissent-ils pas le troupeau ? 3 Vous en mangez la graisse, et vous vous habillez de la laine ; vous tuez ce qui est gras, [et] vous ne paissez point le troupeau ! 4 Vous n'avez point fortifié les brebis languissantes, vous n'avez point donné de remède à celle qui était malade, vous n'avez point bandé la plaie de celle qui avait la jambe rompue, vous n'avez point ramené celle qui était chassée, et vous n'avez point cherché celle qui était perdue ; mais vous les avez maîtrisées avec dureté et rigueur. 5 Et elles ont été dispersées, par la disette des Pasteurs, et elles ont été exposées à toutes les bêtes des champs, pour en être dévorées, étant dispersées. 6 Mes brebis ont été errantes par toutes les montagnes, et par tous les coteaux élevés ; mes brebis ont été dispersées sur tout le dessus de la terre ; et il n'y a eu personne qui les recherchât, et il n'y a eu personne qui s'en enquît. 7 C'est pourquoi Pasteurs, écoutez la parole de l'Éternel. 8 Je suis vivant, dit le Seigneur l'Éternel, si je ne [fais justice] de ce que mes brebis ont été exposées en proie, et de ce que mes brebis ont été exposées à être dévorées de toutes les bêtes des champs, parce qu'elles n'avaient point de Pasteur ; et de ce que mes Pasteurs n'ont point recherché mes brebis, mais que les Pasteurs se sont nourris simplement eux-mêmes, et n'ont point fait paître mes brebis. 9 C'est pourquoi Pasteurs, écoutez la parole de l'Éternel. 10 Ainsi a dit le Seigneur l'Éternel : Voici, j'en veux à ces Pasteurs-là, et je redemanderai mes brebis de leur main, je les ferai cesser de paître les brebis ; et les pasteurs ne se repaîtront plus [uniquement] eux-mêmes, mais je délivrerai mes brebis de leur bouche, et elles ne seront plus dévorées par eux. » (Ézéchiel 34/1-10).

« Et non point comme ayant domination sur les héritages [du Seigneur], mais en telle manière que vous soyez pour modèle au Troupeau » (1 Pierre 5/3). Les pasteurs ou le clergé ne sont pas des rois méritant un privilège spécial, en dehors de l’honneur dû à celui qui travaille pour le peuple du Seigneur sans égard à lui-même ou à un vieux domestique blanchi sous le harnais en travaillant toute sa vie pour une famille. Il est un serviteur ! Pas un dictateur. Il est un ministre de la Parole, et son amour manifeste est évident, et les gens le suivent avec confiance par amour et non sous la pression. Sa vie devrait avoir un niveau élevé de pureté et de transparence morale, sans l’ombre d’une turpitude. « C'est pourquoi ainsi a dit le Seigneur l'Éternel : parce que vous avez prononcé la vanité, et que vous avez eu des visions de mensonge, à cause de cela j'en [veux] à vous, dit le Seigneur l'Éternel. 9 Et ma main sera sur les Prophètes qui ont des visions de vanité, et des divinations de mensonge ; ils ne seront plus [admis] dans le conseil de mon peuple, ils ne seront plus écrits dans les registres de la maison d'Israël » (Ézéchiel 13/8-9e).

Un jour, j’ai lu qu’un grand paquebot naviguait vers le port de New York, venant d’Afrique. Parmi les passagers, il y avait trois personnalités importantes à bord – deux d’entre elles étant bien plus importantes que la troisième. Ces deux personnes très importantes étaient âgées et courbées par les ans et les travaux, les privations et le service missionnaire au cœur de la Côte d’Ivoire. Leurs travaux touchaient à leur fin parce qu’ils avaient usé leur santé en œuvrant à sauver des âmes. Quand le grand navire fut amarré à quai, ces passagers furent accueillis par des hordes de fans. Le vieux couple de missionnaires traversa la foule sans être remarqué ; cependant, la troisième personne était Teddy Roosevelt revenant d’un safari au Kenya.

La foule était pour lui. Teddy Roosevelt peut bien avoir été un homme bon, mais a-t-il accompli quoi que ce soit de comparable à ce qu’avait fait ce pauvre couple de missionnaires ? Il y en eut un, toutefois, qui marchait avec ce couple en quittant le bateau – notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. « Et quand le souverain Pasteur apparaîtra, vous recevrez la couronne incorruptible de gloire. » (1 Pierre 5/4). Je suis sûr que la couronne de gloire leur a maintenant été attribuée.

« De même, vous jeunes gens, soyez soumis aux Anciens, et ayant tous de la soumission l'un pour l'autre, soyez parés par-dedans d'humilité, parce que Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (1 Pierre 5/5). J’aime profondément le peuple Asiatique. Une des raisons est peut-être qu’ils honorent leurs anciens par leur héritage culturel, comme on le faisait autrefois en Amérique par déférence morale. Aucun vrai chrétien n’est fier de sa propre justice. Il n’a rien dont il puisse se vanter, parce qu’il est bien conscient que tout ce qu’il y a de bon dans son cœur vient du Seigneur et non de lui-même.

Tout le remède à quelque point de désaccord que vous auriez pu rencontrer dans le texte d’aujourd’hui réside dans les deux derniers versets : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève quand il en sera temps ; 7 Lui remettant tout ce qui peut vous inquiéter : car il a soin de vous » (1 Pierre 5/6-7). Il y a des gens qui traitent l’amour comme si c’était un bien de consommation, mais ce n’est pas le cas. Plus nous aimons, plus la réserve d’amour de notre fontaine est grande. L’humilité est pareille. En élevant les autres et en se rabaissant, Dieu nous élève mystérieuse-ment au-dessus de tous. Nous n’avons aucun besoin d’être anxieux ou stressés. Il est capable de soulever notre insupportable joug, et de manifester son amour pour nous d’une façon que le monde ne peut pas comprendre. Avez-vous ressenti cet amour, ami ?

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