LA PERSÉVÉRANCE DES SAINTS

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« L'Éternel m'est apparu de loin, [et m'a dit] : Je t'ai aimée d'un amour éternel, c'est pourquoi j'ai prolongé envers toi ma grâce. » (Jérémie 31.3).

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Voici une histoire : On dit que l’abeille est travailleuse. Pour produire une livre de miel, elle doit visiter 56.000 fleurs. Comme chaque fleur a 60 pistils, cela lui fait 160.000 pistils à visiter pour nous donner une livre de miel. Ce faisant, l’abeille a volé l’équivalent de trois fois le tour de la terre ! Pour produire une cuillerée de miel, la petite ouvrière visite 4.200 fleurs. Elle fait dix voyages par jour vers le champ de fleurs, chaque voyage dure environ vingt minutes, et elle visite 400 fleurs par voyage. Elle peut voler jusqu’à 12 kilomètres, au cas où elle ne trouverait pas de fleurs plus près de sa ruche. ». En conséquence, si vous estimez que la persévérance est difficile, pensez plutôt à l’abeille.

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Confucius l’a dit, un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas ; mais je voudrais vous rappeler ici que le même voyage de mille kilomètres n’est pas achevé tant que le dernier pas n’est pas accompli. La persévérance est une vertu pieuse que Dieu a inculquée dans le monde de la nature. Une rivière est une rivière tant qu’elle peut maintenir un flot continu et constant. Le soleil aussi, ne cesse jamais de se lever et de se coucher, faute de quoi nous serions tous grillés ou congelés.

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Toutes les caractéristiques d’un élu de Dieu sont liées ensemble. La justification, la sanctification, la persévérance, etc. s’appuient toutes les unes sur les autres ; elles sont interdépendantes. Il faut une progression dans la vie de foi, sans quoi une régression se produit.

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La doctrine biblique de la persévérance des saints est disséminée dans toute l’Écriture sainte, soit directement, soit indirectement lorsque le contexte le suggère. Par définition, la persévérance suppose une progression continue, jusqu’à la fin. « Et vous serez haïs de tous à cause de mon Nom ; mais quiconque persévérera jusqu’à la fin, sera sauvé. » (Matthieu 10.22).

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La Confession de foi de Westminster définit la persévérance chrétienne ainsi :

1. Ceux que Dieu a acceptés en Son Bien-Aimé (Fils), qui ont été effectivement appelés et sanctifiés par Don Esprit, ne peuvent déchoir totalement de l’état de grâce ; mais ils persévèreront jusqu’à la fin, et seront sauvés, en éternité.

2. Cette persévérance des saints ne dépend pas de leur libre-arbitre, mais de l’immutabilité du décret de l’élection, lequel découle de l’amour libre et permanent de Dieu le Père ; de l’efficacité des mérites et de l’intercession de Jésus-Christ, de l’habitation du Saint-Esprit et de la semence que Dieu a semée en eux ; et de la nature de l’Alliance de grâce : de tout cela vient la certitude de son infaillibilité.

3. Néanmoins, suite aux tentations de Satan et du Monde, à la prévalence de la corruption restant en eux, et de leur négligence à s’en préserver, ils peuvent tomber dans des péchés graves et continuer en cela un certain temps, provoquant ainsi la déception de Dieu, la tristesse du Saint-Esprit ; Ils en viennent alors à être privés d’une certaine mesure de leurs grâces et de leurs bénédictions ; leur cœur s’endurcit, et leur conscience est marquée ; ils blessent et scandalisent les autres, et ils amènent sur eux-mêmes des jugement temporels.

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J’ai remarqué que beaucoup de ceux qui semblaient les plus pieux des Chrétiens se détournaient de la foi pendant les temps d’épreuve, ou d’abondance, et rejetaient la foi qu’ils avaient confessée. Mais dans tous les cas, je crois que ces hommes n’étaient pas sauvés, au départ. Si nous aimons vraiment nos parents, allons-nous les rejeter à la suite d’un caprice frivole ? Si nous aimons vraiment Celui qui a versé Son sang et est mort pour nous, allons-nous tourner le dos à la croix au dernier moment ?

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Si les brebis appartiennent au berger, elles reconnaissent sa voix dès qu’il ouvre la bouche : « Mes brebis entendent ma voix, et je les connais, et elles me suivent. Et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne les peut ravir des mains de mon Père. » (Jean 10.27-29). Une fois qu’elles sont dans la main du berger, rien ni personne ne peut les en arracher. Elles jouissent d’une parfaite sécurité, jusqu’en éternité. « Car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance. » (Romains 11.29). Celle qui n’est pas encore née n’a aucune idée de ce qu’elle sera après sa naissance. « Béni [soit] Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui par sa grande miséricorde nous a régénérés pour avoir une espérance vive, par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts ; pour obtenir l'héritage incorruptible, qui ne se peut souiller, ni flétrir, conservé dans les cieux pour nous, qui sommes gardés par la puissance de Dieu, par la foi, afin que nous obtenions le salut, qui est prêt d'être révélé au dernier temps » (1 Pierre 1.3-5).

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Les élus de Dieu ne seront pas trompés, car ils bénéficient de l’intervention du Saint-Esprit avant même que la fin n’arrive. « Et si ces jours-là n'eussent été abrégés, il n'y eût eu personne de sauvé ; mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés. Alors si quelqu'un vous dit : Voici, le Christ est ici ; ou, il est là ; ne le croyez point. Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes, qui feront de grands prodiges et des miracles, pour séduire même les élus, s'il était possible » (Matthieu 24.22-24). Comme Il nous a connus dès avant la fondation du monde, comment Dieu, dans Son omniscience, pourrait-Il ne pas nous connaître, même si nous nous sommes égarés sur la sombre route du péché et de l’ignorance ? « Et les Gentils entendant cela, s'en réjouissaient, et ils glorifiaient la parole du Seigneur ; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle, crurent. » (Actes 13.48).

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Remarquez les quatre aspects de l’élection divine (rappelez-vous que c’est Dieu qui élit, pas l’homme) : « Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Romains 8.30).

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Une fois que nous avons endossé une responsabilité, nous sommes obligés de l’honorer. Ce n’est pas vrai seulement en religion, à l’armée, en médecine, mais aussi dans toutes les obligations contractuelles prises légalement. Nous ne sommes pas quittes des obligations qui découlent de notre engagement légal en prétextant que nous ne nous y intéressons plus. Nous y perdrions plus que de l’intérêt, par cette approche.

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Notre persévérance est un acte du Saint-Esprit, qui nous y contraint, par Son influence. Nos bonnes œuvres ne sont pas les nôtres, mais elles appartiennent à Celui qui œuvre en nous et à travers nous. De quelles œuvres pourrions-nous donc nous prévaloir ? Uniquement de celles qui déplaisent à Dieu : Celles-ci viennent de nous ! « Et ils me seront pour peuple, et je leur serai pour Dieu. Et je leur donnerai un même cœur, et un même chemin, afin qu'ils me craignent à toujours, pour leur bien et le bien de leurs enfants après eux. Et je traiterai avec eux une alliance éternelle, [savoir] que je ne me retirerai point d'eux pour leur faire du bien ; et je mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu'ils ne se retirent point de moi. » (Jérémie 32.38-40). La crainte qui nous est donnée est une œuvre du Seigneur, et cette crainte nous lie à Sa volonté.

Aimions-nous le Seigneur, avant qu’Il nous aime ? Non, c’était impossible ; c’était une action du Seigneur et pas des élus, car « Nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. » (1 Jean 4.19).

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Nous sommes-nous placés de nous-mêmes dans la main du Seigneur, ou bien était-ce l’œuvre du Père ? « Comme tu lui as donné pouvoir sur tous les hommes ; afin qu'il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Et c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'avais donnée à faire. Et maintenant glorifie-moi, toi Père, auprès de toi, de la gloire que j'ai eue chez toi, avant que le monde fût fait. J'ai manifesté ton Nom aux hommes que tu m'as donnés du monde ; ils étaient tiens, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole. » (Jean 17.2-6).


Persévérer signifie ne jamais abandonner l’espérance qui est en nous « … nul qui met la main à la charrue, et qui regarde en arrière, n'est bien disposé pour le Royaume de Dieu. » (Luc 9.62). Non seulement ne jamais abandonner, mais surtout suivre constamment cette lumière donnée d’en haut. Je n’ai jamais eu l’occasion de labourer, mais quand j’étais jeune, nombre des fermiers de ma contrée utilisaient encore des mulets pour labourer les champs. Je remarquais qu’en labourant, ils ne regardaient jamais en arrière, mais toujours vers l’avant. On ne peut pas ouvrir un sillon droit si on regarde vers son passé, et pas vers l’avenir où l’on se dirige.

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La persévérance conduit à la victoire. Vois les mots de Winston Churchill, en 1941 (au début de la terrible bataille d’Angleterre, Londres étant sous les bombes) : « Ne renoncez jamais, ne renoncez jamais, jamais, jamais, jamais – en quoi que ce soit de grand ou de petit, de vaste ou de mesquin, ne renoncez jamais à l’honneur et au bon sens ».