SERMON pour la SEPTUAGÉSIME

Traduction d’une méditation biblique éditée par le Révérendissime Jerry Levon OGLES,

Docteur en Théologie et Évêque Métropolite de l’Anglican Orthodox Church.

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COLLECTE : « Ô Seigneur, nous te supplions d’écouter favorablement les prières de ton peuple, afin que nous, qui sommes justement châtiés pour nos offenses, puissions être miséricordieusement délivrés par ta bonté, à la gloire de ton nom, par Jésus-Christ notre Sauveur, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, un seul Dieu, éternellement. Amen ».

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ÉVANGILE : « Puis quand il fut venu au Temple, les principaux Sacrificateurs et les Anciens du peuple vinrent à lui, comme il enseignait, et lui dirent : Par quelle autorité fais-tu ces choses ; et qui est-ce qui t'a donné cette autorité ? Jésus répondant leur dit : Je vous interrogerai aussi d'une chose, et si vous me la dites, je vous dirai aussi par quelle autorité je fais ces choses. Le Baptême de Jean d'où était-il ? Du ciel, ou des hommes ? Or ils disputaient en eux-mêmes, en disant : Si nous disons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc ne l'avez-vous point cru ? Et si nous disons : Des hommes, nous craignons les troupes : Car tous tiennent Jean pour un Prophète. Alors ils répondirent à Jésus, en disant : Nous ne savons. Et il leur dit : Je ne vous dirai point aussi par quelle autorité je fais ces choses. Mais que vous semble ? Un homme avait deux fils, et venant au premier, il lui dit : Mon fils, va-t'en, et travaille aujourd'hui dans ma vigne. Lequel répondant, dit : Je n'y veux point aller ; mais après s'étant repenti, il y alla. Puis il vint à l'autre, et lui dit la même chose ; et celui-ci répondit, et dit : J'y vais, Seigneur ; mais il n'y alla point. Lequel des deux fit la volonté du père ? Ils lui répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : En vérité je vous dis, que les péagers et les femmes de mauvaise vie vous devancent au Royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous par la voie de la justice, et vous ne l'avez point cru ; mais les péagers et les femmes débauchées l'ont cru ; et vous, ayant vu cela, ne vous êtes point repentis ensuite pour le croire. » (Matthieu 21.23-32).

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Aujourd’hui, dimanche de la Septuagésime, commence la période des Gras (période pré-carême) dans le calendrier de l’Église. La grande valeur du calendrier de l’Église est de nous donner une perspective chronologique de la vie du Christ et de Son Évangile. C’est le moment de commencer à nous préparer à l’observance solennelle du Carême, qui mène au Calvaire.

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Dans le texte évangélique d’aujourd’hui, nous notons que Jésus est entré dans Jérusalem, pour la dernière fois dans son ministère terrestre. Nous lisons que Jésus a été accueilli par des multitudes à Jérusalem, qui L’ont accueilli avec une acclamation royale, jetant devant les pieds de Son âne leurs vêtements, leurs branches de palmier et criant « Hosanna au Fils de David : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ; hosanna dans les lieux très hauts. » (Matthieu 21.9). Ironiquement, les mêmes multitudes allaient crier pour qu’Il soit crucifié, dans la cour de Ponce Pilate, moins d’une semaine plus tard (révélant ainsi la nature inconstante du cœur de l’homme). Nous avons vu dans les versets 12-13 de ce même chapitre que le premier ordre du jour pour Christ à Jérusalem était d’entrer dans le Temple et de le purifier des changeurs d’argent et de ceux qui faisaient du commerce en y achetant et en y vendant. Il a également démontré Sa divinité en guérissant les malades et les boiteux et en rendant la vue aux aveugles. Cela a été considéré comme une offense terrible, non pas par ceux qui ont été guéris, mais assez étrangement, par les Pharisiens et les dirigeants du Temple. Ils brûlaient de jalousie et d’avidité pour une âme aussi compatissante que Christ. Pour ces coupables, la compassion et l’amour étaient des vertus indésirables, surtout s’ils menaçaient leur pouvoir.

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La question qui se pose est une question d’AUTORITÉ ! Les scribes, les Pharisiens et les dirigeants des Juifs avaient leur propre petit nid soigné qui les séparait de ce qu’ils considéraient comme la racaille du commun du peuple. Ils étaient bien meilleurs que les gens ordinaires. Ils avaient eu leurs billets poinçonnés et avaient obtenu ce statut élevé simplement parce qu’ils le méritaient – du moins c’est ce qu’ils croyaient. Bien que leur situation ait été une situation pieuse, ils se disqualifiaient eux-mêmes par manque d’amour et d’obéissance au Dieu qu’ils prétendaient servir. Quelle que soit l’autorité qu’ils avaient, elle n’était plus de Dieu, mais de l’homme politique. Il est peut-être vrai qu’un nombre écrasant de prétendants à la dignité ecclésiastique, aujourd’hui, est également sans autorité de Dieu pour prêcher. Je crois fermement que, bien que je sois inférieur à ce que je devrais être, je suis d’abord un prédicateur sous l’autorité de Dieu. Une Église vraie et pieuse (l’AOC) a confirmé cette croyance en mon ordination aux Ordres sacrés. Être consacré évêque ne libère pas quelqu’un de son rôle de prêtre et de prédicateur, et l’autorité ultime pour son appel doit venir de Dieu. Peu importe le nombre de têtes touchées dans la succession apostolique si ces têtes n’ont pas le cœur touché et appelé par Dieu. Dieu est l’autorité première et, en fin de compte, la SEULE autorité pour la prédication. L’autorité d’accomplir des œuvres de justice ne provient pas des hommes, mais de Dieu.

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En commençant dans notre texte du jour, nous apprenons qu’après avoir été menacés dans leur marge bénéficiaire, dans les ventes du Temple, les principaux sacrificateurs et les Anciens ont affronté Jésus pour savoir par quel pouvoir Il avait contribué à une telle ruine de leurs ventes quotidiennes ; et ils voulaient savoir par quelle autorité Il a fait de si merveilleux miracles de guérison. À mon avis, Jésus est sidéré d’apprendre qu’ils considéraient cela comme une chose qui nécessitait une autorité superficielle de la part d’un conseil de mauviettes du Temple, habilité à l’accorder. Un miracle est une autorité en soi, car seul Dieu peut faire ces choses. Je suis stupéfait de croire que ces hommes SAVAIENT que les miracles venaient de Dieu, mais ont choisi d’ignorer le fait, pour le bien de leurs propres âmes pauvres.

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« Puis quand il fut venu au Temple, les principaux Sacrificateurs et les Anciens du peuple vinrent à lui, comme il enseignait, et lui dirent : Par quelle autorité fais-tu ces choses ; et qui est-ce qui t'a donné cette autorité ? ». C’est le lendemain de Sa purification du Temple et de Son entrée triomphale à Jérusalem. À présent, ils ont rallié leurs soutiens politiques pour défier Jésus. Ces séducteurs espéraient déséquilibrer Jésus et Le prendre dans un lapsus – peut-être une affirmation qui les justifierait en leur permettant d’accuser le Fils de Dieu de blasphème ! Ce n’est pas un débat facile, lorsque l’autre partie est capable de lire vos paroles avant qu’elles ne soient prononcées, et vos motivations avant qu’elles ne soient révélées. Leur mesquinerie est comparée aux plus humbles fonctionnaires du Palais demandant au fils du roi par quelle autorité il porte des vêtements propres à la royauté. Aujourd’hui, des Églises telles que l’AOC et d’autres, fidèles, sont ridiculisées pour avoir tenu si fermement à l’ancienne tradition, en restant fidèle à la morale et aux vertus longtemps devenues obsolètes dans la culture populaire.

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Tous ceux qui ont déjà discuté avec Dieu auparavant ont perdu la face – soit par ignorance de Sa Volonté, soit par manque d’autorité. Ces prêtres et Anciens, méchants, sont sur le point d’avoir la même expérience – une expérience à laquelle ils devraient, maintenant, être habitués. Il a contrecarré leur meilleure sagesse tant de fois qu’un débat continu les fait apparaître comme des imbéciles. « Jésus répondant leur dit : Je vous interrogerai aussi d'une chose, et si vous me la dites, je vous dirai aussi par quelle autorité je fais ces choses. Le Baptême de Jean d'où était-il ? Du ciel, ou des hommes ? ». Le débat remet carrément les principaux sacrificateurs et les Anciens à leur place. Il n’y a pas de réponse qui atteigne leur conception de départ, après cette requête de la Sagesse incarnée. Le raisonnement ultérieur des dirigeants du Temple révèle la pauvreté de leur argumentation : « Or ils disputaient en eux-mêmes, en disant : Si nous disons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc ne l'avez-vous point cru ? Et si nous disons : Des hommes, nous craignons les troupes : Car tous tiennent Jean pour un Prophète. Alors ils répondirent à Jésus, en disant : Nous ne savons. Et il leur dit : Je ne vous dirai point aussi par quelle autorité je fais ces choses. ». À la fin de ce chapitre et de ce discours, ayant perdu tout avantage par subterfuge, ils ont recours à leur arme préférée – la force brute. Cependant, étant des politiciens et non des hommes de Dieu, ils craignaient le peuple et brûlaient dans leurs cœurs maléfiques, dans l’attente d’un moment de trahison plus opportun.

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Vient maintenant une parabole de deux fils dont les natures contrastent l’une avec l’autre. C’est une courte mais belle parabole d’espoir et de grâce pour vous et moi ; mais cela aurait aussi pu s’appliquer aux dirigeants du Temple, s’ils avaient eu un cœur sincère et acceptable pour Dieu. « Mais que vous semble ? Un homme avait deux fils, et venant au premier, il lui dit : Mon fils, va-t'en, et travaille aujourd'hui dans ma vigne. Lequel répondant, dit : Je n'y veux point aller ; mais après s'étant repenti, il y alla. Puis il vint à l'autre, et lui dit la même chose ; et celui-ci répondit, et dit : J'y vais, Seigneur, mais il n'y alla point. Lequel des deux fit la volonté du père ? Ils lui répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : En vérité je vous dis, que les péagers et les femmes de mauvaise vie vous devancent au Royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous par la voie de la justice, et vous ne l'avez point cru ; mais les péagers et les femmes débauchées l'ont cru ; et vous, ayant vu cela, ne vous êtes point repentis ensuite pour le croire. ». Vous et moi, nous pouvons trouver notre propre identité révélée dans cette merveilleuse parabole. Les deux fils présentés représentent toute la chrétienté croyante, combinée. Nous tombons probablement tous dans l’une ou l’autre catégorie. S’il vous plaît, n’insistez pas sur le fait que vous n’avez jamais été publicain ou prostituée, car vous et moi l’avons certainement été dans un sens ou dans l’autre. Nous avons vendu nos cœurs pour ce que nous considérions comme un profit bon marché à un moment donné (prostituée). Nous avons renié Dieu à un moment donné avec nos modes de vie infidèles ou notre témoignage public (encore une fois, prostituée, car l’adultère spirituel contre l’Époux est un péché plus grand que l’adultère physique). Nous avons tous recherché l’intérêt du monde plus que de l’intérêt de Dieu, à un moment donné de notre vie (Publicains). Le publicain était un collecteur d’impôts public juif qui travaillait pour les ennemis des Juifs – l’Empire romain.

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La parabole nous présente deux membres différents d’une famille supposée. L’un sera un vrai fils (celui qui a d’abord rejeté Dieu par les choix de sa vie, mais cède plus tard et vient à Dieu), et l’autre infidèle au père (qui, comme le chrétien profès moderne, insiste avec enthousiasme et en grande pompe pour suivre le Christ, mais Le renie plus tard par son comportement).

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Alfred Lord Tennyson a écrit dans The Ancient Sage :

La foi ne s’enroule pas dans la tempête des paroles guerrières,

Elle s’illumine au choc du « Oui » et du « Non ».

Elle voit le meilleur qui brille à travers le pire,

Elle sent que le soleil est caché mais pour une nuit,

Elle espionne l’été à travers le bourgeon d’hiver,

Elle goûte le fruit avant que la fleur ne tombe,

Elle entend l’alouette dans l’œuf sans chant,

Elle trouve la fontaine, où ils ont crié « Mirage ! »

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Nous sommes dirigés vers la clé de la piété, et c’est la foi en Dieu. Que cette foi vienne au cœur du pécheur désespéré ou de l’artiste accompli, le moralement juste mais impie, ou l’ivrogne dépravé, la maîtresse ou la prostituée, le médecin ou le toxicomane - est sans importance pour le résultat. La foi qui vient au cœur sans défiance par la grâce imméritée de Dieu suffit TOUJOURS.

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Les promesses ne sont pas prises avec un haut degré de solennité, dans la société d’aujourd’hui. Un président nouvellement élu peut prêter serment de respecter la Constitution des États-Unis, mais agir immédiatement avec diligence pour démanteler cette Constitution, une fois le serment prononcé. Un époux ou une épouse peut prêter serment devant Dieu de rester fidèlement marié « jusqu’à ce que la mort les sépare » et pourtant, l’année suivante, demander le divorce. Leurs promesses devant Dieu semblent avoir signifié très peu pour eux.

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Tant d’Églises évangéliques aujourd’hui se donneront beaucoup de mal pour obtenir des gens une profession de foi et une confession publique de leurs péchés, mais les laisseront se demander sur le bord de la route de la foi, ce qui peut bénir davantage leur âme. Il n’y a pas d’instruction, et souvent la profession de foi meurt par négligence. Comment pouvons-nous savoir si la profession de foi d’un étranger qui entre un soir à l’église est authentique, surtout si cet étranger n’est pas venu apprendre qui est Jésus, d’une manière intime ?

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Si nous disons que nous croyons et oublions plus tard notre profession de foi, ne sommes-nous pas comme le deuxième fils ? Si nous avons vécu des vies de péché et de vice pendant de nombreuses années, mais que nous parvenons à la connaissance de notre Seigneur, si vraie et si profonde que toute notre vie en est bouleversée, ne représentons-nous pas le premier fils ?

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Que préféreriez-vous être – le premier qui a dit qu’il n’obéirait pas, et plus tard est venu obéir ; ou le second qui a dit qu’il obéirait, et plus tard a désobéi ? Ne serions-nous pas comme les sept femmes d’Ésaïe 4.1 ? « Et en ce temps-là sept femmes prendront un homme seul, en disant ; Nous mangerons notre pain, et nous nous vêtirons de nos habits ; seulement que ton nom soit réclamé sur nous ; ôte notre opprobre. ». Désirons-nous, comme ces sept femmes, seulement être appelés par le nom de Christ – CHRÉTIENS – et ne pas porter Ses vêtements de justice ? Préférons-nous être identifiés à Son Saint Nom pour l’avantage de l’apparence, en mangeant notre propre pain et non Son Pain de Vie ? Sommes-nous des Chrétiens nominaux, dès que nous entrons dans la vie publique ou sur la scène politique ; ou restons-nous attachés à la foi chrétienne, en tout temps et même à l’extérieur de l’Église ? Qui êtes-vous, mes amis ?