QUEL AMI NOUS AVONS EN JÉSUS !

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry L. OGLES,

Docteur en Théologie et évêque métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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« Que l'homme qui a des intimes amis, se tienne à leur amitié ; parce qu'il y a tel ami qui est plus attaché que le frère » (Proverbes 18.24).

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« C'est ici mon commandement, que vous vous aimiez l'un l'autre, comme je vous ai aimés. Personne n'a un plus grand amour que celui-ci, [savoir], quand quelqu'un expose sa vie pour ses amis. Vous serez mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait point ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés [mes] amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai ouï de mon Père. Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus, et qui vous ai établis, afin que vous alliez [partout] et que vous produisiez du fruit, et que votre fruit soit permanent ; afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous le donne. Je vous commande ces choses, afin que vous vous aimiez l'un l'autre. » (Jean 15.12-17).

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‘Quel ami nous avons en Jésus’ est le titre d’un cantique parmi les plus simples et les plus beaux de l’hymnologie récente. Il traite de Jésus-Christ comme du plus Grand Ami qu’on puisse avoir. Le texte de Jean ci-dessus décrit clairement l’impulsion qui a poussé l’auteur du cantique, Joseph Scriven (1819-1886)à le composer : l’Amour ! Joseph était un ami spécial pour la veuve et l’orphelin, et il travaillait à leur fournir du bois de chauffage, qu’il débitait et livrait lui-même. Son histoire appelle quelques explications afin de saisir la disposition de son cœur en écrivant ce cantique.

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Il est né de parents aisés, en 1819 à Bainbridge, dans le comté de Down en Irlande. En 1842, il fut diplômé du Trinity College de Dublin, et se fiança à l’élue de son cœur en 1843. La veille du mariage, sa belle fiancée chevauchait le long de la rivière Bann, à la rencontre de Joseph. Son cheval s’est cabré devant un envol d’oiseaux, et elle fut projetée dans la rivière. L’eau n’était pas profonde, mais sa tête avait heurté une pierre, et elle gisait dans l’eau, inconsciente ; elle s’est noyée dans moins de trente centimètres d’eau. Cette tragédie a bouleversé Joseph pour toujours. Il ne pouvait plus demeurer dans les magnifiques collines ondulantes et les vertes montagnes d’Irlande. Le cœur brisé, il émigra au Canada où il aidait des étudiants, prêchait et travaillait pour les pauvres qui n’avaient pas les moyens d’acheter leur bois de chauffage. Il s’est installé à Port Hope, au canada, où il fut bientôt connu comme le Bon Samaritain de Port Hope, en raison de son travail charitable pour les veuves et les orphelins.

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La mère de Scriven est tombée gravement malade en 1855. Scriven s’est assis pour lui écrire un poème, en forme de prière de louange à Jésus « Quel ami nous avons en Jésus ». En 1868, Charles Crozat Converse (1832-1918, juriste et compositeur de musique religieuse, en particulier du cantique « Quel ami nous avons en Jésus ») lut son poème, publié dans un périodique irlandais, et composa un air dessus, que nous chantons encore aujourd’hui Ce cantique fut d’abord attribué à Horatius Bonar (1808-1889, un autre fameux compositeur de musique de cantiques) qui dénia l’avoir écrit. Plus tard, le poème original fut retrouvé dan la propriété de la mère de Scriven, et réattribué à son véritable auteur en 1880. Le cantique de nos recueils est mot pour mot le poème écrit par Scriven.

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En 1857, Scriven se fiança de nouveau à la fille d’un capitaine de navire, mais cette dame également mourut soudainement d’une pneumonie. Scriven a continué son travail de prédication et de bénévolat jusqu’à sa mort en 1886 – le cœur brisé, mais confiant en son meilleur Ami. Un haut obélisque fut érigé sur sa tombe avec les paroles du cantique, suivies de l’inscription suivante : « Ce monument fut érigé à la mémoire de Joseph Scriven, B.A., par des admirateurs de son cantique ici gravé, en guise de mémorial. Né à Seapatrick, Co. Down, Ireland, 10 sept 1819, émigré au Canada 1844, et entré dans le Repos à Bewdley, Rice Lake, 10 August 1886, et inhumé ici. ‘Bénis ceux qui ont le cœur pur car ils verront Dieu’ ».

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Une plaque se trouve sur la route Port Hope – Peterborough, portant l’inscription suivante : « À quatre milles au Nord, dans le cimetière familial de Pengeley, gît le philanthrope et auteur de ce grand chef-d’œuvre, écrit à Port Hope en 1857. Le compositeur de la musique, Charles C. Converse, était un Chrétien très instruit et polyvalent, couronné de succès, dont les talents allaient du Droit à a musique professionnelle. Sous le nom de plume de Karl Reden, il a écrit de nombreux articles universitaires sur des sujets variés. Bien qu’il fût un excellent musicien et compositeur, dont beaucoup d’œuvres ont été jouées par les meilleurs orchestres et chorales d’Amérique de son vivant, son souvenir reste surtout attaché à cette musique simple, qui convient si bien au texte de Scriven ».

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Pâques est l’époque favorable pour considérer l’amour du meilleur Ami que les hommes et les femmes aient jamais eu : Notre Seigneur Jésus-Christ.

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QUEL AMI NOUS AVONS EN JÉSUS !

§1. Quel ami nous avons en Jésus,

Pour porter tous nos péchés et nos chagrins !

Quel privilège de rapporter

Tout à Dieu dans la prière !

Ô quelle paix, que nous troublons sans cesse,

Ô quelle douleur inutile nous portons,

Tout ça parce que nous ne rapportons pas

Tout à Dieu, dans la prière !

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§2. Avons-nous des épreuves ou des tentations ?

Y a-t-il du trouble quelque part ?

Nous ne devrions jamais être découragés :

Rapportez-le à Dieu dans la prière !

Pouvons-nous trouver un ami aussi fidèle,

Qui partage tous nos chagrins ?

Jésus sait chacune de nos faiblesses

Rapportez-les au Seigneur dans la prière !

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§3. Sommes-nous faibles et déprimés ?

Encombrés de beaucoup de soins ?

Précieux Sauveur, toujours notre refuge

Rapportez-le au Seigneur dans la prière !

Vos amis vous méprisent, vous oublient ?

Rapportez-le au Seigneur sans la prière !

Dans ses bras, il vous prendra et vous protègera,

Vous trouverez la consolation.

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§1. Avez-vous pensé dernièrement au lien d’amitié qui nous lie au Seigneur Jésus-Christ ? Comme notre citation extraite des Proverbes le dit, « Que l'homme qui a des intimes amis, se tienne à leur amitié ; parce qu'il y a tel ami qui est plus attaché que le frère ». Si nous avons Jésus comme notre meilleur ami, nous devons adopter un comportement amical envers Lui. Nous devrions avoir mis notre confiance en Sa grâce rédemptrice. Si nous l’avons fait, nous pouvons alors nous décharger sur Lui tous nos fardeaux et nos chagrins, car Il les supporte volontiers, pour Ses amis. C’est le privilège de la Croix qui nous rend capables de tout rapporter à Dieu, dans la prière. Nous prions dans la foi – pas pour ce que nous voulons – mais pour ce qu’Il sait être le meilleur pour satisfaire nos besoins réels. De nombreux Chrétiens s’attristent en vain quand ils oublient de communiquer ces chagrins dans la prière, à Celui qui a donné Sa vie pour eux.

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§2. C’est certain : Nous avons tous des tentations et des épreuves, sans quoi nous ne serions pas des enfants du Dieu vivant ! Il y a une chose qui est uniformément répartie dans le monde : les ennuis ! Sachant que ce ne sont pas des expériences que nous serions les seuls à avoir, nous avons un ami qui surmonte tous les problèmes et toutes les épreuves. Il peut intercéder pour nous. Il est possible qu’il n’ôte pas de notre chemin ce qui l’encombre, mais Il nous donne la force de le surmonter. Il sait notre fragilité, et Il a subi toutes les douleurs (et plus encore) que nous pouvons subir. Il a été fidèle jusqu’au bout « Celui qui vous appelle est fidèle, c'est pourquoi il fera ces choses [en vous]. » (1 Thessaloniciens 5.24), et « Or avant la Fête de Pâque, Jésus sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, comme il avait aimé les siens, qui étaient au monde, il les aima jusqu'à la fin. » (Jean 13.1). Nous devrions avoir le regard fixé sur ce passage de l’Écriture durant la Semaine Sainte, avant que le Soleil ne se lève à Pâques : « il les aima jusqu'à la fin ».

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§3. Ne sommes-nous pas poussière, et moins que cela, devant Dieu notre Sauveur ? Les mondes et tout ce qui existe n’ont-ils pas été créés par Sa parole ? Face à Lui, nous sommes moins que de l’argile dans la main du potier, mais Ses mains aimantes nous modèlent et nous transforment en vases pour y déverser Son Amour et l’emporter partout, que nous soyons de bois, d’argile ou de métal précieux. Même si nous sommes une simple écuelle en bois, nous serons une écuelle glorieuse, au-delà des Portes du Ciel, avec notre Rédempteur et Seigneur. Oui, nos amis nous ont souvent oubliés, comme tous les amis de notre Seigneur L’ont oublié pendant Son ministère terrestre et L’on fui au moment crucial où il y avait du danger, dans le jardin de Gethsémané. Même à la croix, il est écrit qu’ils regardaient de loin – tous sauf Marie et Jean, le disciple bien-aimé. Avez-vous souvent trouvé la consolation dans les bras aimants de notre Seigneur ? Moi oui ! Souvent. Il y a des moments où Christ me demande de marcher avec Lui par la foi. Je commence cette marche dans la foi, mais, comme Pierre, si je regarde les eaux troubles de la mer de la vie (en détournant les yeux de mon Sauveur), je commence à couler. Sur les mers tempétueuses de la vie, il n’y en a qu’Un seul que nous pouvons appeler pour nous sauver : Le Seigneur Jésus-Christ, le Maître des la mer et des océans.

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Quand le jour commence à poindre, le premier jour de la semaine (le jour de Pâques) et qu’il fait encore nuit, marchons avec Marie-Madeleine jusqu’au tombeau vide. Joseph Scriven l’a fait, et une foule innombrable aussi, que nous rencontrerons au Jour de la Résurrection, au son de la dernière trompette – en ce Jour joyeux de la Dernière Pâque !

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« Et j’ai dit à l’homme qui se tenait à la porte de l’année: ‘Donnez-moi une lumière pour que je puisse marcher en toute sécurité dans l’inconnu’. Et il répondit : ‘Va dans les ténèbres et mets ta main dans la main de Dieu. Ce sera pour toi mieux que la lumière, et plus sûr qu’un chemin connu’ ».