Seul ?

Seul ?

« L'Éternel dit aussi : Voici, il y a un lieu par-devers moi, et tu t'arêteras sur le rocher » (Exode 33/21).

« Or il arriva, comme Josué était près de Jéricho, qu'il leva les yeux, et regarda ; et voici, vis-à-vis de lui, se tenait debout un homme qui avait son épée nue en sa main ; et Josué alla vers lui, et lui dit : Es-tu des nôtres, ou de nos ennemis ? » (Josué 5/13).

Supposons que nous soyons traînés devant un grand tribunal ayant le pouvoir de vie et de mort sur nous... Notre crime ? Tenir à des croyances que le monde entier critique, à part quelques rares exceptions. Les croyances auxquelles nous avons adhéré et que nous avons propagées sont complètement nouvelles pour le monde dans lequel nous vivons, et incompatibles avec la structure du pouvoir en place. Comment réagirions-nous ?

Bien sûr, je me réfère au grand Réformateur continental, Martin Luther. Il fut cité à comparaître devant la Diète de Worms en 1521 – l’autorité ad hoc dirigée par l’empereur du Saint Empire Romain, Charles Quint . Martin Luther avait défié l’Église catholique romaine et son chef titulaire, le Pape, en prêchant contre plusieurs hérésies propagées par Rome – les indulgences, une série de sacrements non-bibliques, l’autorité du Pape en matière spirituelle, le privilège du croyant de fonder sa foi et son culte seulement de l’Écriture sainte, et un tas d’autres sujets. Quand le concile a insisté pour que Luther se rétracte, il a courageusement refusé, mettant sa propre vie en jeu, en disant : « Je ne puis et ni ne veux rien rétracter, car aller contre sa conscience n’est ni juste si sûr. Je m’en tiens à cela, je ne puis faire autrement, que Dieu me vienne en aide. Amen. ».

Le résultat du refus de Luther de se rétracter fut que la Diète de Worms a édicté l’Édit de Worms qui déclarait Luther hérétique et interdisait de lire ses écrits. L’édit faisait de Luther un hors-la-loi, et une bonne compréhension de la diète de Worms était que Luther serait bientôt arrêté, puni, et probablement exécuté.

Luther était seul face au pouvoir surpuissant des autorités romaines de l’Europe. Sa vie était en danger imminent. Par un étonnant concours de circonstances, Luther fut en mesure de se réfugier en terrain sûr. Rappelez-vous que Luther était sous le coup de la colère de la Diète de Worms et qu’il avait cependant le courage de défier ce concile en se fondant sur sa foi et ses convictions religieuses, qu’il avait découvertes dans les saintes Écritures. Eh bien, pas vraiment seul, car quiconque se tient à la droite du Seigneur a le Seigneur à sa gauche.

Il n’est pas toujours facile de soutenir les vérités que nous connaissons avec l’absolue certitude d’avoir raison ; mais quand nous soutenons ce qui est juste, nous ne sommes pas vraiment seuls, même si le monde entier est contre nous. Que Luther ait échappé à la multitude des autorités lancées à sa poursuite me rappelle une fuite semblable de notre Seigneur échappant à ceux qui voulaient le détruire : « Et il vint à Nazareth, où il avait été nourri, et entra dans la Synagogue le jour du Sabbat, selon sa coutume ; puis il se leva pour lire.17 Et on lui donna le Livre du Prophète Ésaïe, et quand il eut déployé le Livre, il trouva le passage où il est écrit : 18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint ; il m'a envoyé pour évangéliser aux pauvres ; pour guérir ceux qui ont le cœur froissé. 19 Pour publier aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour mettre en liberté ceux qui sont foulés ; et pour publier l'an agréable du Seigneur. 20 Puis ayant ployé le Livre, et l'ayant rendu au Ministre, il s'assit ; et les yeux de tous ceux qui étaient dans la Synagogue étaient arrêtés sur lui. 21 Alors il commença à leur dire : aujourd'hui cette Écriture est accomplie, vous l'entendant. 22 Et tous lui rendaient témoignage, et s'étonnaient des paroles [pleines] de grâce qui sortaient de sa bouche ; et ils disaient : celui-ci n'est-il pas le Fils de Joseph ? 23 Et il leur dit : assurément vous me direz ce proverbe : médecin, guéris-toi toi-même ; et fais ici dans ton pays toutes les choses que nous avons ouï dire que tu as faites à Capernaüm. 24 Mais il leur dit : en vérité je vous dis qu'aucun Prophète n'est [bien] reçu dans son pays. 25 Et certes je vous dis qu'il y avait plusieurs veuves en Israël, du temps d'Elie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois ; de sorte qu'il y eut une grande famine par tout le pays. 26 Et toutefois Elie ne fut envoyé vers aucune d'elles, mais seulement vers une femme veuve dans Sarepta de Sidon. 27 Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d'Elisée le Prophète ; toutefois pas un d'eux ne fut guéri ; mais seulement Naaman, qui était Syrien. 28 Et ils furent tous remplis de colère dans la Synagogue, entendant ces choses. 29 Et s'étant levés, ils le mirent hors de la ville, et le menèrent jusqu'au bord de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, pour le jeter du haut en bas. 30 Mais il passa au milieu d'eux, et s'en alla. » (Luc 4/16-30).

Le Seigneur avait montré comment résister à touts les vents contraires. Si nous marchons dans ses pas, en portant notre croix, il «nous conduira pour l'amour de son Nom, par des sentiers unis ». (Psaume 23/3). Nous ne sommes jamais seuls quand nous sommes avec Christ et sa justice. En fait, un jour viendra où chacun de nous sera seul face au Roi de Gloire, juste comme la femme surprise en flagrant délit d’adultère qui était, dans tous les sens du terme, juste comme chacun de nous. « Or quand ils eurent entendu cela, étant condamnés par leur conscience, ils sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusques aux derniers ; de sorte que Jésus demeura seul avec la femme qui était là au milieu. 10 Alors Jésus s'étant relevé, et ne voyant personne que la femme, il lui dit : femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Nul ne t'a-t-il condamnée ? 11 Elle dit: Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus, va, et ne pèche plus. » (Jean 8/9-11). Nous avons tous été pris la main dans le sac en train de pécher, et nous devrons tous en répondre face à face avec notre Seigneur. Serons-nous au bénéfice de sa justice qui nous est imputée, ou condamnés pour la multitude de nos péchés, non pardonnés ?

Comment ne pas soutenir la justice et l’honneur de Dieu alors qu’il n’a jamais failli à nous soutenir, de notre côté ? Souvenez-vous de Josué devant Jéricho : « Or il arriva, comme Josué était près de Jéricho, qu'il leva les yeux, et regarda ; et voici, vis-à-vis de lui, se tenait debout un homme qui avait son épée nue en sa main ; et Josué alla vers lui, et lui dit : Es-tu des nôtres, ou de nos ennemis ? 14 Et il dit : Non ; mais je suis le chef de l'armée de l'Éternel, [qui] suis venu maintenant. Et Josué se jeta sur son visage en terre, et se prosterna, et lui dit : Qu'est-ce que mon Seigneur dit à son serviteur ? 15 Et le chef de l'armée de l'Éternel dit à Josué : Délie ton soulier de tes pieds ; car le lieu sur lequel tu te tiens, est saint ; et Josué [le] fit ainsi. » (Josué 5/13-15). Qui pensez-vous que ce chef de l'armée de l'Éternel était ? Je crois que ce n’était nul autre que Christ avant qu’il fût incarné. Pourquoi je crois cela ? Parce qu’un ange n’est pas digne de louange, mais que Josué loua ce personnage et que le sol à ses pieds était une terre sainte (juste comme Moïse devant le buisson ardent). Ce chef de l’armée est le même que celui qui est mentionné dans le dernier Livre de notre Bible : « Puis je vis le Ciel ouvert, et voici un cheval blanc ; et celui qui était monté dessus était appelé FIDÈLE et VÉRITABLE, qui juge et combat justement. 12 Et ses yeux étaient comme une flamme de feu ; il y avait sur sa tête plusieurs diadèmes, et il portait un nom écrit que nul n'a connu, que lui seul. 13 Il était vêtu d'une robe teinte dans le sang, et son nom s'appelle LA PAROLE DE DIEU. 14 Et les armées qui sont au Ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin blanc, et pur. » (Apocalypse 19/11-14).

La vie nous offre de nombreuses occasions qui exigent que le soldat chrétien (et nous sommes tous des soldats) soutienne la vérité. Elles semblent souvent secondaires et de peu d’importance, mais tout ce qui relève de la vérité et de l’erreur est significatif. Si le soldat en colère passe à l’ennemi avant le premier coup de feu, que croyez-vous qu’il fera quand les toxines de la guerre arriveront jusqu’à sa porte ? Nous sommes jugés autant sur les petites choses que sur les grandes. Le vieil adage est vrai : « Celui qui ne soutient rien tombera en toutes choses ».

Depuis le premier moment de ma consécration [épiscopale], j’ai été confronté aux voix tentatrices d’amis chrétiens me poussant simplement à juste un peu de compromission ici et là quant à la doctrine et au culte de l’Église. Ces suggestions sont habituellement le fait de cœurs qui désirent voir l’Église croître, et ne sont pas mal intentionnées. Mais en tant qu’évêque, il m’incombe de défendre la foi – pas seulement les points saillants de la foi, mais chacun de ses principes tels qu’ils sont relatés dans l’Écriture sainte. Notre Église pourrait sûrement croître dans des proportions énormes si seulement nous acceptions quelques compromis ici et là, jusqu’à ce que nous ne différions plus en rien des nombreuses Église déchues qui sont tombées devant nous dans l’apostasie. Faire un compromis sur un seul principe de vérité, c’est trahir notre Seigneur qui est mort pour nous. C’est aussi trahir la foi et le travail de ceux qui ont établi notre Église sur le roc solide de notre Salut qui est Christ. Ce serait déshonorer l’évêque Dees qui a sacrifié sa fortune personnelle afin d’établir une Église sainte pour Dieu. Ce serait discréditer ces hommes et ces femmes qui ont soutenu l’évêque Dees quand il le fallait, avec courage. Ce serait discréditer notre ancienne secrétaire nationale qui consacra les meilleures années de sa vie à assurer que l’Église demeurerait ancrée en Christ.

Et vous, mon ami ? Prendrez-vous position sur la ligne de ba-taille, ou préférez-vous vous abstenir ? Dans ces temps de péril, le moment est venu d’éprouver le métal dont vous êtes fait en tant que chrétien fidèle.

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